Bon ok, la journée est déjà bien entamée comme vous avez pu le voir, mais une fois passées les formalités, la prise en charge du véhicule et du matériel, et que tout est chargé dans la voiture, voici cet instant si plaisant, celui ou le sourire se fait encore un peu plus large, la voiture démarre, et nous prenons la route. Je me trompe dès le premier croisement pour m’insérer, en activant les essuie-glace à la place du clignotant. Et oui, les commandes du tableau de bord sont inversées, il va falloir se forcer un peu mon grand, t’en as pour 24 jours!
Nous voici donc en fin de matinée sur une jolie route goudronnée, à une vingtaine de kilomètres de Windhoek, où nous passerons notre première nuit. Le stress de la conduite à droite n’est plus, la concentration par contre si. Nous reconnaissons approximativement les paysages que nous avions quittés, la route qui mène à la capitale namibienne n’est pas une belle piste comme sur les cartes postales, mais elle est vallonnée, verte, avec des paysages au loin qui invitent le regard à s’y perdre. Et je me permets de répéter un mot, très important pour ce pays d’Afrique Australe, verte! Oui, nous sommes en plein dans la saison des pluies, en suivant un peu les informations sur le forum du routard nous avons pu voir qu’il avait beaucoup plu début janvier, avec même des débordements de rivière. Le ciel est quelque peu parsemé de nuages, mais rien de bien méchant. Ce paramètre, nous l’avons bien pris en compte, la saison des pluies peut-être piégeuse dans ces pays, et nous surprendre, mais encore plus dramatique, elle pourrait ne pas faire son apparition. Bref, nous avons de quoi nous protéger en cas de pluie, et deux tentes solidement arrimées au toit de a voiture 🙂 Notre destination sur Windhoek a elle aussi comme un air de déjà vu, puisque nous dormirons au guesthouse Londiningi, mais cette fois-ci pas dans la chambre au magnifique lit rond. Une chambre double et une chambre triple qui communiquent, voilà qui fait parfaitement l’affaire! Le GPS nous conduit sur place en un petit 30 minutes, et nous franchissons la grille du guesthouse autour de midi, le sourire aux lèvres pour Nath et moi. Voiture garée, premier épreuve physique avec la sortie des 4 valoches, la piscine est tjs là, c’est je crois la première chose que les garçons ont repérés. La seconde? un jeu d’échec, le défi est lancé entre Léon et Matisse, et même si Matisse est un novice dans ce jeu, les voir s’installer comme ça a un côté reposant, rassurant. Check-in, on ouvre les valises, et on commence à organiser les valises de telle sorte que les affaires des 2 jours suivants soient le plus accessible possible. Le constat est implacable pour nous, le coffre est blindé, s’il reste de la place, c’est vraiment en tassant! Et nous n’avons même pas encore fait de courses! LOL Rapide concertation, je laisse la spécialiste des valises organiser tout ça, pendant que je procède au premier montage de tente dans la cour, pour y glisser les couvertures, qui n’empêcheront pas la fermetures de la housse de protection, mais nous ferons gagner un peu de place dans le coffre arrière. Tout seul, pour cette première, il me faudra une bonne heure pour installer tout ça, manque de repères et aussi concentré à bien faire pour ne rien abîmer. Lol, j’avais juste oublié que d’ici 24 à 48H, notre maison roulante allait subir la présence de 5 personnes dans l’habitacle, mais surtout la poussière omniprésente en Namibie 🙂 Pas grave, au moins je suis rassuré, je n’ai pas perdu la main, et je pourrais dire à ma coach que c’était tout de même un bel exercice physique à faire au quotidien 🙂

