Jour 6: Sur le chemin du retour, la tempête

Itinéraire prévu de la journée

 

Comme la météo l’annonçait, c’est un réveil humide ce matin, il pleut et le vent semble être déjà quelque peu présent. Je prends mon temps en prenant un bon petit déjeuner dans la véranda de l’auberge, aujourd’hui je vais avoir pas mal de route à faire, je souhaiterais bien m’arrêter à plusieurs endroits le long de la route du retour, mais avec cette mauvaise météo, je ne suis sûr de rien. Les nuages sont très bas, pour ajouter à la dramaturgie du paysage. En clair, ça s’annonce compliqué pour faire des photos, et pour conduire! Les quelques 270km que j’ai à parcourir pour rejoindre l’auberge de Skogar où j’ai déjà séjourné à l’aller risquent d’être longs et parfois pénibles, je devrais m’armer de patience. Une fois la valise à nouveau bouclée, l’estomac bien rempli, je dis au revoir à mes deux collègues français qui eux poursuivent un peu plus longtemps l’aventure islandaise, chacun se souhaite de profiter au maximum du temps qu’il lui reste. Aucun d’entre nous 3 n’est encore parti que nous sommes tous d’accord sur ce point, il faudra revenir, ce pays est trop riche!

Dès les premiers kilomètres je sens que la route ne va pas être de tout repos, je pensais m’arrêter à Jokulsarlon mais vu les conditions je préfère ne pas tenter le diable, il faut dire aussi que je commence à ressentir un peu la fatigue du voyage, je ne me vois pas me faire rincer une nouvelle fois dès 9H du matin. Oui bon ok, j’aurais pu faire un effort, braver les éléments pour vous rapporter quelques photos supplémentaires de cet endroit si exceptionnel… D’ailleurs, je verrais entre Jokulsarlon et Fjallsarlon (dont l’accès est toujours aussi chaotique, voir impossible) une voiture retournée par l’effet du vent, ce qui me confirme deux choses: la première, le choix du véhicule! La Yaris est moins sécurisante qu’un bon 4×4, la preuve! La seconde, je vais garder les deux mains sur le volant tout le long, la moindre bourrasque pourrait déporter un véhicule et le mettre en difficulté. Finalement, comme toujours dans ces conditions de route difficiles, ce sont les islandais qui donnent la leçon avec leurs bus ou leurs gros pick-ups, leur allure est bien plus importante que la mienne, il faut dire que je ne dépasse pas les 70-80km/h. Je fais une première halte dans le parc de Skaftafell, la pluie ayant cessée, mais ne peut constater avec peine que toute la neige a laissé la place à de la boue, rendant le terrain vraiment difficile d’accès. Et niveau photo c’est à peu près pareil, c’est à dire peu attrayant. Je poursuis donc ma route et photographie finalement une cascade en bord de route, mais comme vous allez pouvoir le constater, le résultat n’est pas vraiment très plaisant. En tout cas moins coloré et attirant que ce que l’on a l’habitude de voir en Islande.

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Le ciel alterne en gris, brouillard, pluie, tempête de neige ou de grêlons (difficile à déterminer), je finis par arriver sur les coups de 13H à Kirkjubaejarklaustur ( interrogation surprise, posez vos stylos, et prononcez moi à nouveau le nom de cette charmante bourgade islandaise!!! Allez hop hop hop, on se motive). Je m’arrête pour refaire de l’essence et manger un morceau sur place, je vois que le temps finit finalement par se calmer un peu, il tombe désormais une pluie fine, et le vent semble apaisé. Je me renseigne auprès du personnel sur l’accessibilité du canyon de Fjardrargljufur, que je n’ai jusqu’à présent pas pu découvrir, et qui pourrait être l’occasion d’une belle balade et de faire quelques photos. Vérifications faites sur la carte, la route semble ok, et je me décide finalement à tenter ma chance. Pour y accéder il faut prendre la F206, qui conduit normalement au Laki (fermé à cette période de l’année), et finit par bifurquer pour 2-3 kilomètres pour atteindre le parking. La piste n’est pas forcément en très bon état, mais le 4×4 franchit bien les quelques difficultés.

