Cette nouvelle nuit en camping aura été très bonne, le calme de la région de Palmwag n’est souvent perturbé que par le chant des oiseaux, et c’est ainsi que nous allons nous réveiller tranquillement en ce mardi 4 février. Pas de réveil d’ailleurs, nous n’avons pas une grande route à réaliser jusqu’à notre prochaine étape, nous avons donc un peu de temps devant nous pour flâner. Petit-déjeuner et pliage du campement réalisés dans le calme, nous allons à la rencontre de Thomas et de Uli pour un dernier au-revoir, le grand avantage de leur mode de fonctionnement est d’être totalement libres et de voyager au gré de leurs envies, Ils ont donc décidé de rester une nuit de plus ici à Palmwag, avant de repartir plus au nord du pays. En prononçant le nom de notre futur destination ils ont tout de suite eu les yeux qui brillaient, à la fois pour la beauté de l’endroit, mais aussi pour les possibilités fantastiques de drive et de trek à faire. Nous échangeons encore quelques minutes au bord de la piscine, les garçons observent de très beaux oiseaux qui viennent profiter de l’herbe fraîche, puis nous réalisons quelques photos avant de prendre la route. Quelques achats de souvenirs dans la très jolie boutique du lodge, il y en a pour tous els goûts! La place dans les valises étant toujours aussi limitée, nous devons faire très attention à ne pas prendre des choses trop volumineuses! Nous franchissons à nouveau la barrière sanitaire, avec cette fois-ci une inspection un peu plus poussée de notre véhicule, du frigo et de la caisse de denrées sèches. Je ne sais pas si l’effet d’avoir les enfants avec nous joue dans l’inconscient des gardes ou des policiers qui nous interpellent, mais leur gentillesse et la rapidité avec laquelle ils inspectent le véhicule est assez déroutante. En l’occurrence, un rapide coup d’oeil dans le frigo, soulever 2-3 trucs 1 ou 2 questions, et c’est déjà fini. Dans tous les cas il n’y avait trop rien à inspecter, nous étions préparés à cette étape et aux conditions à respecter.


Comme je vous le disais, le trajet pour rejoindre notre prochaine étape n’est pas très long, mais par contre les paysages sont sensationnels. On se sent tout petit, minuscule même, dans cette immensité rouge à perte de vue, c’est très intimidant. Et puis, lorsque l’on redescend plus proche du niveau de la mer, le décor change encore, et on aperçoit les premières bribes de sable sur le bord de la piste, qui vient se mêler à la roche. Obligation de s’arrêter, plusieurs fois même, pour immortaliser le spectacle qui s’offre à nous, mais également pour nous prendre tous les 5 ensemble. A environ une trentaine de kilomètres de notre point de chute, au croisement de la C39 et de la D2612, à quelques encablures de Twyfelfontein, nous repérons un panneau en bord de route invitant à des drives pour aller voir les éléphants du désert, qui devraient être normalement dans cette région. Je dis bien normalement, car il y a 13ans, il nous avait fallut un drive jusq’au bout du monde, dans des conditions compliquées, pour ne pouvoir observer qu’un seul animal, au départ du Twyfelfontein Country Lodge. Nous en avions gardé un très bon souvenir, nous voulions tellement voir un éléphant (le seul et unique en 2013), mais nous étions quand même mitigés sur le prix demandé par personne, et en plus avec ce drive à rallonge, nous avions fini par nous perdre sur le chemin du retour, roulant de nuit et finissant par arriver dans un camping sans eau ni électricité. Une vraie galère en somme! Nous avons donc convenu avec Nathalie de tenter de trouver une autre solution, soit de se renseigner auprès des gens du coin et d’y aller par nous-même (compliqué tout de même), soit de trouver une alternative moins onéreuse pour 5. N’ayant que 20 petits kilomètres qui nous séparent du camp, on prévoit d’y retourner en début d’après-midi, pour réserver un drive le lendemain matin. Nous arrivons au Mowani Campsite autour de midi, et notre première impression est WOW WOW WOW. Nous avions lu ici et là, et des personnes nous avaient prévenues que ce campsite est absolument magnifique, mais alors quand on y est, cela dépasse tout ce que l’on a pu lire, entendre, ou regarder sur le lieu. Que c’est beau, franchement! Il n’y a que 10 emplacements disponibles à la réservation, par ailleurs obligatoire. Ce sera de mémoire, le seul campsite complet de tout notre voyage, du fait de sa beauté et de sa faible capacité. Je ne saurais que trop vous recommander de réserver si vous souhaitez découvrir cet endroit fabuleux. Les campements sont établis à flan de montagne, appuyé sur d’énormes rochers, et viennent se fondre dans un décor de rêve, avec une vue à couper le souffle. Je n’en rajoute absolument pas, cet endroit est totalement dingue! Voilà ce que l’on se dit en arrivant à Mowani.





