Après cette belle journée d’hier et une bonne nuit de repos, nous nous réveillons aux aurores, une fois de plus. Il faut dire que je tiens absolument à entrer à Etosha à l’ouverture du parc, c’est à dire pour 7H. Nous prenons un bon petit-déjeuner, chacun avec sa lampe frontale vissée sur la tête. On a toujours de belles ambitions à vouloir partir à telle ou telle heure, mais c’est vrai qu’avec toute l’organisation que cela demande, et même si on commence vraiment à bien prendre nos marques pour déplier / ranger nos affaires et les tentes, il n’en reste pas moins que nous sommes en vacances, et qu’on ne veut pas trop brusquer les enfants. Il est vrai que nous n’avons pas d’impératifs, et nous avons quelques jours à passer dans le parc, mais je sais aussi que c’est le matin que les meilleures observations animales se font généralement. Bref, café avalé avec les tartines, nous décollons peu avant 7H30, ce qui en soit est franchement pas si mal.

Nous remplissons les formalités d’accès au parc, notre première nuitée est prévue au camp situé à peu près au milieu du parc, Halali. Nous avons demandé à pouvoir rester au moins 4 nuits à l’intérieur du parc, s’il y a bien un endroit en Namibie où l’on pourra observer des animaux en tous genres, c’est bien Etosha. Pour vous donner une petite indication sur la taille approximative du parc, les trois camps principaux, que sont Namutoni à l’Ouest, Halali au milieu, et Okaukuejo à l’Est, sont séparés d’environ 150km à chaque fois. Entre les camps il y un bon nombre de pistes à parcourir pour aller sur les points d’eau disséminés dans le parc, points d’eau artificiels et qui sont bien souvent les endroits à privilégier pour observer les animaux. Avec notre première nuitée à Halali, nous nous sommes organisés avec Nathalie pour explorer toute la partie des pistes situées au Nord de Namutoni, ainsi que les points d’eau tout autour, qui sont plutôt populaires pour l’observation de rhinocéros ou d’éléphants. Pas de plans sur la comète, on ne fait aucune promesse aux enfants sur ces animaux, on sait par avance que nous verrons beaucoup de populations de zèbres, girafes, springbocks, etc… mais pour certains autres, il va falloir sortir les jumelles, et avoir le regard aiguisé! Nous entrons donc à Etosha tels Alan Grant & Ellie Sattler dans Jurassic Park, prêts à vivre des instants comme on en vit rarement. Le parc a une superficie de plus de 22.000km², c’est tout bonnement gigantesque,et il est impossible de tout visiter. D’une part parce que c’est bien trop grand, il faudrait des semaines entières pour le faire, d’autre part parce que certaines parties demeurent interdites au publics, pour préserver la faune sauvage. Ce qu’il n’y avait pas en 2012 et qui est désormais possible, c’est de réserver dans un campsite situé à 150km à l’ouest de Okaukeujo, Olifantsrus, il n’y a qu’une petite dizaine de campements disponibles, confort réputé somme toute sommaire, mais offrant un point de vue idéal avec son spot d’observation. Nous avons pu booker une nuit, la dernière, dans cet endroit, qu’il nous tarde de découvrir.


Mais pour le moment, nous partons donc sur la partie située au nord de Namutoni, il y a quelques boucles très sympas dans nos souvenirs. La première chose qui nous saute aux yeux à Nathalie et à moi-même dès les premiers kilomètres, c’est la couleur verte qui est omniprésente dans le paysage. C’est une vraie et belle surprise pour les hommes et les animaux, la nature peut souffler un peu avec une saison des pluies qui semble active. Même si cela veut dire qu’il sera plus difficile pour nos yeux de touristes de voir des animaux, c’est un sacré spectacle à voir toute cette verdure! On constate même la présence d’eau sur la partie Est du Pan, ce qui est une sacrée surprise! Les premiers animaux défilent sous nos yeux, des troupeaux de springbocks assez impressionnants en taille, mais aussi des zèbres, en plus petit nombre, mais toujours bien là dans le paysage. Premières girafes aussi, qu’on ne peut s’empêcher de regarder en coupant le moteur. De grands oiseaux aussi, assez loin de nous tout de même, semblent profiter de cette eau abondante, pourvoyeuse de vie. Nous terminons tranquillement une boucle d’une 15 de kilomètres, avec de continuer toujours vers le nord, le long du pan. Il y a un petit détour pour s’en approcher par une piste, que nous décidons de prendre, histoire de montrer aux enfants le pan, ce lac asséché qui ne l’est ps tout à fait en ce moment, mais qui couvre une superficie impressionnant et offre une vision lunaire. Le soleil est déjà haut dans le ciel, il fait un temps magnifique, les conditions sont idéales. Nous roulons en prenant notre temps, tout le monde profite du spectacle. Il faut dire qu’il n’y a pas une seule voiture à l’horizon, les conditions sont idéales.


