Alors que tout le monde dort encore paisiblement, je me réveille naturellement vers 5H30, j’en suis le premier étonné! Difficile de dire si cela est dû à l’excitation latente liée au voyage, ou si c’est déjà mon horloge biologique qui s’adapte aux journées namibiennes, mais toujours est-il que je profite de ce moment de calme pour enfiler mes sandales et marcher tranquillement vers le point d’eau, histoire de voir si quelque chose s’y passe. Je suis seul sur place lorsque j’arrive, pas âme qui vive, autour du point d’eau comme sur les bancs d’observation. Je reste néanmoins assis tranquillement à regarder la lumière du jour apparaître, il fait déjà super bon, et la mélodie des oiseaux berce ce début de journée de la meilleure façon qui soit. Lorsque je retourne au niveau du véhicule, toute la petite troupe se réveille doucement, nous nous étions mis d’accord avec Nathalie pour ne pas partir trop tôt ce matin, et partir à la cool.

Petit déjeuner pris avec le soleil qui se lève dans le ciel et vient réchauffer nos visages, le café a définitivement une meilleure saveur lorsqu’il est pris dans de telles conditions. Notre petite organisation se met en place tout naturellement, je désinstalle les 2 tentes pendant que Nathalie et les garçons rangent le petit déjeuner et s’habillent. Une fois que notre Luffy est chargé, tout le monde se met en voiture, nous expliquons un peu aux garçons le parcours que nous allons réaliser aujourd’hui dans Etosha, avant de rejoindre Okaukuejo, situé rappelez-vous à 150km de là. Nous décidons de faire la boucle du « Rhino Drive », qui démarre au sud du campement, pour une boucle de quelques dizaines de kilomètres. Son nom est très prometteur, on se dit que les rhinos aperçus hier ne sont peut-être pas très loin, et que ce serait bête de ne pas tenter notre chance. Si la piste est assez sympa, avec d’énormes flaques d’eau à traverser (il y a 4 enfants dans ces cas-là dans la voiture, Nathalie est la seule personne responsable dans le lot), il faut avouer que nous ne verrons pas un chat durant cette boucle. Un peu déçus forcément, nous nous trainons encore un peu sur la piste longeant le Pan asséché en espérant croiser des animaux, mais sans succès. Le décor change au fil des kilomètres que nous parcourons, et mis à part quelques zèbres et springbocks aperçus le long de la piste, cela reste assez monotone, surtout pour les garçons. Je ne vais pas faire comme ci de rien était et jouer au parent « modèle », parmi l’équipement que nous avons pris pour occuper nos longs trajets, nous avons pris en plus des jeux de cartes 3 petites consoles portables, que nous décidons de dévoiler. Inutile de dire que dès lors l’attention des enfants n’est plus, mais nous essayons au possible de retarder le moment ou ils peuvent jouer, et d’en limiter l’accès.


Les 150 kilomètres qui nous séparent dOkaukuejo s’avalent tout au long de la matinée, il n’y a pas forcément matière à trop s’arrêter, nous faisons simplement des haltes aux points d’eau pour vérifier si activité il y a. Malheureusement, comme dit ci-dessus, très peu d’animaux à observer, à part 5 belles girafes que nous observons en fin de parcours. Arrivés au camp pendant midi, nous effectuons notre check-in. Nous allons rester 2 nuits Okaukuejo, et pas en camping! Nous avons réservé un bungalow familial, qui pourra tous nous accueillir. Ce dernier n’étant pas encore disponible à notre arrivée, nous prenons le réchaud à gaz et préparons de délicieuses coquillettes au pesto pour le repas, accompagné d’un paquet de chips. Les gens autour hallucinent un peu, que ce soit les touristes qui séjournent sur le camp comme les travailleurs. Il faut dire que nous nous sommes installés en contrebas de la piscine, sur un espace de verdure bien à l’ombre et avec deux bancs. Repas totalement à l’arrache, mais l nous en faut plus pour nous déstabiliser lol Il fait vraiment chaud aujourd’hui, la température tourne entre 33 et 35 degrés, et il y a très peu de vent. Les enfants ont bien entendu bien vu qu’il y avait une piscine, et frétillent à l’idée de pouvoir en profiter. Nous récupérons finalement la clé de notre logement en début d’après-midi, et procédons à notre routine habituelle, à savoir décharger tout notre bardage. Le logement est très bien, les enfants ont deux lits collés l’un à l’autre avec une salle d’eau bien équipée, et il en est de même pour nous. Dans l’espace centrale ce trouve des canapés, ainsi qu’un espace cuisine avec frigo.

