J15: Toujours plus au Sud, paysages de rêve, et des chevaux!

Après cette journée au combien fantastique passée aux portes du désert du Namib, nous pouvons profiter d’un réveil moins matinal et se lever tout en douceur. Au devant de nous nous savons que nous avons une longue route à faire jusqu’à notre prochaine étape, mais n’étant pas attendus quelque part hormis à Klein Aus Vista pour le camping, nous pouvons prendre notre temps. Et c’est tant mieux, la journée d’hier a été éprouvante, la fatigue se fait sentir tout de même, on ne peut le nier. Nous sommes tout de même très impatients de reprendre la route avec Nathalie, puisqu’à partir d’aujourd’hui, nous serons dans la découverte totale de la Namibie, et ce jusqu’à la fin de notre voyage. Nous allumons le moteur de la voiture sur les coups de 9H30, nous n’allons pas tout à fait dire au revoir au désert, puisque pour arriver à notre point de chute, nous allons emprunter l’une des plus belle piste de Namibie, selon la légende. La D707, c’est son petit nom, longe en effet les dunes du Namib, avec parait-il des paysages de rêve entre désert et paysages plus montagneux de l’autre côte de la piste.

Nous n’oublions tout de même pas qu’il ne faudra pas chaumer, puisque nous avons sur le papier quelques 350km à parcourir, soit environ 5H de route! Nous avons bien fait attention d’avoir de quoi occuper les garçons durant ce temps, les nerfs risquent d’être mis à rude épreuve à un moment ou à un autre. Avant d’arriver au carrefour et d’entamer la découverte de cette piste tant vantée par les voyageurs, nous faisons une halte en fin de matinée du côté de Betta, qui a des petits airs de Solitaire, mais en beaucoup moins fréquenté, et avec un cadre plus intime. L’endroit est très joli, nous en profitons pour acheter quelques denrées et faire le plein de la voiture, difficile de résister aux pâtisseries et au plaisirs salés proposés sur place (toutes fraîches), moi qui suis de nature gourmande, je ne me fais jamais prier lorsqu’il s’agit de céder à la tentation. N’ayant par ailleurs pas grand chose dans notre frigo ou en denrées sèches, l’excuse est toute trouvée! Et comme tout bon endroit de ravitaillement qui se respecte en Namibie, il y a un congélateur avec de quoi s’équiper pour un braaï, ce serait dommage de se priver n’est-ce pas?! Une fois cette charmante pause terminée, nous reprenons notre itinéraire, et bifurquons vers la D707. Forcément je suis aux aguets et manque un peu d’impartialité quand nous roulons sur la piste, mais quel régal! Le ciel nous offre une lumière de toute beauté, avec quelques nuages par endroits, qui viennent ponctuer le paysage de zones d’ombre, avec le spectacle des dunes qui s’offre à nous. Il faut tout de même rester vigilant sur cette piste, qui peut s’avérer par endroits très sablonneuse, et donc piégeuse, mais franchement, les avis que nous avions pu découvrir ici et là ne mentent pas, cette piste est en tous points magistrale. La cerise sur le gâteau, c’est bien entendu le retour à notre solitude, durant les 200km que nous effectuerons, nous ne croiserons qu’une seule voiture, et à seulement 2km avant de rejoindre une route plus directe. Nos seuls compagnons durant la découverte de cette piste? Le soleil, le désert, la savane et des paysages plus rocailleux parfois, mais aussi pour notre plus grand bonheur des oryx sauvages, que nous observerons une bonne partie du trajet. Il y aura tout de même un tout petit bémol que je ne peux m’empêcher de préciser sur cette piste, c’est que comme dans de plus en plus d’endroits le long des pistes namibiennes, il y a soit des clôtures, soit des fils presque tout le long de la piste, qui rappellent que nous ne pouvons pas nous éloigner de la piste, mais sont surtout des obstacles à la libre circulation de la faune. Nous verrons à ce titre des Oryx courir sur plusieurs centaines de mètre non loin de notre véhicule, cherchant le bon endroit pour sauter et se réfugier dans des zones où ils se sentiront plus en sécurité. C’est à la fois très compréhensible de la part des propriétaires terriens, mais aussi un sentiment assez terrible de ne pas être tout à fait « libres comme l’air ». Même sans vouloir forcément sortir de la piste, il y a ce petit sentiment d’interdiction qu’on ne peut oublier… Mais passé cette incartade, nos avis est unanime sur cette piste D707, elle mérite tout à fait sa réputation. N’ayant pas de possibilité de vous mettre ici-même quelques vidéos prises lors de la traversée, je vous invite à visiter notre page instagram  » La Famille Tierce en Namibie », un montage sera très prochainement réalisé pour que vous puissiez avoir un aperçu de ce spectacle permanent qui nous a été offert. Nous battrons également notre record de durée sans voir une seule voiture, puisque sur une distance de 150km, soit plus de 2heures, nous ne verrons pas un seul humain ni engin mécanique. Le repas sera pris dans la voiture pour profiter de la climatisation, il fait encore aujourd’hui très chaud, parfois jusqu’à 36 à 37 degrés, impossible de se pauser en bord de route.