Puis, à un moment donné, alors que nous roulons, nous apercevons tout à coup sur notre gauche, et presque sous nos roues, un Steinbock, antilope un peu plus petites que les autres, seule, qui avait des velléités de traverser. Nous tournons tous les deux la tête vers la gauche pour observer l’animal, en se plantant même et en disant aux enfants qu’il s’agit d’un dik-dik, mais au moment précis, il y a comme un cri retenu dans la voiture. Vous savez, quand vous êtes témoin de quelque chose, et que vous êtes pris par surprise. Et bien c’est ce qui nous arrive au moment d’arriver à hauteur du Steinbock, nous devinons une masse énorme derrière les fourrées, à quoi, 10 ou 20 mètres de nous?! Impossible de se tromper, c’est un éléphant qui est là! L’excitation, non, la folie, qui s’empare de nous à ce moment là est indescriptible, nous avertissons les enfants, qui eux aussi deviennent euphoriques. Voiture arrêtée, nous pouvons voir que l’animal n’est pas seul, ils sont plusieurs, et semblent se déplacer. Nous essayons de les suivre du regard, mais la végétation les fait disparaître assez rapidement. Pas le temps de se remettre de nos émotions, on ne peut pas être si proches d’eux et ne pas les voir dans de meilleures conditions! On sort notre carte du parc, je remarque que si nous faisons machine arrière, et retournons sur la piste principale qui mène vers le nord, nous aurons peut-être une chance de les revoir. Là, clairement, nous sommes dans Jurassic Park. L’excitation est palpable dans la voiture, elle se mêle aussi à un peu d’appréhension, il faut faire attention avec ces animaux, qui peuvent parfois être dangereux si on ne respecte pas leur espace. Mais nous sommes presque persuadés qu’en reprenant la route principale, nous aurons une chance de les revoir. Sourires aux lèvres, nous retournons donc sur cet axe principale, et commençons à rouler. Il nous est difficile de prédire s’il faut rouler peu ou beaucoup, mais la piste est assez vallonnée et large, nous avons de la visibilité. A ce moment-là, nous regardons absolument partout, tout le monde est sur le pont. Nous nous arrêtons en travers de la piste, nous saurons sous peu si nous pourrons les revoir. Et puis tout à coup, ça y est, BINGO! Ils sont à nouveau là, ce coup-ci un peu plus loin de nous, mais ils défilent en file indienne sur la piste. Nous vivons un rêve éveillé, il n’y a pas d’autres mots. On ne cherche même pas à se rapprocher tant que cela par mesure de sécurité, mais nous sommes la seule voiture, et avec eux. 1, 2, 3, voici des jeunes qui apparaissent, 4, 5… 7! Quel effet cela fait de pouvoir admirer ces animaux, et d’une manière tout à fait privilégiée! C’est dingue, il n’y a pas d’autre mot! Ils finissent par disparaître logiquement dans la végétation, nous parvenons à les suivre du regard pendant un petit moment, ils semblent boire dans un point d’eau naturel. On se regarde avec Nathalie, abasourdis par cette chance inouïe que nous venons d’avoir! Il doit être autour de 11H lorsque nos chemins se séparent, nous décidons d’aller faire une pause logistique à Namutoni, ce sera aussi l’occasion de préparer le repas du midi et de manger à peu près tranquillement.



Il n’y a que 3 ou 4 véhicules de touristes à l’entrée du fort, dont l’organisation semble avoir changée. J’ai le souvenir que le restaurant et la petite échoppe pour se ravitailler ou pour les souvenirs était dans le fort, ce n’est plus le cas à priori. Nous nous ravitaillons également en eau, toujours par bidons de 5L, pour garder un bon stock à disposition. Petite glace aussi, bien méritée et à l’ombre, histoire de se remettre de nos émotions. Quelle entrée en matière, franchement cela nous paraît irréel. Nous qui avions tant galérés à voir des éléphants en 2012, et qui savions que nous aurions peut-être autant de difficultés à en apercevoir lors de ce voyage, nous voilà servis sur un plateau avec cette famille éléphant traversant la piste. Que demander de plus?! Une fois notre petite pause terminée, nous repartons de Namutoni, en direction cette fois de Halali, vers l’Ouest donc. Il y a pas mal de point d’eau à inspecter, et aussi pas mal d’énormes flaques d’eau sur la piste. Luffy passe en mode camouflage dans le paysage, des flaques de boue, une bonne garde au sol, il n’en fallait pas plus pour « s’éclater » et passer Luffy du blanc à blanc mais avec de la boue! La route et le passage sur les points d’eau nous laissent un peu sur notre faim, comme il fallait s’en douter les animaux n’ont pas besoin de cette aide apportée par l’homme, et peuvent rester dans la nature, loin des pistes, pour vivre et trouver de l’eau. Bien entendu, il y a toujours les fidèles à observer, qui ne déçoivent jamais 🙂 J’ai d’ailleurs oublié de mentionner le gnou, mais il est bel et bien présent un peu partout, il y a également pas mal de jeunes à observer. Nous faisons un petit tour par le point de vue sur le pan, passage obligatoire pour montrer un peu cet endroit si spécial aux enfants. Il y a beaucoup de vent une fois arrivés sur place, mais nous pouvons tous sortir du véhicule pour se dégourdir les jambes et tenter quelques photos de famille. Il y a toujours aussi peu de monde, et c’est un réel bonheur d’être seuls dans ce type d’endroit. Pas besoin de se presser, pas besoin de parler à voix basse ou je ne sais quoi, nous sommes seuls! Nous apercevons au loin de gros nuages qui s »amoncèlent, et semblent se situer vers notre campsite… Nous continuons néanmoins notre route, là pour le coup c’est franchement très calme, il n’y a presque pas d’animaux à observer. Nous nous arrêtons à hauteur d’un 4×4 qui nous indique des mangoustes dorées qui sont non loin, c’est une nouvelle espèce à présenter aux enfants, chouette!





