– Lundi 28 janvier 2013 –
Après cette journée au combien riche en événements, d’un commun accord nous avions décidé de ne pas mettre de réveil ce matin, afin de pouvoir se reposer quelque peu. Peine perdue, nos deux charmants compagnons d’hier soir reviennent à la charge de plus belle ce matin, et font un boucan d’enfer. Ajoutez à cela une température déjà très élevée, et vous obtenez une tente qui devient rapidement une cocotte minute, rendant veine toute tentative de « grasse matinée ». Il est donc 6H30 lorsque nous pointons le bout de notre nez hors de la tente, ce matin nous allons tourner quelque peu au ralenti, cela semble évident. Qui plus est, nous ne sommes pas attendus très loin pour notre prochaine étape, ce sera une matinée « zen ».
Nous prenons notre petit-déjeuner, quand nous apercevons non loin de là nos deux invités surprises de la nuit, en train de nous épier. Pas rancuniers pour autant, nous tentons de les faire s’approcher, en tendant un ou deux morceaux de pain. Nous essuyons un revère de leur part, aussi nous nous mettons en quête de la douche. Et si vous vous posiez la question en lisant le début d’article hier « Vont-ils avoir de l’eau chaude? », et bien la réponse est… non! En faisant le tour, nous constatons qu’il y a bien un réchaud à bois prévu à cet effet, sauf que… nous n’avons plus de bois! Allez hop, tant pis, il fait déjà très chaud, allons-y gaiement! C’est durant notre douche que nos deux espions tentent une approche du campement, sauf que la douche étant ce qu’elle est, nous les apercevons très bien au travers des morceaux de bois. Il semble évident que ces deux ânes ont très soif, aussi la scène qui suivra est quelque peu surréaliste. Atelier brossage de dents pour certains, tandis que d’autres s’abreuvent autant qu’ils peuvent au lavabo! Après réflexion, ce camping au confort sommaire reste tout de même très agréable, si l’on est bien prévenus à l’avance de son organisation. Les éléments auxquels nous avons dû faire face hier soir ne concernent en rien Aabadi Camp, du coup le côté très sympa de cette rencontre avec les ânes ce matin donne une touche fort amusante à l’endroit.
Aabadi Camp, la douche et son point d’eau
Rencontre du troisième type?
Nous quittons le camp à 9H45, sous une haie d’honneur de nos nouveaux amis qui entament un dernier chant d’honneur. La route se passe comme d’habitude sans soucis, et nous arrivons au White Lady Lodge autour de midi. Nous resterons seulement une nuit à cet endroit, en camping. Là encore, nous avons droit à un comité d’accueil plus que personnalisé, puisque ce ne sont pas les maîtres des lieux qui nous accueillent, mais… un jeune suricate! Abandonné, il fût recueilli ici même, et semble en pleine forme. Le lodge est vraiment très joli, là encore nous ne sommes pas beaucoup à séjourner en cette période de l’année. A priori, nous ne serons que deux à passer une nuit en camping, pour une capacité de… 25 emplacements, minimum! Ce petit détail aura son importance, vous le verrez par la suite. Nous déjeunons à l’ombre d’un arbre, il fait au bas mot 40° au soleil, autant dire que nous faisons attention aux coups de chaleur! S’ensuit une petite sieste salvatrice, et un petit tour par la piscine du lodge. Pendant que certaines font des ronds dans l’eau, je m’adonne à une activité au combien plus méritante et aventurière, je tente de dompter le fauve qui rode dans les parages. Surnommée Bunny, la bête joue son numéro pour tenter de troubler ma vigilance, mais étant habitué aux bêtes féroces je finis par amadouer le Suricate. Et si vous voulez savoir comment, et bien de simples grattouilles derrières l’oreille suffisent! Non non, Bunny n’est pas un chien, mais bien un Suricate! Notre nouveau compagnon est très communicatif, et cherche vraiment notre contact, ce qui n’est pas fait pour me déplaire!
Peu après 15H, nous nous décidons à nous mettre en route vers le site de la White Lady, lieu hautement symbolique en Namibie. Il s’agit d’une peinture rupestre très célèbre, représentant une scène de chasse, avec un personnage vêtu de blanc. Le nom de White Lady vient du fait que pendant bien longtemps les spécialistes pensaient que ce personnage en blanc était une femme, et malgré des précisions apportées qui démontraient le contraire, le nom de White Lady est resté dans le langage courant. Cette représentation date de plus de 2.000 ans, et reste dans un état de conservation excellent. Le site touristique est en effet géré par la communauté du Damaraland, qui s’occupe d’accompagner les voyageurs sur site, et de préserver l’endroit. Il faut environ 45 min de marche pour accéder à la peinture, marche qui se fait bien souvent en plein soleil. Ayant effectués l’excursion l’après-midi, nous vous recommandons vivement de préférer le matin, la température est semble-t-il beaucoup plus acceptable. Pour vous donner une indication, pour effectuer les 1H30 de marche Aller & Retour, nous allons boire environ 1.5L d’eau chacun! Après ce réel effort et la satisfaction d’avoir pu découvrir cette très belle représentation, nous retournons au lodge, pour profiter encore un peu de la douceur de la piscine.
Peinture de la White Lady
Etourneau de Burchell
Calao à bec jaune
Malheureusement le vent en décide autrement, en effet dans cette région très sablonneuse les bourrasques en fin d’après-midi sont quasi quotidiennes, renseignements pris auprès des locaux. Qu’à cela ne tienne, nous profitons du bar pour nous rafraîchir, et patienter un peu en attendant que la situation se décante. Vers 18H, le vent n’est pas forcément moins fort, mais avec les aléas connus d’hier, nous préférons aller nous installer et choisir notre campement. Renseignements pris à la réception, un emplacement en particulier semble plus à l’abri du vent, le n°6. Souvenez-vous, pas moins de 25 emplacements de camping, 2 clients… Et bien en arrivant sur le fameux n°6, quelle magnifique surprise: une tente, des serviettes, etc… Pas de bol quand même hein! Après un petit tour dans le camping, nous trouvons un semblant de calme, derrière un arbre. Nous profitons d’une petite accalmie pour aller prendre une douche, là encore cette dernière est à moitié à l’air libre, avec vue magnifique…
Depuis la douche
Jolie vue n’est-ce pas?!
Les bourrasques reprennent de plus belle vers 19H, nous contraignant à laisser le matériel de camping dans la voiture, et à prendre un repas frugal à l’intérieur de la cabine. Tant pis, pas d’atelier cuisine pour ce soir, le temps ne le permet vraiment pas. Nous montons nous coucher relativement tôt, et tentons de nous endormir malgré le vent, toujours présent en début de nuit. Nous espérons également que nous ne recevrons pas de visite durant la nuit, la réception nous avertit que le campsite est situé sur le lit d’une rivière fréquentée par des éléphants. Attention donc à ne rien laisser traîner dehors! Nous qui étions si impatients de pouvoir en rencontrer, nous voilà presque à la situation inverse, paradoxale non?! Demain le réveil sonnera tôt, nous avons une longue étape pour rejoindre la côte Atlantique, et la station balnéaire de Swakopmund, très prisée des touristes allemands.








