Mercredi 12 août 2015
La maisonnée se réveille un peu dans l’expectative ce matin, à la recherche de signaux qui pourraient indiquer que la météo nous épargnera quelque peu pour cette nouvelle journée de notre séjour en Islande. Une nouvelle vérification sur le site de la météo islandaise viendra doucher nos minces espoirs, nous allons devoir faire avec! Nous profitons donc d’un timing beaucoup plus light pour préparer nos affaires, et vider tous les éléments qui ne nous serons plus utiles pour notre vie courante, nous ne dormirons plus en cottage. Comme cela se fait couramment, nous laissons les denrées pouvant être gardées sur une longue durée disponibles dans le cottage, et qui pourraient être réutilisées par d’autres voyageurs. Nous quittons le cottage sur les coups de 10H, et faisons route vers le Sud, où nous pourrons peut-être profiter de quelques petites éclaircies. Ajoutons à cela que l’option du Sud n’est pas totalement dénuée d’intérêt, non non nous ne sommes pas fous et ne cherchons pas à nous jeter dans la gueule du loup, puisqu’en cas de très forte intempérie, nous pourrons nous rabattre sur quelques visites en intérieur. Mais pour le moment, nous sommes sur la route, et le temps arrive à se maintenir, nous pouvons même faire quelques photos!
Mais je dois t’avertir cher lecteur, que ce seront hélas les quasi seules photos pour la journée! Non non, ne pense pas que je suis devenu radin depuis le dernier article, tout simplement que quelques dizaines de minutes après être repartis sur la route, le déluge est arrivé. Et il a duré… duré… duré, encore et encore! Ce que nous redoutions est donc bel et bien en train d’arriver, vent violent, pluie intense, bref, c’est la totale! Notre route nous porte jusqu’à la petite ville de Stokkseyri, qui se situe le long de la côte. La petite ville abrite quelques galeries d’art ainsi que deux musées qui pourraient faire office de visites pour la journée. Mais à vrai dire, nous sommes plus intéressés par les galeries, qui peuvent toujours être la source de bonnes surprises. Problème, ils sont fermés en ce mercredi matin! Impossible de visiter les galeries, à notre grand regret! Nous nous rabattons sur le musée du fantôme, faisons le tour de la petite zone faisant office de boutique, mais aucun de nous n’a vraiment envie de s’embarquer dans cette aventure à l’issue douteuse. Finalement nous revenons sur notre décision, la fin de matinée étant toute proche, nous nous mettons en route vers la ville de Eyrarbakki, qui fût autrefois un port de pêche important en Islande, mais qui doit aujourd’hui sa notoriété à un fameux restaurant de fruits de mer. La ville étant situé à seulement 3 kilomètres de Stokkseyri, nous arrivons les premiers dans ce fameux restaurant, à la façade rouge et situé juste à côté de l’église, le Rauda Husid. Et pour le coup, ce restaurant va tout bonnement nous faire oublier le temps d’un repas qu’au dehors la tempête gronde, nous allons passer un excellent moment! Pour vous donner une indication, dans nos pays, en général, lorsque l’on commande des tagliatelles aux langoustines, on se retrouve la plupart du temps avec 5 ou 6 langoustines qui se battent en duel, noyées dans un océan de sauce et de pâtes. Et bien là, vous me croirez ou non, mais le plat que nous pensions donner à Léon est en fait une assiette qui déborde de tout! Cuisinées avec soin, les langoustines sont fines et savoureuses, et le plaisir ne finit jamais tellement il y en a dans l’assiette. Je dois avouer qu’après mon plat de queues de langoustines, je me suis jeté ni vu ni connu sur cette assiette laissée par Léon, encore aux 3/4 pleine, malgré le fait qu’il ait très bien mangé. Et je ne vous en dit pas plus sur les desserts, qui réservent là encore de très bonnes surprises. Vous comprendrez donc que c’est à l’unanimité que ce restaurant vient se loger en haut du classement des meilleurs restaurants que nous avons pu découvrir en Islande, tant nous nous sommes régalés. Poissons du jours, langoustines, tagliatelles, ou encore filet d’agneau, aucune fausse note, tout était cuisiné avec soin, et dans le respect du produit. Si vous passez par là, faites-vous ce petit plaisir, vous ne serez pas déçus.
L’autre point très agréable de ce repas fût l’ambiance, plutôt calme, mais avec un couple de retraités islandais, parfaitement habillés comme si c’était un dimanche de messe, et qui se régalait lui aussi de bons plats. Nous avions bien remarqué que Madame jettait des coups d’oeil réguliers vers Léon tout au long du repas, et semblait tombée sous le charme de ses bouclettes. Et bien cela n’a pas manqué! Il n’aura fallut qu’un seul petit regard, un petit coucou de la main, et cette dernière n’a pu se retenir de venir à sa rencontre. D’abord quelque peu timide, Léon a ensuite été adorable avec cette dame, qui semblait réellement amoureuse des enfants. Un superbe moment, simple et placé sous le signe de la bonne humeur, que nous avons apprécié au moins autant qu’elle. Car c’est vrai qu’au final, nous n’aurons eu que très peu de contacts spontanés avec des islandais, hormis dans le cadre de relations clients/professionnels. C’est en tout cas une très bonne incitation à les multiplier!