Une fois les valises parées et le coffre un peu plus accessible, nous remontons en voiture en direction d’un supermarché spar, dans semble-t-il un mall (Maerua Mall pour les curieux) récent dont tout le monde vente la qualité. Il nous faut aussi remplir nos estomacs, le petit dejeuner dans l’avion était un peu light tout de même! Je l’avoue, arrivés sur place, nous n’avons pas mangé local, nous avons pris la facilité, et avons fondus sur un KFC, que nous avons partiellement engloutis tellement il y en avait. Les prix sont plus abordables c’est clair, même dans ce genre d’endroit. Et en sortant, on reprécise bien aux enfants que sur les 23 prochains jours, ça ne sera pas du tout comme ça! On fait nos courses pour 2-3 jours et avec de quoi remplir la caisse de sec, gâteaux, pain, nouilles, riz, sauce, confiture, etc… La particularité de notre caddie? 5 bidons de 5 litres d’eau, qui nous suffirons pour 2 jours d’après nos estimations. L’eau, c’est la vie, et en particulier avec les enfants, on ne va prendre aucun risque, nous avons décidés d’avoir toujours dans le coffre au minimum 20L de disponibles, soit 2j d’autonomie environ. La voiture est équipée d’un réservoir d’eau courante mais non recommandée pour nos estomacs, environ 40L, pour tout ce qui est vaisselle, et besoins limités. Les garçons choisissent les gâteaux à vue, les jus de fruit aussi, le supermarché est beau, bien organisé, moderne, invitant à la consommation. Je choisis le contenu de notre premier braaï de demain (si vous avez lu le premier carnet de voyage, vous savez que cela correspond à notre BBQ), un peu au hasard, saucisses, pièce de viande, etc… et je retrouve avec délectation la Windhoek Lager, la bière nationale, et sa petite sœur, toute aussi légère à 4% mais plus gouteuse, la Windhoek Draught. Allez hop, 6 lagers et 2-3 Draught, je prépare mon arrivée au paradis 🙂
Nous rentrons en traversant l’une des artères principale de Windhoek, où je crois reconnaître un bâtiment d’époque, une église au milieu d’un rond point, des maisons aux couleurs chaudes. Impression confirmée plus ou moins par Nathalie, qui reconnait certains bâtiments. Nous sommes heureux. Difficile de dire si à ce moment précis nos regards se croisent avec un grand sourire, la fatigue est bien présente et je dois me concentrer sur la conduite, mais je devine un sourire de bonheur sur son visage, et ses yeux qui brillent de curiosité. Les enfants eux? Ils sont vidés, forcément. Cela fait maintenant plus de 24H que nous avons quittés la maison, la fatigue est visible sur leurs doux visages, il faut presque secouer Jacob pour ne pas qu’il cède à 5min de notre arrivée. Consigne est donnée, sieste & temps calme, et ensuite, piscine pour tout le monde! Personne ne se fait prier, et même si nous ne dormons pas vraiment tous les deux avec Nathalie, ce repos est salvateur au possible. L’horloge interne des garçons est déjà bien réglée, la consigne était pour 16H, et bien à 15H59, qui voyons-nous débarquer sur nos lits, pour nous demander s’ils peuvent enfin y aller! Mais oui, bien entendu, nous sommes là aussi pour ça, se détendre un peu! Détail tout de même, nous avions demandé au TO Tourmaline, à Carole (mille merci si vous lisez ces mots pour vos conseils et votre professionnalisme) plus précisément, de cibler autant que possible des campings ou guesthouse avec une piscine. La piscine, c’est la promesse pour eux, même en leur annonçant 4, 5, voir 6H de route, qu’au bout ils pourront s’éclater dans l’eau. Ce sera souvent le cas, et nous gardions parfois le secret jusqu’au bout pour les entendre crier de plaisir, genre on en sait pas pendant les 3/4 du trajet, et puis 10min avant d’arrivée, « bon les gars, les maillots de bain sont prêts? » Maintient du suspens, plaisir de les voir crier de bonheur, et aussi de pouvoir se garder des surprises et de quoi les faire vibrer sur des choses plus simples et intéressantes pour eux.