C’est vraiment une bonne surprise pour nous, nous testons les matelas avec nos mains, et salivons déjà de pouvoir deux bonnes nuits confortables au devant de nous. Nous convenons avec les enfants qu’il fait vraiment trop chaud pour le moment, et sortons notre tablette afin qu’ils puissent regarder un dessin animé, cela servira de temps calme, et nous permettra à nous aussi de pouvoir nous poser un peu avec Nathalie, dans une chambre bien climatisée. On ne dort pas vraiment, il y a toujours un petit quelque chose à faire: ecrire sur mon carnet de voyage, recharger nos batteries de téléphone et d’appareil photo, ranger les affaires, etc… Cela reste tout de même un moment très agréable, dont nous profitons pleinement. Nous avons également négocié avec les enfants de faire quelques devoirs, eh oui, il ne faut pas oublier de travailler un peu tout de même. Nous avions scanné pas mal de livres et de leçons via notre tablette, étions équipés pour pouvoir écrire sur des cahiers, et pensions que nous pourrions facilement nous connecter au réseau Ecole Directe pour récupérer les devoirs et fiches de travail. Grossière erreur, impossible de se connecter malgré plusieurs tentatives, le serveur du site considère nos tentatives de connexion depuis la Namibie comme suspecte, la poisse! Nous essayons de récupérer quelques infos auprès de parents que nous connaissons, mais c’est sûr que cela complique un peu les choses. Nous devrons faire autrement pour la suite du séjour, et rattraper au mieux à notre retour, nous aurons quelques jours pour être dans les clous pour la rentrée.


J’avais des velléités de ressortir sur les pistes pour tenter d’observer des animaux, mais personne ne semble vraiment motivé, fatigués par la chaleur et les kilomètres parcourus. Nous passons tout de même par la réception pour booker un drive demain matin, n’ayant pas de campement à ranger, nous pourrons profiter de partir tôt sur les pistes avec les guides, et tenter notre chance. Les garçons ne se font naturellement pas prier et se jettent dans l’eau sans retenue, il y a quelques personnes autour de la piscine, mais rien de bien méchant. Nous discutons avec des personnes venues de Belgique et de Suisse, et échangeons quelques infos et nos ressentis sur la Namibie. Il y a même une autre famille avec 3 enfants, allemands il me semble, mais eux ont 3 filles 🙂 Comme quoi, nous ne sommes pas les seuls à tenter cette aventure! L’après-midi se déroule donc tranquillement en bord de piscine, tantôt avec une glace, tantôt avec une bière ou un soda. Nous avons également réservé une table au restaurant pour le soir, table en extérieur, les conditions sont idéales. Les garçons dévorent de belles pièces de bar, accompagné de riz, Nathalie se délecte elle d’un repas veggie ( elle pousse un ouf de soulagement, les légumes ne sont pas trop dans notre régime alimentaire depuis le début du voyage), quand à moi je déguste de la viande de zèbre, accompagnée d’une sauce légèrement relevée et de riz. Le repas est franchement de bonne qualité, nous finissons les estomacs bien remplis, comblés.
S’il y a bien une chose à faire absolument lorsque l’on est à Okaukuejo, c’est d’aller inspecter le point d’eau à la nuit tombée, c’est probablement le meilleur endroit pour faire de belles observations. Malheureusement pas grand monde sur place, les animaux ne sont toujours pas là, il fait encore un peu trop jour. Matisse et Jacob semblent crevés, nous montons un stratagème avec Nathalie et Léon: nous allons retourner à notre logement, je retournerais seul au point d’eau, et je reviendrais les prévenir si un animal est à observer. Ai-je besoin de préciser que Léon refusera de s’endormir en attendant mon retour? Je vois dans son regard qu’il piaffe d’impatience d’y aller, mais s’il part avec moi de suite, ses frères ne lâcheront pas l’affaire et voudront revenir aussi. Je me mets donc en direction du point d’eau, laissant Nathalie et les garçons. Je me remets donc en route vers le point d’eau qui est à 2min de marche, et vous savez quoi, à peine 5min après être arrivé, bingo, un rhinocéros pointe le bout de sa corne. Cruel dilemne pour moi, mais je me dis que je dois prévenir tout de suite Nathalie et Léon, il n’est pas encore tard, et c’est une occasion en or d’observer l’animal d’un peu plus près. Retour donc à notre chambre, Léon est Nathalie s’habillent en vitesse et filent vers le point d’eau pendant que je reste pour veiller sur les deux plus petits. Je tourne un peu en rond et essaye de ne pas m’installer trop confortablement pour ne pas sombrer, attendant sagement leur retour. Environ 30min plus tard, Nathalie revient, et me prévient que Léon voulait rester encore un peu, et m’attend du coup là-bas.
Honnêtement, d’instinct je ne suis pas le plus rassuré du monde, même si je sais que Léon peut rester seul quelques instants et respectera les consignes données par Nathalie, en m’attendant sagement. Je ne me fais néanmoins pas trop prier, je n’aime pas particulièrement de le laisser solo dans un endroit qu’il ne connaît pas. J’effectue donc à nouveau le chemin vers le point d’eau, et là, gros coup de pression. Pas de Léon! Je parcours les bancs le long de la séparation, essayant d’appeler en chuchotant pour ne pas trop déranger les autres personnes, mais je panique assez rapidement, je ne vois pas Léon. Je rebrousse chemin, demande à une personne si elle n’a pas vue une enfant passer, mais non. Le chemin étant normalement assez direct entre notre chambre et le point d’eau, je comprends assez rapidement qu’il à dû vouloir rentrer pour nous retrouver, mais c’est planté de direction. J’appelle donc de plus en plus fort, mais rien. Je cours vers la chambre, et en arrivant je vois Nathalie venir au devant de moi, Léon en larme dans ses bras. A ce moment-là j’avoue que c’est un mélange de soulagement et de colère, la montée de stress a été forte et très subite, j’ai du mal retrouver mon calme. J’essaye de rassurer Léon en m’assurant qu’il va bien, mais je ne peux m’empêcher non plus de lui faire la morale, furax. Je tourne les talons et retourne au point d’eau, il faut que je fasse retomber le stress de ce moment, et je préfère laisser Léon avec Nathalie, qui saura mieux trouver les mots que moi à cet instant pour le rassurer.