Nous mangeons un repas assez léger le midi, à base de sandwich et de chips, c’est pratiquement une routine pour nous. Les légumes sont toujours aussi rares, les points de ravitaillement aussi, on doit toujours composer avec ce que l’on trouve. Repas pris, nous nous rendons au niveau du petit bar / piscine réservé au campsite pour prendre quelques renseignements sur la zone, en vue de la sortie que l’on voudrait faire demain, mais aussi sur un musée que nous voudrions visiter cet après-midi. Il est 14H30 quand nous nous mettons en route du Twyfelfontein Desert Elephant Drives, il nous faut normalement qu’un petit 1/4h – 20min pour y aller. Sauf quand on se plante de route! Je ne sais pas si ma boussole interne est victime d’interférences dans ce coin de Namibie spécifiquement, mais j’arrive tout de même à tourner à droit au lieu de tourner à gauche, et donc à me planter lamentablement. Le petit 20min max se transforme donc en bon 45min, allez-y allez-y moquez-vous, je vous vois bien derrière votre écran! C’est de bonne guerre! Une fois ENFIN arrivés sur place, nous réservons pour un drive le lendemain matin, et la première grosse surprise, c’est le prix, moitié moins que ce qui est annoncé en lodge. Bingo, je retourne voir Nathalie pour connaître son point de vue, mais sans surprise on valide notre réservation, on verra bien demain ce que ça donne!
Suite à cela nous reprenons la route en direction de notre activité de l’après-midi, nous aimerions découvrir le Damara Living Museum, un endroit qui consiste en une reconstitution d’un village du peuple du Damaraland, avec les coutumes et les traditions. Nous avons pu lire que la visite valait le coup et était intéressante, après concertation avec Nathalie, nous avions convenu d’y aller, pour au moins avoir une visite plus culturelle sur l’un des peuple de la Namibie. Nous aurions pu choisir d’aller à la rencontre du peuple Himba, des San, des Herreros, mais nous ne voulions absolument pas participer à une économie touristique un peu faussée et perturbant des modes de vie traditionnels. Il y a de quoi en parler pendant des heures et des heures, mais nous nous sommes dit au final que nous sensibiliserions les garçons sur ces peuples en danger de disparition au travers de lectures, et de reportages vidéos. A notre arrivée sur place il n’y a aucune voiture sur le petit parking aménagé, cool, nous allons pouvoir découvrir l’endroit seuls! La visite qui suit est très intéressante, à la fois pour les enfants comme pour nous, nous découvrons la langue des clics, comment faire du feu, les herbes médicinales, ou la confection de bijoux/ d’armes ou d’ustensiles pour la vie courante. Il y a je trouve un petit côté folklorique à cette visite, qui me mettra un peu mal à l’aise à un moment donné, mais la visite restera très intéressante, Le tout se terminera avec des chants réalisés par l’ensemble de la « tribu », de toute beauté. Les enfants semblent très impressionnés par la réalisation du feu, de notre côté se sont vraiment les chants et la découverte de la langue des clics qui nous aura le plus agréablement surprise.




Il est 16H30 lorsque nous repartons du Damara Living Museum, satisfaits de cette découverte. Les enfants eux piaffent d’impatience, la piscine ils lorgnent dessus depuis notre arrivée ce midi, nous leur avons promis d’y faire un tour en rentrant. Ils se mettent donc en tenue et filent à la piscine avec Nathalie, pendant que j’installe les tentes, il est hors de question de se faire piéger une nouvelle fois pour moi. Bref, installation effectuée, je rejoins ma petite équipe, et découvre en faite une véritable colonie de vacances, les enfants sont en train de rigoler à gorge déployée et de jouer avec un petit groupe d’adultes, en provenance du Canada. C’est très amusant à voir, Nathalie n’en revient pas elle-même, l’ambiance est assez folle, inattendue. Quitte à se détendre, autant prendre un petit apéro, et c’est en arrivant au niveau du bar que je vais faire une excellente découverte, à savoir un Gin namibien. J’adore le gin, c’est un alcool que j’apprécie avec un bon tonic, et nous avons la chance à Reims d’avoir deux excellentes marques qui produisent des gin d’excellente qualité. Ni une ni deux, je commande un gin sec pour déguster, et ensuite en version Gin To, que eux composent avec des baies et une agrume séchée. Retour au bord de la piscine, les garçons sont toujours euphoriques, Nous discutons avec les deux couples de canadiens, ainsi qu’un couple de jeunes allemands, cela parait assez improbable mais l’instant est magique. Les canadiens sont en fait en pleine réalisation d’un tour de monde, ils sont arrivés du Malawi il y a quelques semaines, se dirigent vers l’Afrique du Sud, avant de rejoindre l’Inde. Vous suivez? Oui oui, cela fait quelques kilomètres, mais c’est toujours enthousiasmant de partager des histoires de voyage avec des inconnus, à un instant T, qui dure quelques heures ou plus, mais qui reste un moment de partage et de détente.





C’est par ailleurs un peu à contre cœur que nous retournons sur le camp, le soleil commence à descendre un peu dans le ciel, les estomacs crient aussi famine. Retour aux habitudes de début de voyage, avec un excellent braai, excellent non seulement par la qualité de la viande dégustée (bon ok, rien de fou, des blancs de poulets marinés), mais surtout de pouvoir le faire dans cet endroit unique qu’est notre campsite. Ce braai-là aura une saveur toute particulière, avouons-le. Les enfants jouent sur les énormes rochers, la douche est à l’air libre, tout comme les toilettes, le tout dans un décor de rêve. Mowani mérite sa réputation d’être parmi les plus beaux campings de Namibie, cela ne fait nulle doute. Pas besoin de tous les connaître pour se le dire quand on y est, le coucher de soleil finit d’achever notre crush pour cet endroit. Le repas se fait dans une ambiance très détendue, zénitude assurée, mais nous n’irons pas faire de prolongations, une fois la nuit tombée, et après avoir pu admirer un ciel étoilé sublime, nous nous mettons au lit. Demain il faudra se réveiller relativement tôt, nous avons rendez-vous avec Charles à 8H30 pour le drive, et on compte être en forme pour en profiter!


