Mardi 11.08: La légendaire F35, Hveravellir, Kerlingarfjoll


Mardi 11 août 2015


Histoire de changer quelque peu notre petite routine, ce matin nous nous levons de bonne heure, en prévision d’une longue journée. La première surprise provient du temps, en effet contrairement aux jours précédents ce matin il y a de belles éclaircies au dessus de notre cottage, ce qui n’est pas fait pour nous déplaire. C’est d’autant plus sympathique que nous allons passer une bonne partie de la journée en voiture, afin de traverser l’Islande du Nord vers le Sud, en empruntant une route bien connue des touristes qui traversent le pays, à savoir la fameuse F35. Mais avant d’en arriver là, nous préparons de quoi manger pour le midi, malgré les étapes où nous nous arrêterons au cours de la journée, il n’y aura point de restaurant ou d’endroit pour se restaurer. Il faut dire que l’intérieur des terres est une zone particulièrement hostile pour l’homme une bonne partie de l’année, tant les conditions climatiques sont difficiles.

Valises bouclées, sandwichs préparés, nous effectuons nos au-revoir auprès de la maitresse de maison, qui s’enquiert de la qualité de notre nuit. Et bien elle fût très bonne! Nous avons dormis comme des loirs, dans un calme tout à fait reposant.  Nous effectuons nos premiers tours de roue autour de 8H30, le ciel semble désormais aléatoire, mais de belles éclaircies subsistent. Comme je le disais en titre de cet article, la route F35 est une route que l’on pourrait qualifier de légendaire, et ce pour deux raisons. La première, et vous vous en doutez déjà, les paysages y sont absolument splendides, grandioses. Pas ou alors très peu de trace de la présence humaine, ici les seuls traces de vie que nous observons sont les moutons, fidèles au poste. Mais pour le reste, le paysage varie entre lacs, montagnes, roches, etc… La piste n’est pas particulièrement difficile en soit, même si certains passages méritent un peu plus de concentration. La seconde l’est sur un plan plus culturel et lié au peuple islandais, puisque l’intérieur des terres, par sa nature dangereuse, inhabitée, et inhospitalière, avait la réputation d’accueillir des personnes hautes en couleur, qui n’étaient ni plus ni moins que les bandits, qui souhaitaient échapper à la justice. Mais en voyant la dureté de cet environnement, je ne sais pas quelle solution était la plus préférable pour eux: répondre de leurs actes et accepter leur condamnation, ou survivre dans un univers minéral où les ressources sont rares. Les 3/4 de l’année, l’intérieur des terres est inaccessible, les pistes étant fermées, à moins de disposer d’une super jeep, équipée pour ce genre d’expédition extrême. Bref, n’y pensez même pas, parcourir ces terres en twingo en plein hiver, pour faire une ballade digestive avec mamie un dimanche après-midi, c’est tout simplement im-po-ssi-ble! A moins que vous ayez de mauvaises intentions envers cette dernière, mais là c’est un autre problème, et je préfère ne pas trop m’en mêler!

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 En route!IMG_7223 IMG_7232 IMG_7295 IMG_7296 IMG_7300 IMG_7301

Avec le temps qui est de la partie, c’est un réel plaisir de parcourir cette terre âpre et désolée, et pourtant si belle. Difficile de se rendre compte de la portée de nos regards, on se dit juste que la ligne d’horizon est au minimum à des kilomètres et des kilomètres. Oui bon ok, cela ne veut pas forcément dire grand chose, et ne donne en rien une réelle indication de distance, mais cette impression d’infinie ne se ressent pas si souvent que cela vous ne trouvez pas?! Les kilomètres passent, et voilà que nous arrivons à notre première étape de la journée, une zone géothermique perdue au milieu de cette immensité, Hveravellir. La seule chose dont on ne se rendait pas compte en roulant, c’est que hormis le temps qui était maintenant bien dégagé, il faisait un froid de canard, ce qui aurait pu être supportable s’il n’y avait pas eu un vent à décorner les boeufs! L’intérieur des terres est aussi synonyme de températures bien plus fraîches que sur la côte Sud de l’Islande (du fait de la présence du Gulf Stream), nous aurions dû nous en rendre compte avec cette végétation quasi inexistante. Pour le coup nous ne serons que deux à sortir de la voiture et à affronter les éléments, Marie-Line et moi-même. Des couleurs magnifiques, des formes enivrantes, Hveravellir est vraiment un lieu très particulier et splendide, impossible d’y rester indifférent, surtout lorsque l’on réalise qu’il est au beau milieu de nulle part. Une fois de plus, l’Islande nous surprend là où on s’y attend le moins!