Une fois de retour sur la piste principale C13, il ne nous reste que quelques dizaines de kilomètres à effectuer avant d’arriver à Aus, ce qui n’est pas plus mal, les enfants commencent logiquement à demander notre heure d’arrivée. Mais je dois avouer tout de même qu’ils auront été vraiment au top durant tout le voyage, malgré les longs trajets, malgré l’exiguïté, et les contraintes liées aux pistes, ils auront franchement su relever ce défis avec brio. Ok nous étions équipés, ok nous avions des ressources, ok les paysages sont fous, mais cela reste de longues heures de passées en voiture, pas toujours évident de gérer la fatigue ou au contraire l’excitation. Alors bravo les gars! Bref, nous arrivons à Aus, charmante petite bourgade un peu perdue au milieu de nulle part, avec ses maisons colorées, son église immanquable, et… son chemin de fer! Oui, son chemin de fer. Pas deux, trois ou plusieurs voies ferrées, non, juste une, qui traverse le village! A ce moment-là moi je trouve cela complètement dingue, je découvrirais les raisons un peu plus tard, mais qui dit chemin de fer dit train, ce qui n’est pas le plus courant en Afrique. Nous sommes encore en début d’après-midi lorsque nous découvrons Klein Aus Vista, notre point de chute pour la nuit, et c’est une excellente surprise! L’endroit est semble très joli, il y a pas mal de petits logements individuels disséminés en contrebas de la bâtisse principale, qui accueille la réception, un bar, une petit échoppe avec souvenirs, et… une magnifique piscine en forme de fer à cheval. Nul besoin d’argumenter entre nous une fois le check-in réalisé et les infos prises pour trouver notre emplacement de camping, ni une ni deux nous enfilons nos maillots et fonçons à la piscine. La population est un peu plus âgée que d’accoutumée, les enfants doivent donc redoubler de vigilance pour ne pas trop perturber l’ambiance calme qui règne. L’endroit tombe franchement à pic après ce long trajet, et est superbe, nous ne nous attendions pas à un si bel endroit! Nous profitons de ce bon moment de fraîcheur et de détente pour découvrir un excellent cocktail proposé sur place, à base de vin blanc sec, de sirop de concombre, fleur de sureau, et menthe en tous points convaincants! Pour la peine on en prendra même deux tiens, et on prendra la recette discretos en photo pour pouvoir le refaire une fois rentrés en France. Vous n’avez qu’à demander 😀

