– Jeudi 24 janvier 2013 –
4h45 du matin… « Driiiing… driiiing…driiiing »… Et oui, il est déjà l’heure de se lever, et de se préparer pour une activité que nous avions au préalable réservée par le biais de notre TO Tourmalines, à savoir un morning drive au départ du camp Namutoni. Les yeux ont du mal à s’ouvrir, mais n’ayant pas l’obligation de replier tout de suite notre tente, nous prenons le temps de prendre un bon café, afin d’être fin prêts à partir. L’heure est d’ailleurs propice à admirer un magnifique ciel étoilé, rendant de fait le réveil un peu moins difficile.
A 5H30 donc nous grimpons dans le véhicule spécial du NWR Namutoni Camp pour ce drive, et nous serons seuls pour effectuer la visite. Nous ne regrettons vraiment pas d’être venus en Namibie à cette période de l’année, le calme ambiant et le privilège d’être peu nombreux s’apprécie grandement dans ce genre de situation. Les grilles de protection s’ouvrent, et nous voilà partis pour environ 3H30 – 4h de ballade. Le vent frais du matin vient nous éveiller les sens, mais c’est surtout au bout de 50m que nos yeux s’ouvrent bien grand pour admirer un spectacle tout à fait unique…
En effet, à peine sortis du camp de base, nous surprenons 3 lionnes en plein petit-déjeuner! Enfin, 3 lionnes, à priori beaucoup plus puisque des mouvements sont tout de même perceptibles un peu plus loin, malgré le manque de lumière. Le guide se gare à moins de 10m du festin, et allume une lumière rouge afin de faciliter la vue du spectacle, sans déranger les animaux. Nous sommes abasourdis par ce que nous avons sous les yeux, c’est à dire une grosse carcasse de viande, en train d’être dévorée par une horde de lionnes et quelques jeunes. Quelle entrée en matière pour ce drive! Comme quoi, le fait de pouvoir être sur place aux aurores permet vraiment de voir des scènes encore plus spectaculaires, et que les drives sont une excellente opportunité pour observer des animaux! Le silence est de mise, nous ne savons pas si des lionnes se situent de l’autre côté de la route, aussi l’ambiance est quelque peu pesante malgré ce spectacle fantastique.
Les photos sont difficiles à prendre, et nous préférons attendre les premières lueurs de la journée pour remettre en marche l’appareil. Notre attention est donc focalisée sur la carcasse de l’animal, nous sommes les témoins privilégiés de ce spectacle, aucune voiture privée n’étant encore autorisée à sortir du camp à cette heure-ci. Environ 30 minutes passent, le soleil commence à montrer le bout de ses rayons, ce qui nous facilite la tâche pour faire le bilan de ce que nous avons à proximité immédiate. Ce sont en fait 8 lionnes et lions, qui se partagent la carcasse d’un bébé girafon. Le guide nous explique que nous ne craignons rien assis dans notre véhicule, dans la mesure ou à la différence des babouins par exemple, les lions ne sont pas en mesure de dissocier les personnes de la voiture. A priori nous sommes donc du point de vue des fauves juste un gros amas qu’il ne serait pas opportun d’attaquer. Mais malgré cette indication, nous sommes loin d’être rassurés, le bruit émis par les lions, ou encore celui des os qui craquent sous la pression de leurs mâchoires n’est pas ce qu’il y a de plus reposant. Toutefois, la horde étant semble-t-il désormais habituée à notre proximité immédiate, nous pouvons admirer la scène comme il se doit, et prendre de nouveaux clichés. Quelques regards se tournent de temps en temps vers nous, mais l’attention est plus focalisée sur l’entrée du camp, avec l’activité humaine qui commence à se faire entendre…
Là aussi les consignes de sécurité sont les mêmes qu’avec les léopards, éviter si possible de croiser leur regard. Mais cela est presque inévitable, et donne droit à quelques moments d’anthologie pour nous. Le regard nous transperce littéralement, nous sommes portés à nu par ces animaux splendides. Nous pouvons par ailleurs observer la vie sociale de cette horde, avec notamment un jeune mâle qui tente de monter dans la hiérarchie de la horde. Les grognements sont lourds et rauques, chacun essaye de faire valoir son rang pour obtenir la meilleure place pour se nourrir.