Nous discutons un peu avec les personnes du 4×4 sur le déroulement de la journée, si des infos sont à glaner par ci par là pour un éventuel dernier coin à explorer, mais nous sommes tous du même avis, à l’approche d’Halali les animaux semblent plus rares aujourd’hui, pas grand chose à se mettre sous la dent. Eux décident de partir un peu plus à l’ouest pour explorer avant de revenir ce soir vers le campsite, nous les retrouverons probablement ce soir, nous décidons de notre côté de rentrer sagement sur le camp pour nous installer. Nous avons fait tout de même un bon bout de chemin aujourd’hui, il est temps pour tout le monde que nous puissions descendre du véhicule. Nous roulons à peine depuis 5 minutes en direction d’Halali que nous distinguons au loin deux grosses tâches grises, entourées par des zèbres en premier plan. Nous décidons de nous arrêter un peu pour voir, et nous découvrons que nos deux grosses tâches grises sont équipées de grosses cornes grises, et se déplacent tranquillement dans les hautes herbes. Des rhinos! Non pas 2 comme nous le pensions, mais en fait 3, il y en a un plus petit qui semblait caché! Nan mais sérieusement, quelle journée de folie! On attaque avec des éléphants, et on termine avec des rhinos. C’est complètement dingue, impossible à réaliser! Les grosses tâches grises sont un peu éloignées, mais avec les jumelles nous parvenons tous à bien les voir, c’est la cerise sur le gâteau! Nous les observons un petit moment, bientôt rejoints par deux véhicules, puis nous effectuons les 7 kilomètres qui nous séparent du camp. Formalité de check-in accomplis, nous n’avons même pas de numéro attribué, on nous dit de nous mettre là ou on veut. Bon, ben, heu… Ok! Mais vous êtes sûres qu’on ne va pas déranger? On a trois enfants vous savez, ça remue! Non non, il n’y a presque personne de prévu pour ce soir, en tout et pour tout, seulement 9 emplacements de réservés! Ceux qui connaissent le campsite d’Halali savent qu’il peut en contenir bien plus! Et ben vous savez quoi, c’était tellement le luxe d’être si peu de monde qu’on c’est carrément installés non pas sur un, mais à cheval sur deux emplacements! Et ouai, on est comme ça nous, on s’étale! Plus sérieusement, cela nous permet d’avoir deux points d’accès à l’électricité, et deux tables pour pouvoir poser nos affaires.



Nous nous installons donc tranquillement, les enfants font une partie de carte pendant que Nathalie et moi-même finissons d’installer les tentes. Je commence à pouvoir faire cette étape relativement seul, permettant ainsi à Nathalie d’organiser les affaires pour le soir et le lendemain, ou commencer à sortir ce dont nous aurons besoin pour le repas du soir. Sans oublier l’apéro, bien entendu 🙂 Et devinez un peu quel repas gastronomique nous avons cuisiné pour ce soir?! Vous n’en reviendrez pas quand vous serez deux lignes plus bas, tellement ce repas est exceptionnel! Ouai bon d’accord, j’avoue tout, on a pas fait dans le 5 étoiles, pour ce soir c’est braai! Autant pour les enfants que pour moi, le barbecue, cela pourrait être à volonté! Un peu moins pour Nathalie c’est sûr, on va faire un effort en faisant cuire quelques pomme de terre pour accompagner tout ça. Pendant notre repas on partage nos impressions sur cette journée de fou que l’on vient de vivre, qui a préféré quoi comme animal, quel moment a été le plus apprécié, quel est le plus bel animal observé, etc… Il y en a pour tous les goûts, pas de réponse unanime!

Vaisselle faite et brossage de dent accompli, nous nous équipons de nos lampes pour aller voir au niveau du point d’eau s’il y a quelque chose à voir, cela nous fait une petite balade digestive en même temps. On ne terminera pas cette journée avec un nouveau spot de fou, le point d’eau est désert, et nous décidons de rentrer sagement dans nos tentes. Demain nous n’avons pas à nous lever trop tôt, même si nous avons de la route à faire nous ne sommes pas trop pris par le temps, nous allons pouvoir explorer un peu plus les alentours de Halali avant de rejoindre Okaukuejo, pour 2 nuits. Tout le monde s’endort paisiblement en repensant à toutes ces belles images de notre journée, qui aura été extra du début à la fin!