Et puis… et puis… et puis peu de temps avant l’arrivée au parking, il y a une courte pente que l’on ne voit qu’au dernier moment, recouverte de neige, qui se passe plutôt bien mais qui annonce la suite. 100m après se trouve le parking donc, recouvert de glace. J’y accède et tente de me garer, et manque de vigilance en pensant le terrain plat et sûr. C’est alors que mon 4×4 s’enfonce dans un mélange de glace/neige/eau par l’avant, et je dois me rendre à l’évidence, je suis bloqué. Je peste contre moi-même bien entendu, les noms d’oiseau fusent, moi qui prône la vigilance et la sécurité, je me retrouve coincé comme un couillon (il n’y a pas d’autre mot), à cause d’une erreur d’inattention. Je contacte directement la compagnie Blue Car Rental, doit m’y reprendre à 4 ou 5 reprises pour prononcer le nom du canyon (heureusement je peux l’épeler lettre par lettre, il y a un panneau juste à côté), qui m’envoie rapidement un 4×4 d’assistance. Pour patienter, je sors du véhicule, et là, deuxième tuile… je me dirige vers l’arrière du véhicule  pour aller chercher mes crampons, et sans avoir le temps de réaliser ce qu’il se passe, je glisse, et fait une grosse chute, atterrissant de tout mon poids (et je vous interdis de rigoler sur mon poids, ni même de vous demander lequel est-il, sinon nouvelle interrogation surprise!) sur mon bras droit. Je me relève, sens tout de suite une vive douleur, la première au niveau du coude, la seconde au niveau du poignet… Je peux tout à fait bouger mon bras et le reste, mais la douleur est quand même présente. Le véhicule d’assistance arrive à cet instant, ce qui me replonge dans ma première tuile, le 4×4. Sur le même principe que lors de mon premier remorquage, le Duster est sorti de l’impasse sans trop de difficultés,, et c’est tout confus que je remercie mon sauveur du jour, et paye les frais du dépannage. On peut dire que j’ai bien gagné ma journée!  Résultat des courses, une belle frayeur en réalisant que j’aurais pu me mettre gravement en difficulté à cause de ce manque de vigilance, et une grosse douleur au niveau du bras droit. Comme quoi tout ce joue très rapidement en Islande, le moindre manque d’attention peut vous jouer des tours. Je ne pense pas avoir couru un grave danger sur mon plantage dans la neige, mais ajouté à ma chute, cela donne un truc assez important tout de même, dont je garderais encore des séquelles quelques semaines après mon retour, je ressens même parfois encore une petite douleur lorsque je vous écris. Un souvenir parmi tant d’autres de l’Islande, gratuit, et qui reste gravé dans ma mémoire. J’ai été bête, tout simplement.

Passé cette épreuve, j’arrive tant bien que mal à reprendre la route, pour finir par faire une halte salvatrice à Vik pour boire un coup, puis Dyrholaey pour admirer le paysage et me changer les idées. Le paysage est complètement différent de ce que j’avais pu voir à l’aller, encore plus sauvage et menaçant qu’à l’aller. Les nuages sont omniprésents dans le ciel, il y a encore énormément de vent, malheureusement l’accès au haut du cap est fermé tellement c’est dangereux. Qu’à cela ne tienne, je profite tout de même de la partie basse, et parvient à faire quelques photos qui donnent une idée assez précise du moment.

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L’accès à la petite plage est semble-t-il possible aujourd’hui à ma grande surprise, mais bizarrement, je ne vais pas prendre plus de risque pour aujourd’hui, j’ai déjà eu ma dose d’émotions pour la journée. Cela reste tout de même assez impressionnant de voir les embruns remonter le long des falaises de la plage sous l’effet du vent, le spectacle est une nouvelle fois au rendez-vous. Malheureusement vu les conditions climatiques je ne vais pas prendre plus de photos, le matériel et les hommes sont mis à rude épreuve aujourd’hui, aussi je finis quelques temps après le trajet qui me sépare de l’auberge de Skogar, où je vais prendre une bonne et longue douche bien chaude, qui me fera le plus grand bien. Demain les conditions climatiques devraient être déjà un peu meilleures, je vais pouvoir partir à la découverte d’un lieu que j’avais vraiment envie de visiter cette fois, à savoir la piscine de Seljavallalaug. La nuit sera quelque peu agitée pour moi, je ressens tout de même une grosse douleur au niveau du bras droit suite à ma chute, comme quoi je ne me suis pas loupé. Demain n’ayant pas un programme très chargé je pourrais m’économiser un peu et terminer en douceur ce voyage, avant de rejoindre Reykjavik pour la dernière nuitée.

Vers Jour 7: Seljavallalaug comme dans un rêve, retour sur Reykjavik

Vers Jour 5: De l’eau, du vent, des glaçons, l’Islande dans toute sa splendeur

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