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Il est à noter qu’il est possible de se baigner dans une source d’eau chaude naturelle juste en contrebas de cette zone géothermique, mais que nous ne testerons pas tellement nous avons froid! Nous ne nous attarderons pas trop dehors, toutes nos extrémités sont mises à rude épreuve malgré les protections.  Et puis nous avons bon espoir de pouvoir randonner un peu lors de notre deuxième étape de la journée, dans un site exceptionnel, là encore situé dans les hautes terres islandaises. Mais avant d’y arriver, la route reste toujours aussi belle, un peu plus caillouteuse certes, mais tout à fait gérable. Notre deuxième étape, donc, c’est la fameuse zone de Kerlingarfjoll, qui offre aux regards des randonneurs des paysages venus d’un autre monde. Sources thermales, rivière d’eau chaude, fumerolles, et tout ça en pleine montagne, avec des couleurs au moins aussi variées que dans le Landmannalaugar! Sur le papier, tout ceci est vraiment alléchant, non seulement pour nos petits yeux, mais aussi pour mon objectif photo! Arrivés sur zone, le mode 4×4 est vraiment indispensable, la route est très sinueuse, et à quelques semaines près le site était presque inaccessible du fait de l’écroulement d’un pont, et d’un gué redoutable. Mais pour le coup nous avons pu accéder au site sans trop de problème, un pont ayant été aménagé. Nous nous arrêtons au premier parking, à proximité du refuge, et prenons notre déjeuner. Sandwich, chips, skyr, et fruits, pas besoin de plus, on pourrait même encore le simplifier à: skyr, skyr, et encore skyr (si l’estomac n’est pas déjà rempli par les 2 premiers)! Léon commence a en avoir ras la casquette, à juste titre, d’être dans la voiture, du coup nous sortons un peu pour qu’il puisse se dégourdir les jambes. Et là, amère constatation: si déjà le vent était fort présent à Hveravellir, et bien cela n’a pas diminué ici, bien au contraire! Il ne fait également pas plus chaud, ce qui va rendre la rando vraiment compliquée… Nous montons avec le 4×4 sur le second parking un peu plus en hauteur, et il faut se rendre à l’évidence: le sentier est boueux, relativement dangeureux, et malgré les belles éclaircies, les conditions ne sont vraiment pas propices pour la marche, surtout avec notre petit bout sur le dos, qui pourrait avoir vraiment froid. Nous mettons donc plusieurs couches de vêtements bien chauds, afin de sortir un peu, et de profiter tout de même un peu de la vision qui s’offre à nous: fantastique! Sincèrement, cet endroit est irréel, magnifique, splendide, époustouflant, extraordinaire, épatant… Je manque de superlatif tant je suis impressionné par ce que j’ai sous les yeux, tout ici attire le regard. Mais plus que des mots, ce sont les photos qui je pense résumeront le mieux cet endroit:

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C’est à contre-coeur que nous retournons dans la voiture, attendons encore un peu une éventuelle période plus calme, qui ne viendra finalement pas. Il faut se montrer raisonnable, Kerlingarfjoll ne dévoilera pas tous ses secrets à nos yeux pour cette fois, il nous faudra revenir, et si possible dans de meilleures conditions. Nous redescendons donc de ce site exceptionnel avec cette sensation bizarre de n’avoir vécus l’expérience qu’à moitié, mais en s’accordant tous sur une chose, qu’est-ce que c’est beau! Je crois que pour ma part, il est placé naturellement en position n°2 de ma To Do List pour la prochaine fois ou je me rendrais en Islande, derrière le Laki. Mais à vrai dire, établir une To Do List en Islande, c’est presqu’impossible, ce pays regorge de sites et donc d’expériences à vivre toutes plus folles les unes que les autres. La fin de la route se fait sans trop de difficulté, la partie de la F35 la plus proche de Gulfoss est goudronnée, et donc beaucoup plus roulante. Toutefois, on en peut s’empêcher de s’arrêter pour prendre à nouveau une ou deux photos.

IMG_7346Le vent aura eu raison de la motivation de Léon, qui digère paisiblement son skyr avalé un peu plus tôt!

IMG_7337 IMG_7348 IMG_7373IMG_7336 IMG_7349 IMG_7357Ayant encore largement le temps de faire une halte, et c’est tant mieux, nous allons pouvoir retrouver l’une des cascade qui nous a le plus impressionné, à savoir Gulfoss. Le temps étant un peu plus dégagé que la première fois c’est une bonne occasion de faire de nouvelles photos de la cascade, même s’il semble y avoir un peu plus de monde que lors de notre première venue. Mais à vrai dire cela n’a pas vraiment d’importance, Gulfoss attire le regard dès qu’on l’aperçoit, et il est impossible de détourner son regard de cette majestueuse et impressionnante cascade. Léon est tout content de retrouver une cascade, lui qui aura passé la majeur partie du voyage à dire Wo Bist Du Wasserfall?!, littéralement Où es-tu la cascade?! en allemand.

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Remontés au niveau du parking, et pendant que ces dames parcourent les allées du magasin jouxtant les abords du parking, avec Léon, nous voyons arriver ces fameux super 4×4, montés sur ressort et responsables de l’impact sur notre pare-brise. En bons mecs que nous sommes, nous ne pouvons qu’être impressionnés par la taille de ces véhicules, montés sur des pneus dont la hauteur doit faire un bon mètre au minimum. Le contraste est d’autant plus saisissant lorsqu’ils sont garés à côté d’autres véhicules, que ce soient des bus, des gros pick-up américains, ou bien même (et c’est le plus marrant), des petites citadines.

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Photos prises, nous effectuons les derniers kilomètres qui nous séparent de notre étape du soir, située dans les alentours de Geysir. Ce sera notre dernière nuit en cottage, puisque pour les deux dernières nuits, nous allons pouvoir profiter du confort d’hôtels réputés parmi les meilleurs du pays. Mais revenons-en d’abord à notre cottage, tout en bois, très joli, et offrant une très belle vue, Helludalur. Spacieux et relativement confortable, nous aurons tout de même un sentiment partagé sur le cottage: nous avons été prévenus, après que la réservation ait été effectuée, et environ 1mois avant le début du séjour, que le cottage souffrait d’un gros soucis: il n’y aura pas d’eau chaude! Le propriétaire a eu la gentillesse à la fois de nous prévenir et de nous fournir les adresses des bains publics situés dans les alentours du cottage, toutefois nous aurons quelques doutes sur sa bonne foie: son explication faisait état de la rupture de canalisations dans toute la zone, et que ce cottage, comme tous les autres situés autour, n’offrirait pas d’eau chaude. Toutefois, arrivés sur place, nous avons plus l’impression que les travaux de canalisation et de finition du cottage ne sont en fait pas finalisés, et que ce problème aurait pu, et même aurait dû être signalé dès le départ sur la fiche descriptive du cottage. Et en présentant la chose de cette manière, nous n’avons du coup pas opté pour un autre cottage, pensant que les autres souffriraient du même problème, impossible à vérifier. Le second point un peu à revoir est le confort des lits, qui ne sont que des planches en bois simples, sur lesquels sont posés des matelas en mousse d’une épaisseur un peu trop faible. On ne s’en plaindra pas trop, mais cela mérite d’être signalé, les amateurs de grands lits très confortables risqueraient d’être un peu déçus. Pour le reste, le cottage est vraiment très beau, l’espace salon/cuisine/salle à manger offre une vue superbe. Nous avions au départ prévu de manger dans le cottage par nos propres moyens, mais ayant repérés un restaurant à Geysir, et étant situés à 5min de là, nous avons fait nos fainéants. Et bien, mal nous en a pris!!! le restaurant, qui est attenant à la boutique du site de Geysir, et ce malgré un cadre superbe, offre une cuisine d’une qualité médiocre. Je me demande encore comment il est possible d’avoir une pizza de qualité en offrant un délai de service de 3min chrono entre le moment de la commande et le moment ou elle arrive sur la table, un record jamais vu auparavant. La soupe que nous avons également prise s’avère sympa mais sans plus, loin de la qualité à laquelle nous étions habitués jusque là. L’autre point négatif: c’est bien LE SEUL restaurant en Islande ou le wifi n’aura pas été gratuit! Je sais bien que cela paraît un peu too much de s’en étonner, mais il faut savoir qu’en Islande, la connectivité est tout le temps offerte dans les bars/restaurants dans lesquels vous allez.  Tant pis, je ne donnerais pas une couronne de plus à ce restaurant!