Passé cet excellent repas, nous sommes retournés dans la ville Stokkseyri, il nous fallait encore passer un peu le temps, avant de pouvoir envisager de nous rendre à notre point de chute du soir. J’avais lu dans le Lonely Planet une bonne review sur le musée de la chasse, qui présentait une impressionnante collection d’animaux empaillés et armes de chasse, et tenu par un passionné de cette activité. Je préfère vous dire que tous autant que nous sommes, nous ne sommes définitivement pas des fans de la chasse, et que le moment que nous avons passé la-bas à donné suite à une discussion sur le sujet, mais force est de reconnaître que l’endroit est agencé d’excellente manière, et que deux, il ne s’agit pas simplement d’une personne qui assouvit sa soif de sang ou mort, c’est une activité qu’il pratique depuis de très nombreuses années, un peu partout dans le monde. Bien entendu, on se sent forcément mal à l’aise face à un lion empaillé ou un koudou, nous qui nous sommes rendus quelques années auparavant dans ce qui est leur paradis, mais vraiment, ce musée n’est pas à jeter complètement du simple fait de son contenu, on ne peut que respecter un homme qui partage sa passion, et le fait même plutôt bien. Il nous a beaucoup renseigné sur la présence d’ours polaires, qui a notre grand étonnement parviennent parfois sur les côtes islandaises à la suite d’une longue dérive depuis le Groenland. Affamés, et dans des états déplorables, la plupart de ces magnifiques animaux sont voués à disparaitre une fois arrivés sur les côtes islandaises, tant leur santé c’est dégradée durant leur traversée. Le musée fait donc écho à un problème mondial que nous connaissons bien, mais pour lequel nous n’agissons au final que très peu. Bref, malgré nos réticences plus ou moins fortes, nous avons tous convenus que ce musée était bien présenté, et méritait que l’on y jette un coup d’oeil, lorsque les conditions météos ne permettent pas de promenade dans la nature.
Lorsque nous sortons du musée, vous vous doutez bien que le temps ne s’est miraculeusement pas amélioré, et que je n’ai pas pris le soin de faire des photos (en espérant donc que cet article ne soit pas trop indigeste!). Nous nous mettons en route directement vers notre point de chute pour la nuit, qui est l’un des hôtels les plus beau d’Islande, à savoir l’hôtel Ion. Doté d’une structure au design unique en son genre, et implanté dans un écrin de verdure à flanc de montagne, cet hôtel dispose de vraiment beaucoup d’atouts pour séduire les amateurs du genre. Ce dernier est situé aux abords du lac Pingvallavatn, qui est lui même situé dans le Parc National de Pingvellir. La route que nous empruntons pour y aller est vraiment très belle malgré le temps et les énormes flaques d’eau, nous qui avons pris la F360 par l’Est. Nous avons simplement parfois l’impression de rouler au beau milieu de nulle part, et d’être relativement bien paumés, lorsque finalement nous apercevons notre destination. La première impression qui se dégage de cette vue est un peu mitigée je dois l’avouer, malgré l’architecture effectivement très belle, il n’était fait mention sur aucune photo de l’hôtel de la présence d’une usine géothermique à quelques pas seulement, qui plus est une usine au design plutôt banal, là ou nous étions habitué à beaucoup mieux depuis le début. Mais après tout, il faut admettre qu’une fois installés dans notre chambre (avec vue sur l’usine pour Nath, Léon & moi, sic), l’hôtel est vraiment très beau. Il y a une « piscine » (comprenez un endroit avec 75cm de profondeur avec de l’eau chaude naturelle) situé en dessous de la structure. Nous n’avons pas résisté à l’envie de faire trempette, malgré les trombes d’eau qui s’abattaient sur l’Islande.Ce qui me donne l’occasion de vous faire partager la dernière photo de cette journée, une véritable oeuvre d’art, qui témoigne de toute l’application que l’Hôtel Ion a dans le respect de la vie traditionnelle des islandais, puisqu’il fournit des chaussons aux dimensions des gens de l’époque. Lorsque l’on fait 1m63 comme Nath ça passe, mais lorsque l’on fait 1m83 comme moi, voilà le résultat:
Il s’agit bien entendu d’une plaisanterie, et juste d’une petite erreur de la part des femmes de chambre, qui aura tout de même eut le mérite de bien nous faire rire, comme des éternels enfants. Le bar est lui aussi de toute beauté, et offre une superbe vue sur la petite vallée dans laquelle est installé l’hôtel. Quelques peu dérangés par un groupe de jeunes touristes qui s’occupaient tant bien que mal du fait du temps, nous sommes allés nous enquérir sans trop d’illusion sur la faisabilité d’une sortie snorkeling dans la fosse de Silfra, et avons compris au regard incrédule de la réceptionniste que toute activité quelqu’elle soit était tombée à l’eau… Bon, ça commence à faire beaucoup là, on nous empêche de voir des baleines, puis d’enfiler nos combinaisons de plongée pour admirer Silfra, c’est quoi le problème?! Ils vont pas nous annuler la sortie dans la chambre magmatique demain après-midi j’espère?! Le soir, l’éloignement de l’hôtel avec toute civilisation nous « oblige » à dîner au restaurant, ce qui ne s’avèrera pas si difficile que cela puisque le repas fût très bon. Soupe du jour pour Nathalie, frites pour Léon, filet de truite, et langoustines de mon côté (oui oui, c’est bien une journée langoustine pour moi). Heureusement que nous sommes bien installés et que les repas que nous avons pris étaient excellents, sinon nous aurions vraiment déchanté aujourd’hui! C’est donc un peu déçus par le déroulement global de la journée et des conditions climatiques que nous allons nous coucher, en priant pour que tout ceci s’améliore le lendemain, et nous permette de profiter de notre dernière journée entière en Islande, avant de devoir repartir le vendredi.