Cela fait maintenant plus d’une heure que nous sommes trois témoins privilégiés de cette scène, mais avec l’apparition du soleil dans le ciel, les portes de Namutoni s’ouvrent, laissant sortir les premières voitures. D’un commun accord nous décidons de quitter les lieux, après tout nous avons toujours pas mal d’avance sur les autres voitures, et pourront peut-être observer d’autres choses tout aussi intéressantes. Le moteur se remet en marche, Nathalie et moi sommes ébahis par ce que nous venons d’observer, tout se bouscule dans nos têtes. Toutes sauf une: cela aiguise l’appétit tout ça, vivement la tartine de confiture trempée dans le café! Nous poursuivons donc vers la zone nord de Namutoni, pour faire le tour du Fisher’s Pan, réputé pour la beauté des paysages, ses colonies de flamands, et autres subtilités.
En effet, le spectacle est au rendez-vous, nous pouvons observer des zèbres sous une lumière magnifique, mais aussi une multitude d’oiseaux aux couleurs variées sans oublier les fidèles girafes. Doit-on se considérer comme chanceux de tout ce que nous avons sous nos yeux, ou bien est-ce la vie courante à Etosha? Peut-être un peu des deux…
Flamands rose par milliers
Jaribu d’Afrique
Rollier à poitrine lila
Mais ce drive n’aurait pas été parfait sans avoir une nouvelle surprise, et c’est Nathalie qui tout à coup va donner de la voix pour stopper le véhicule. Nous avons à quelques dizaines de mètres de nous un nouveau rhino, qui lui aussi profite de cette belle matinée pour se rassasier. Très joli coup d’oeil, nous aurions pu passer à côté sans même le remarquer! Nous saisissons notre chance avant de rentrer doucement vers le fort de Namutoni, où nous attend un petit-déjeuner bien mérité, et compris qui plus est dans le prix de ce drive. Nous n’allons pas nous priver, il est 10H, ce qui va nous permettre de sauter le repas du midi, et donc de passer plus de temps sur les pistes du parc. Entre deux régalades, nous faisons le bilan, et réalisons qu’il nous manque l’observation d’un animal pourtant incontournable de l’Afrique… Renseignements pris auprès de notre guide, nous voilà avec deux noms de trous d’eau à explorer, autant de pistes à étudier!
Nous reprenons la route vers 11H après avoir plié notre tente et avoir fait un check sur le cahier des voyageurs, a priori ils ont été observés il y a à peine 30min non loin de là! En route! Arrivés sur place, malgré quelques traces intéressantes et qui semblent fraîches, point d’animal en question. Nous patientons quelque peu, avant de nous mettre en direction du second endroit dont nous avait parlé le guide. Là aussi sans résultat, le trou d’eau est asséché, réduisant comme peau de chagrin les opportunités d’observation. Avec l’approche de midi, le soleil se fait de plus en plus présent, et seule une escouade de mangoustes à rayures rentrant de l’école et traversant au passage à niveau vient troubler cette fin de matinée.
Sous bonne escorte, la traversée de la route pouvant s’avérer périlleuse
Mais une fois en sécurité, le jeu peut reprendre!
L’après-midi nous semble beaucoup plus calme en comparaison de toutes les émotions vécues le matin, toutefois, en faisant le tour des trous d’eau entre Namutoni Camp et Halali Camp, nous parvenons à observer des très belles scènes de vie animale, que nous immortalisons avec plaisir. Nous décidons de manger dans le restaurant du fort le soir même, afin de n’avoir d’autre préoccupation que de refaire le fil de cette journée magnifique. Pour les amateurs, je déguste un steak de koudou grillé avec ses petits légumes, dont mes papilles se souviennent encore. Fine, gouteuse, et très tendre, c’est un vrai régal! Nous nous couchons donc le soir même l’estomac bien rempli, et les mémoires encore en ébullition.
Aigrette
Outarde de Kori
Oiseau secrétaire
Les portes du Paradis?
C’est tout pour aujourd’hui petits veinards!
Demain nous partons en direction d’Okaukuejo, situé dans la partie Ouest du Etosha National Park, pour notre troisième et dernier jour sur place!
























petit coup de cœur pour les portes du paradis et celle de la carcasse au premier plan et les lionnes assises derrières regardant au loin.