Jeudi 13 août 2015
Avant-dernier réveil de notre séjour islandais, qui est un peu comme le temps que l’on voit au dehors lorsque l’on tire les rideaux de la chambre: Gris et maussade! On a beau se dire que ce n’est pas fini, que nous aurons d’autres occasions dans notre vie d’y revenir et d’en profiter encore, l’Islande se rappelle déjà à nos souvenirs ce matin, et le temps ne nous aide pas à aller de l’avant! Nous nous retrouvons tous autour de la table du petit-déjeuner, et sommes tous d’accord pour dire que nous avons très bien dormi. Cependant, notre impression quelque peu morose n’est pas partagée par Marie-Line, qui, presqu’innocemment, sort son appareil photo, afin de partager une photo qu’elle a prise se matin en se levant, et qui lui a semble-t-il donné beaucoup d’énergie:
De l’autre…
Passons outre ce cadrage digne des plus grandes galeries londonniennes consacrées aux photos animalières, survolons cette luminosité fantastique digne des plus belles journées Made In Iceland, et venons-en aux faits: en ouvrant ses rideaux, elle qui avait la chambre avec vue côté « vallée », elle a pu observer un jeune renard arctique, qui se baladait aux alentours de l’hôtel, et venait taquiner un groupe de trois moutons. Fugace, l’animal n’était donc vraiment pas facile à photographier, et c’est donc avec un joli « Dites les enfants, vous savez ce que c’est comme animal ça? J’en ai vu un ce matin, mais je ne connais pas du tout » qu’elle attaque la journée. Nous sommes tout simplement sur le cul (pardonnez-moi cette familiarité, mais qui retranscrit plutôt bien notre attitude à ce moment précis), je suis à deux doigts de manger mon assiette en porcelaine, complètement dégouté. Surtout qu’au final, ces trois mêmes moutons sont toujours au bas de l’hôtel, sous nos yeux, et que la scène reste désespérément vide de son acteur principal. Je maudis celui ou celle qui attribue les chambres, et qui nous a proposé, à nous, la vision de l’usine sous la flotte ce matin, et plonge le nez sans rien dire dans mon petit déjeuner, histoire de passer à autre chose. Mais c’est tout simplement impossible! Nathalie et moi-même ne pouvons nous empêcher d’épier la zone où se trouvent les moutons, le regard vide. Léon ne se pose pas trop de question de son côté, nullement intéressé par cette petite bête poilue, mais plutôt par ce qu’il y a en face de lui dans son assiette. Le petit-déjeuner passe, nous convenons que vu le temps qu’il fait, et qui risque de durer encore au minimum toute la matinée, nous allons prendre notre temps avant de quitter l’hôtel, pour retourner directement sur Reykjavik et passer cette dernière journée à l’abri. Nous sommes vraiment au bout du bout de notre petit-déjeuner, lorsqu’en levant la tête et regardant les fameux trois petits moutons, j’aperçois dans un éclair de lumière une boule aux poils bruns se déplaçant à quelques mètres d’eux. Hallelujah, il est revenu! Mon coeur ne fait ni une ni deux et se met à battre la chamade, mais je parviens tout de même avec l’euphorie à prévenir le reste de notre petite équipe. Il faut croire que j’y ai mis un peu trop de coeur, même les voisins ont été avertis (pardonnez-moi, vous visiteurs de l’hôtel Ion, si j’ai troublé la quiétude de votre petit déjeuner!). La star tourne donc autour des moutons, en semble vouloir tester sa vélocité, ce qui n’est pas du goût du patriarche qui le met en fuite à plusieurs reprises. Je réalise ENFIN que je n’ai pas mon appareil, resté dans la chambre, et que si je continue ainsi, personne ne nous croira. Je fonce donc le récupérer, et tente en vain de prendre quelques photos, gâchées par une mise au point approximative et les vitres ruisselantes d’eau. Et puis une petite ampoule s’illumine dans ma tête, il y a bien un endroit où e pourrais faire d’autres tentatives de photos de l’animal: le bar!
Le bar est pour mon plus grand plaisir vide de chez vide lorsque j’arrive, ce qui me permet de faire quelques photos, tant bien que mal, mais surtout de l’observer jouer et piquer des sprints dans la campagne. C’est beau, c’est fun, et c’est unique, je suis aux anges.
L’instant est très court, tout du moins il passe à une vitesse folle, et ce petit renard arctique repart aussi vite et furtivement qu’il n’est arrivé, en faisant des bons et en piquant des sprints bien amusants. Mon trio préféré finit par me rejoindre dans le bar, ou nous restons quelques instants de plus afin de nous remettre de nos émotions. L’observation d’un renard arctique, je n’y pensais même pas avant d’arriver en Islande, tellement l’animal a la réputation de rester discret et presque invisible aux yeux des gens. Alors avoir le privilège d’en observer un, à quelques dizaines de mètres de nous, dans une phase de jeu, c’est clairement un joli cadeau qui nous a été octroyé, peut-être même le plus beau, car totalement inattendu, inespéré, et dans des conditions particulières. Cela va même nous redonner un bon coup de boost, nous quittons finalement le bar (encore plus magnifique dans le calme et vide de tout occupant), et nous quittons l’hôtel pour arriver sur Reykjavik aux alentours de midi.