Tout en sirotant nos « Green Camelthorn », nous en profitons pour nous intéresser à un autre animal présenter par de grands affichages le long de la piscine, et qui a une bonne côte de popularité dans ce coin de Namibie, à savoir les chevaux sauvages. Il y a en effet, entre la ville de Aus, et la ville de Luderitz située au bord de l’océan Atlatique, une population de chevaux qui se sont établis il y a plusieurs générations, se sont adaptés à leur environnement, et son devenus de fait sauvages. Je ne résiste pas à vous donner quelques informations à ce sujet, car il y a une référence importante dans l’histoire de la Namibie, mais aussi dans son développement. En effet, avant son indépendance en 1990, la Namibie aura été une colonie allemande entre 1880 et 1920, avant d’être par la suite sous protectorat de l’Afrique du Sud. Si vous souhaitez vous intéresser un peu plus à cette période du début du 20ème siècle, sachez qu’il y a une partie sombre liée à cette période de colonisation, tout comme ce fût le cas dans beaucoup de pays d’Afrique malheureusement. Passons maintenant à la partie qui nous intéresse, comment sont-ils arrivés là?! Et bien au début du 20ème siècle, précisément en avril 1908, un diamant sera découvert complètement par hasard dans les dunes à proximité de Ludéritz, faisant de l’endroit un point de départ vers une ruée diamantaire assez extra-ordinaire, qui durera jusqu’en 1920, à la fin de la colonisation allemande et après la guerre mondiale. Mais dès 1908, des moyens énormes seront mis en œuvre pour explorer et exploiter le filon, avec la création d’une ville entière en plein désert, et qui explique notre présence ces 3 prochains jours en Namibie, la ville de Kolmanskoop. Des hommes, des ressources, des denrées, et des animaux, seront acheminées via le port de Luderitz, à la fois pour l’exploitation diamantaire, mais aussi pour nourrir l’effort de guerre pendant la 1ère guerre mondiale. Des chevaux ont donc été transportés jusque sur cette terre inhospitalière. Cela expliquera également la création d’une ligne de chemin de fer, traversant le désert, afin de pouvoir transporter soit les roches diamantifères, soit la logistique pour soutenir l’armée allemande durant la guerre. L’histoire n’est pas tout à faire claire sur comment ces chevaux se sont retrouvés livrés à eux-même, soit en s’étant échappés, soit en étant volontairement laissés sur place aux départs des allemands en 1920, toujours est-il que ces chevaux se sont formidablement adaptés à cette nouvelle terre. On estime aujourd’hui que les chevaux que l’on peut observer le long de la route reliant Aus à Luderitz sont la 6ème ou 7ème génération de chevaux, et sont donc devenus un patrimoine à protéger et à observer lorsque l’on voyage dans le Sud de la Namibie. Renseignements pris auprès du personnel de la réception, il est plutôt facile de les observer au bord de la route, ce qui nous motive donc à nous sécher, à faire un détour pour découvrir le camping en vitesse, et repartir pour pouvoir les observer, avec un peu de chance!

Le camping est très joliment situé dans un creux entre les collines, à l’écart du lodge principal, et bien équipé. Mais bon, ce n’est pas cela qui nous intéresse à ce moment-là, ni pour vous qui lisez en ce moment même mon récit j’imagine? Non? vous voulez vraiment un descriptif du camping? Allez, j’arrête de vous faire mijoter, on remonte tous en voiture, et on se met en quête des chevaux sauvages 🙂 Sur la route, la première chose qui nous chose, c’est que nous sommes sur une pente descendante, douce mais continue, qui nous l’imaginons va se terminer au niveau de l’océan, à Luderitz. La seconde, c’est la beauté du paysage, grandiose une nouvelle fois. Je sais, je sais, vous lisez régulièrement cet adjectif dans mes articles, mais j’y peux quoi moi, si le paysage est si dingue? Grandes plaines entourés des pics rocheux, avec une végétations rase, jaunie par le soleil et la proximité du désert. Le tout avec la voie ferrée en fil rouge. En définitive, un peu comme pour Swakopmund, plus on se rapproche de Luderitz et donc de l’océan Atlantique, plus la température baisse, il y a fort à parier que demain matin il y aura un épais manteau brumeux à l’approche de l’océan. Mais pour l’heure, nous roulons environ 25km, avant de finalement en apercevoir un, puis deux, puis tout un troupeau, disséminé de part et d’autre de la route, les chevaux sauvages se présentent à nous. Des adultes, des plus jeunes, mais aussi vraisemblablement quelques poulains. Nous effectuons un demi-tour afin de nous rapprocher de ceux qui sont les plus proches du bord de la route, et nous garons en sécurité au bord de la route. Les chevaux ne semblent pas être perturbés par notre présence et notre proximité soudaine, mais nous ne prenons aucun risque malgré la tentation, et restons sagement en voiture. Je n’y connais pas grand chose en chevaux, mais Nathalie me dit qu’ils semblent plutôt petits en comparaison des chevaux domestiques que nous connaissons. Il ressemblent, je trouve plus à des chevaux « normaux », plutôt qu’à des mustangs ou des chevaux islandais par exemple. Dans tous les cas ces chevaux sauvages semblent en bonne santé, athlétiques pour certains, plus maigrichons pour d’autre. Dans tous les cas, le spectacle qui nous est offert est très plaisant à regarder, la lumière du jour commence doucement à baisser, donnant des reflets splendide à la vaste plaine où nous sommes. Nous apercevons même au bout d’un moment l’apparition du brouillard au loin, signe que la température baisse au même rythme que le soleil. Je vous avoue que je n’ai jamais été un grand fan de chevaux, et ce depuis tout petit. Mais j’ai appris, par l’intermédiaire de Nathalie, puis de Matisse le cavalier, à les respecter et ne pas refuser leur contact. Je profite également de leur proximité pour faire des photos et immortaliser ce moment assez privilégier je vous l’accorde. Nous serions bien resté plus longuement sur place, mais il faut veiller à être au camping sous peu, pour pouvoir nous installer tranquillement et profiter de la lumière du soir 🙂