Bref, piscine pour tout le monde! je revois encore Matisse partir comme une balle dehors, cul nu, et courir jusque dans la réception du gesthouse, passer devant la personne en charge de la cuisine, interloquée mais avec le sourire, et revenir en criant son bonheur. Heureusement, à part une personne dans le guesthouse, nous sommes seuls, les garçons peuvent donner de la voie, sauter, plonger, crier, chahuter, etc… Des enfants quoi! Premiers selfies, premières photos, et aussi premier apéro pour Nathalie et moi, avec une bière bien fraîche et bien méritée. Ça y est, nous y sommes ma chérie, « prost »! Il doit faire un bon 32 degrés dehors, mais le temps s’assombrit en fin d’après-midi, de la pluie est annoncée, confirmée un peu plus tard. C’est déjà plus qu’il y a 12 ans. Les garçons et Nathalie rentrent dans la chambre se changer, je reste un peu en bord de piscine pour siroter une bière, regarder la carte et notre itinéraire, prendre mes premières notes sur mon carnet, au crayon. Nous avons réservé une table ce soir au guesthouse, et avons demandé à l’unanimité des lasagnes. Qui furent simplement délicieuse, avec un effiloché de springbock pour la viande à l’intérieur! Moment de surprise pour les enfants, c’est quoi ça, un springbock? Qu’ils ne s’inquiètent pas, ils en verront encore et encore, par centaines, à ne plus vraiment les remarquer parfois, tellement ils sont nombreux, partout! Quelques instants avant d’aller au restaurant, en jouant dehors devant la chambre, les garçons aperçoivent leur premier animal sauvage (n’ayant pas vu les babouins sur la route de l’aéroport, forcément), un suricate! Eux sont euphoriques et commencent à courir vers la petite bête, qui elle de son côté prend ses jambes à son cou et disparaît aussi vite qu’elle n’est apparue. La personne qui s’occupe de la cuisine nous dit qu’ils viennent presque tous les jours à Londiningi, pour y trouver de la nourriture. Mais le brouhaha émit par les garçons aura été tel qu’on ne les reverra pas, au grand désarrois de Jacob. Rappel de consignes simples pour voir les animaux, mais aussi consignes de sécurité: pas de bruit, pas de mouvement brusque, pas de cris, on ne se lève pas si on est en voiture, on ne regarde pas dans les trous ni sous les cailloux, et ce peu importe où nous sommes. Le plus grand danger selon nous, ce sont les petites bêtes, pas les grosses! Les serpents me mettent tjs autant mal à l’aise, pour le reste je peux faire avec. Nathalie elle, ce sont les araignée, le reste, si c’est trop gros elle m’appelle. Mais oui, en Namibie, on ne rigole pas avec les animaux, surtout les petits, qui peuvent être mortels. Scorpion et serpents en tête de liste! Dans ma tête de parent qui doit penser à ce genre de « détail », qui n’en sont vraiment pas pour le coup, j’ai rabâché encore et encore ces consignes de sécurité basiques mais réelles aux enfants, qu’ils connaissent par cœur depuis des semaines. Et bien maintenant, c’est l’heure des les appliquer! Et j’ai aussi, je l’avoue, pris en photo tous les serpents possibles que l’on pouvait retrouver sur les terres où nous allions, pour tenter de les distinguer si besoin, et voir si c’est gros danger, gros gros danger, ou danger mortel. Là encore, spoiler alerte, une frayeur à relater dans quelques jours, mais pour le reste, ils ont été au top sur ce point, toujours à portée de vue, et pas de prise de risque.
Le repas se termine avec des détails sur les bébêtes en question, mais aussi, annonce du programme de demain, tout en dégustant des profiteroles. Il faut que l’on parcourt près de 9000km pour en manger au resto, c’est dingue! Enfin pas temps que cela, personne n’est vraiment fan parmi nous 5, et deuxième raison: c »est le seul dessert proposé! On ne finira pas ce festin de rois, lasagnes délicieuses, servies avec des belles parts, au point de caler sur un dessert ma foie un peu plus anecdotique, moins cuisiné dirons-nous. Nous remercions chaleureusement la cuisinière, qui est aussi en fait la serveuse, la barmaid, la dame que l’on contacte si on a le moindre besoin. Je me souviens encore du premier repas 12ans avant, un steak de zèbre qui était très bon. Là, aucune fausse note. Nous filons au lit, brossage de dents, Matisse et Jacob retrouvent leurs doudous respectifs, et notre fratrie s’endort en quelques instants. Nous discutons un peu avec Nathalie de la journée de demain, avec de la route en prévision, notre première nuit en camping, mais aussi l’activité qui a fait saliver tout le monde à son annonce, un tracking ( cf: game-drive) au léopard. Vous devinez à la lecture de ces mots où nous nous rendrons demain, peut-être? Oui oui, nous allons à nouveau fouler les terres d’Okonjima, c’est bien cela, 12 ans après. De nouveaux protagonistes sur le papier, pour un moment nous l’espérons chargé en intensité, et qui sera récompensé comme il se doit 😉 Le sommeil finit par logiquement l’emporter sur notre enthousiasme, nous nous endormons comme des bébés autour de 21:30, le réveil demain est fixé à 7H, pour pouvoir partir vers 9H00 grand max.