Une fois la voiture déposée aux alentours du port, nous allons déjeuner le midi, au restaurant Laekjarbrekka, qui même s’il aura été très bon, nous aura plus intéressé par l’endroit dans lequel il se situe (une très jolie bâtisse datant du 19ème siècle), que les plats en eux-même. Non pas que cela ne vaille pas la peine d’y faire un détour, mais simplement que nous aurons trouvé mieux ailleurs au niveau du gustatif. Le service est impressionnant, les serveuses semblent courir partout, tellement le restaurant est plein à craquer, à presque 100% par des touristes. A conseiller donc, mais en semaine, et si possible à des horaires un peu décalées! Léon n’ayant pas dormi durant le trajet trop court menant à Reykjavik, nous allons prendre les clés de notre point de chute pour cette dernière nuit, que nous souhaitions placée sous le signe de l’original, et du confort. Nous arrivons à l’hôtel Icelandair Reykjavik Marina sur les coups de 14H, je laisse les femmes aller faire un peu de lèche vitrine, tandis que Léon et moi restons dans la chambre pour une bonne sieste. Les chambres sont vraiment superbes, nous avions demandé une vue sur le port, et nous n’avons pas été déçus. Il faut dire que les fenêtres donnent sur le chantier maritime, et que nous pouvons voir les bateaux en cale sèche. Je commettrais cependant une erreur, en ne prenant pas le chalutier en photo avant de m’endormir pour la sieste, car à notre réveil, ce dernier sera de nouveau sur l’eau, à mon grand désarroi. Spacieuses, lumineuses, très confortables, et agrémentées d’une très belle déco, vraiment, ce sera cet hôtel qui retiendra nos faveurs à Nathalie et moi-même. Léon aussi a eu un coup de coeur pour l’endroit, mais cela n’a rien à voir avec le confort ou un quelconque élément de décor, puisqu’il est resté facilement 45min à jouer sur une table de jeu spécialement concue pour les enfants, et avec des trains en bois. Que ce fût dur de le faire partir!!! Nous allons néanmoins nous promener dans les artères de la ville, une dernière fois, en fin d’après-midi. Je vais à reculon dans la boutique 66th North, pour en ressortir avec un large sourire et une magnifique veste sous le bras, Léon aussi aura droit à sa petite tenue de la marque. La paire féminine ne sera pas en reste concernant le shopping, avec quelques amplettes à leur actif. Oui, nous avons fait des folies, mais relativement douces 🙂 Il faut dire qu’entre temps, nous avons eu la dernière mauvaise nouvelle concernant les excursions, et avons fait un carton plein… enfin, un carton vide je veux dire, puisque la sortie à l’intérieur du volcan a été annulée à cause des conditions climatiques. Vous voyez, tout à été fait pour que l’on se retrouve dans cette boutique, ce n’est pas notre faute! Nous n’avons vraiment pas eu de chance avec les sorties payantes en Islande, 3 étaient au programme et aucune n’aura été réalisable. Cela fait donc 3 nouveaux prétextes pour revenir! Mais pour l’heure, le ciel c’est quelque peu dégagé, nous permettant de faire une dernière fois le tour de cette capitale charmante et à taille humaine.
Détail voyeuriste de l’hôtel
M-L a eu plus de jugeotte que moi, vu de la chambre!
Arrivés en début de soirée, nous prenons une pizza dans un restaurant du centre-ville, simple mais efficace. C’est d’ailleurs un restaurant que nous retrouvons avec plaisir avec Nathalie, nous nous y étions rendus en 2010 lors de notre première venue en Islande. L’endroit est très sympa, le service excellent et attentionné à notre égard (et plus particulièrement Léon une fois n’est pas coutume), bref, le moment est simple et sans fioriture, tout à fait positif. A noter qu’il est possible de s’y arrêter en journée pour une belle pause café, le Kaffi Solon est donc une très bonne adresse! Nous retournons dans nos quartiers après ce bon repas, en passant une dernière fois par l’Harpa, afin de longer le port. Chacun a en tête telle ou telle image de l’Islande, nous ne sommes pas très causants ce soir. Il faut dire que nous aurons vécus pleinnement ce voyage, en auront pris plein les yeux! Je ferais un petit bilan de tout cela dans un dernir billet, histoire de refermer le livre de ce voyage en douceur, en chanson, et avec le sourire.
Voilà d’ailleurs une image qui symbolise très bien ce qu’est l’Islande et son peuple. Un arc en ciel, jour après jour, qui fait fi des étroits d’esprits, et s’offre sans commune mesure à ceux qui lui ouvrent leur coeur. Cet arc en ciel peint en plein centre-ville spécialement pour la Gay Pride, avec la cathédrale en fond, témoigne bien qu’ici n’est pas tout à fait un endroit comme les autres. Et au delà de la symbolique même, je vous invite à fouler par vous-même cette terre de l’Atlantique Nord, vous en verrez des dizaines, et dans des endroits tous plus beaux les uns que les autres. Demain il faudra se résigner à boucler une dernière fois nos valises, pour retourner dans nos foyers. L’objet d’un avant-dernier billet, pour ne pas changer les bonnes habitudes.
Nous nous endormons paisiblement, les esprits vagabondant dans tel ou tel endroit qui nous aura marqué.
Vendredi 14.08: Bouclage des valises, retour en France…