Nous revoici donc au campement sur les coups de 18H30, il y a 2 autres emplacements de pris, mais tout le monde est à bonne distance et aura sa tranquillité. Pendant que nous installons les tentes et les préparons affaires pour demain, nous recevons la visite du gardien de notre camping et plus globalement du lodge, accompagné de ces deux chiens. Look de cowboy, chiens massifs, et un accent à couper au couteau! J’appelle très rapidement Nathalie pour qu’elle me rejoigne et que nous soyons deux à écouter ses paroles, en définitive il vient gentiment nous souhaiter la bienvenue, nous rassurer sur sa présence pour surveiller le campement des éventuels dangers qui pourraient survenir ici. Hein? Quoi? Des dangers? Ici? Heu, mais qui, quoi? On redouble d’attention pour écouter, et la liste commence… Alors, il faudra bien faire attention si des babouins se présentent sur le camping, et filer directement dans l’habitacle de la voiture, les résidents du coin ne sont pas commodes du tout! Ne rien laisser trainer en nourriture, ok ça on le sait déjà. Ensuite, les scorpion! Ah oui, ici, nous dit le monsieur, le plus gros danger, ce sont les scorpions. S’il y a du vent, on ne sort pas sans chaussures, les enfants doivent être accompagnés, et avec lampe. Bon ok, déjà 2… Léon qui est arrivé entretemps demande la traduction, et va vite comprendre qu’ici, on ne rigole pas… Ensuite viennent les serpents. Ben oui, nous sommes en Namibie, donc énième rappel auprès des enfants, sur les trous et les mesures de sécurité répétés maintes et maintes fois. Bon, là on se dit que c’est déjà pas mal non, qu’on aurait limité besoin d’un dépliant pour ne rien oublier des consignes de sécurité, mais non, il y a encore un danger potentiel! Les gros chats, avec de grandes dents, qui vivent ici en totale liberté et parcourent les plaines environnantes. Au final, le moins dangereux des dangers énoncés sera les hommes, le camp est bien protégé des éventuelles intrusions, et les chiens sont dissuasifs, se sont les termes de notre gardien. Lol! A la fin, on voit très rapidement que Léon a changé d’humeur, et semble beaucoup plus sur la défensive. Il nous révèlera le soir, dans la sécurité relative que représente notre tente, que ce sont les babouins qui l’effraient le plus et qu’il a un peu peur. L’esprit encore en mode traducteur pour essayer de se remémorer les propos de notre protecteur à l’accent de ouf, nous nous recentrons un peu, installation du braai, apéro sur la table, et moment agréable à nourrir quelques oiseaux opportunistes. Nous observerons également une magnifique lézard dont le nom m’échappe totalement encore aujourd’hui, mais je vous spoile déjà la fin, pas de problème survenus durant la soirée ni la nuit. On ira quand même tous ensembles, à l’unisson et armés de nos frontales, nous laver les dents, avant de revenir et de nous mettre au lit paisiblement. La nuit sera tout de même venteuse, nous réveillant à plusieurs reprises avec Nathalie.

Mais avant de rejoindre le pays des rêves, je ne peux m’empêcher de mentionner le ciel étoilé que nous aurons cette nuit-là, à l’abri de toute lumière, et offrant un spectacle merveilleux! Et de vous inviter à cliquer sur le prochain article (très prochainement publié) pour vous présenter le programme de demain. En fait, pour vous vendre au mieux la chose, je vais vous dire la stricte vérité. Demain, je vais réalisé un rêve. Un rêve que j’ai depuis presque 20ans, que je vis au travers de reportages, de photos, et de récits. Un rêve que je n’ai pas pu réaliser en 2013, le détour aurait été trop grand. Un rêve que j’ai littéralement imposé à Nathalie lorsque nous avons décidés d’aller en Namibie deux ans auparavant. Ce rêve, c’est de découvrir la cité fantôme de Kolmaskop, mentionnée brièvement dans cet article, abandonnée par les hommes dans autour de 1922, et inexorablement rongée par le désert. Les batteries sont chargées à bloc, carte mémoire vérifiée, je n’ai qu’une seule hâte, y aller. Enfin! Surprises garanties!

J16: Les rêves peuvent parfois se réaliser, découverte de Kolmanskop et de Luderitz.

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