Même si le rhinocéros était passé au second plan vue l’urgence, je me réinstalle au point d’eau, et retrouve la personne qui me demande si nous avons pu retrouver Léon, je trouve la démarche vraiment sympa de sa part, elle semble même rassurée. Le calme autour du point d’eau aide a respirer un peu plus calmement, mais notre rhino c’est fait la malle lui aussi et il n’y a plus rien autour de l’eau. 20 à 30 minutes passent, les gens qui étaient installés sur les bancs commencent à être moins nombreux, mais on distingue au loin la silhouette d’une girafe, qui ne daigne pas s’approcher, mais surtout, à une dizaine de mètres d’elle, un rhinocéros. Ce dernier va prendre son temps avant de s’approcher du point d’eau, mais va finir par ce montrer un peu plus, ce qui va définitivement mettre l’épisode du début de soirée derrière moi. J’essaye de faire mes réglages pour faire quelques photos, n’ayant pas de trépied je sais qu’il sera difficile de faire des pauses longues, mais tant pis, je vais devoir faire avec. Je parviens à faire quelques photos sympas, mais sent en même temps que la fatigue me gagne. Je ne cherche pas à forcer les choses et décide de rentrer peu avant minuit, le ciel malgré les lumières du camp est magnifiquement étoilé, idéal pour s’endormir. Léon à mon arrivée ne semblait dormir que d’une oreille, et c’est sur un gros câlin que nous mettons fin à cet épisode. Je le sens rassuré, tout comme lui doit sentir que j’ai eu peur et que je suis on ne peut plus rassuré de le savoir sagement dans son lit.
Je m’endors en deux temps trois mouvements, mais pas avant d’avoir vérifié le réveil, demain nous avons rdv à 6H00 pour le départ du drive. Un beau drive serait et sera le meilleur moyen de mettre tout cela derrière nous, c’est sûr et certain!
J6: Drive matinal de folie, Okaukuejo dans toute sa splendeur!