C’est donc un peu sur notre faim que nous rentrons au cottage, Léon est pour le coup vraiment crevé par cette journée. Les kilomètres accumulés en voiture, le vent, la découverte de Kerlingarfjoll, le restaurant du soir, autant de facteurs qui auront eu raison de sa patience, et le pousseront à s’endormir en deux temps trois mouvements. Une fois réunis entre grands autour de notre carte routière et touristique, il est grand temps de se concerter afin de mettre en place le programme des réjouissances de demain et de la fin de notre périple. Il faut dire que le temps nous est désormais compté, et que nous souhaitions tout de même faire des activités encadrées, afin de rendre le voyage de notre soixantenaire encore plus inoubliable. Nous souhaitions en effet réserver une sortie Snorkeling dans la fosse de Silfra, dont les eaux sont d’une limpidité unique, et en font l’un des spot de plongée les plus beau du monde puisque situé entre les 2 plaques continentales. Ne disposant pas de brevet de plongée, il nous faut donc nous contenter d’une sortie palme et tuba! Notre hôtel de demain soir propose de faire cette sortie à des heures qui nous conviennent, nous pensons donc voir directement sur place. Nous souhaiterions également offrir à Marie-Line la découverte d’une chambre magmatique à l’intérieur du volcan Thrihnukagigur, une expérience unique en son genre, probablement même unique au monde. Et en fait, il y une autre raison qui nous pousse à rester prudents sur la  réservation de ces deux sorties, au delà de notre timing: en checkant ma boîte mail, je constate que notre loueur de voiture Blue Car Rental nous a envoyé un mail, pas forcément annonciateur de bonnes nouvelles:

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C’est en effet une tempête qui s’annonce sur toute la partie Sud-Ouest de l’Islande, avec des vents allant jusqu’à 35m/s soit environ… 130km/h! On comprend un peu mieux la présence de ce fort vent durant toute la journée, qui était peut être une répercussion de cette tempête qui débarque. Mais au delà de ça, c’est surtout la journée de demain qui s’annonce pour le moins compliquée! Après moult palabres, c’est la partie extrême Sud qui remporte le suffrage, en partant en tout début de matinée nous profiterons peut être d’une période un peu plus calme, et aurons pourquoi pas l’opportunité de découvrir une partie de la péninsule de Reykjanes. Il y a aussi la possibilité de découvrir des galeries d’art ainsi que plusieurs musées, qui seront une voie de secours en cas de fortes intempéries. C’est donc dans le doute et fatigués que nous nous couchons, pour le moment le temps arrive à se tenir, croisons les doigts pour que cela dure au maximum!

Mercredi 12.08: Eyrarbakki, des trombes d’eau, et du vent!

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