Après ces dernières 48H au combien intenses, il nous fallait bien une journée un peu plus calme pour nous remettre de nos émotions. C’est donc en toute tranquillité que nous nous levons autour de 6H30, pour aller profiter d’un bon petit déjeuner à Sea Breeze House. Oeufs préparés minute, jus de fruit frais, bacon, fruits, la totale! Et même pas peur, on se ressert pour bien démarrer la journée! Il faut dire que même si le programme de la journée est un peu plus light, nous sommes tout de même attendus du côté de Walvis Bay pour une sortie en mer, afin d’aller à la découverte d’animaux pas encore observés jusqu’à présent. Walvis Bay a bien changé depuis notre dernière venue, à tel point que nous avons du mal à retrouver notre point de rendez-vous avec Levo Tours, l’activité portuaire semble être devenue énorme! Plateformes pétrolières, super tankers, nous sommes quelque peu abasourdis par la fourmilière qui s’active devant nous, mais cela n’en reste pas moins impressionnant à regarder. L’objectif de notre sortie est de pouvoir aller observer les colonies de phoques à fourrure, sans passer par Cape Cross dont nous ne gardions pas un super souvenir, et ensuite aller observer également des dauphins.


J’avoue que de but en blanc, dans cette zone portuaire à l’activité intense, énorme même, je suis un peu septique, notre bateau est tout petit au milieu de tous ces grands navires, qui sont soit en réparation, soit viennent décharger leurs cargaisons. Mais soit, allons-y, grimpons sur le bateau, et voyons comment les choses se passent! Notre guide du jour est à l’image de ce que l’on pourrait imaginer dans ces circonstances: large sourire, tongs et short obligatoires, ventre de bon vivant, barbe fourni… Comme un gros nounours, plein d’entrain! Nous larguons les amarres sur les coups de 8H45, et après seulement quelques minutes à manœuvrer pour sortir du port et s’éloigner des gros navires, la première grosse, très grosse surprise même, se laisse deviner à l’arrière du bateau. Un phoque à fourrure! Il semble au moins aussi intéressé par nous que nous le sommes pour lui. Il n’est qu’à quelques mètres, et notre guide nous avertit tout de suite, il va falloir lui faire de la place! On se regarde avec un air interrogateur, mais à peine avons-nous le temps de se demander ce qu’il se passe que le dit phoque grimpe directement à l’arrière du bateau. Les garçons explosent de rire, l’adrénaline est à son top niveau, nous les adultes nous demandons si nous ne sommes pas en train de rêver et si tout est ok. Pour notre guide ça l’est en tout cas, comme pour son nouvel invité! C’est par la force des choses que nous comprenons que ce phoque est habitué à grimper à l’arrière des navires de tourisme, la ficelle est même bien maitrisée. Notre commandant de bord sort alors un seau rempli de poissons, qu’il donne au fur et à mesure à notre invité de marque. Même si la bête reste un animal sauvage, il semble tout à fait disposé à ce qu’on puisse le toucher, ou en tout cas faire quelques photos en sa compagnie. Malgré l’appréhension, j’avoue que c’est tout de même très intéressant de voir cet animal de si proche, nous pouvons voir ses griffes situées sur ses nageoires, ses petites oreilles, ses moustaches, etc… On en profite tout de même pour en apprendre un peu plus sur cette espèce, qui est présente tout le long des côtes namibiennes, et dans des proportions absolument hallucinantes. Jugez plutôt: lorsque nous arrivons au niveau de Pelican Point, d’ou l’on peut voir plusieurs regroupements de phoques à fourrure, nous apprenons que d’ici à Cape Cross, ce sont pas moins de 300.000 phoques à fourrure qui vivent ici à l’année. Lorsque l’on élargit encore un peu plus, les colonies représentent environ 3 millions, oui 3 millions de têtes! C’est à peu près la taille de la population du pays! Les chiffres paraissent démesurés, et pourtant, lorsqu’on arrive près d’une colonie, on se rend compte qu’il y en a autant sur le sable que dans l’eau, cela fourmille de vie! Tellement qu’on ne sait même plus où donner de la tête! Enfin si, vers notre invité surprise, qui lui est tjs bien présent avec nous, et à même été rejoint par 2 puis 3 pélicans, qui ont bien compris comment ça fonctionnait sur le navire. C’est très très fun à voir, quoique quelque peu intimidant, mais les animaux ne sont là sur le bateau que pour avoir une récompense.




Pendant que l’on tourne autour des colonies de Pelican Point, nous pouvons aussi observer un bateau épave, laissé là avec son amarre, et voué à couler un jour. Le sort du suivant est déjà scellé, un voilier qui a été laissé là pendant x années par son propriétaire en attendant réparation, le capitaine est reparti dans son pays et est malheureusement décédé, laissant la bateau là, au gré des aléas du temps. La suite pour ce voilier? Son mât principale dépasse de l’eau, et on devine lorsque l’on passe à proximité l’épave à quelques mètres sous l’eau. Nous naviguons toujours avec d’immenses cargos autour de nous, dont un immense, gigantesque même qui semble se mettre en route. Sa prochaine destination nous reste inconnue à ce jour, mais forcément nous nous sommes prêtés aux jeux des pronostiques: Chine, Amérique du Sud, Europe? Communiquant avec des collègues eux aussi sur des bateaux, notre capitaine glane des informations sur la présence de dauphins sur la baie, que nous devons donc traverser pour aller les observer. La question est forcément posée de l’impact que cette activité humaine immense sur la vie aquatique, ce à quoi il nous est garanti qu’aucun étude n’avait prouvé un impact négatif. J’avoue que cela me laisse sceptique, les exemples sont malheureusement trop nombreux, il n’y a pas de raison que la Namibie fasse mieux que les autres. Les enjeux économiques sont énormes pour le pays, en effet la stabilité du gouvernement, ainsi que le bon développement des infrastructures a permis au pays d’attirer des armateurs du monde entier, qui viennent déverser pétrole et denrées vers tout le reste de l’Afrique Australe. Les dauphins et les phoques à fourrure ne représentent pas grand chose face aux défis du développement du pays, ils seront voués à migrer pour trouver d’autres eaux plus tranquilles. Il faut dire que les côtes namibiennes regorgent de poisson, et sont une source de nourriture pour les animaux et les hommes non négligeable. Arrivant à proximité de la côté opposée où nous étions, nous finissons par apercevoir des ailerons sortant de l’eau, les dauphins sont en ligne de mire. Il nous faudra un peu de temps pour essayer de compter, mais à priori il y en avait 7 ou 8, que nous avons pu apercevoir parfois de près, avec même un jeune spécimen. Notre capitaine veille toutefois à ne pas trop s’approcher des animaux, nous ne sommes en définitive pas très loin de la côte, et la houle se déverse avec force sur la plage. Les dauphins eux n’ont aucun problème à affronter le courant, mais pour nous, le moindre problème moteur nous emporterait en quelques instants sur la plage, et pas de la manière douce.
J’ai oublié de préciser qu’à ce moment-là, notre invité surprise était reparti, non sans mal! En fait les capitaines de navires touristiques se « refilent » les animaux en quelques sorte, puisqu’ils vont de bateau en bateau pour réclamer leurs poissons. Après avoir pu observer les dauphins, qui ont finis par aller plus au large de la baie, nous rentrons tranquillement à proximité du port, nous nous mettons au mouillage devant deux navires militaires de la marine namibienne. Encore un point d’intérêt pour les garçons, ces vaisseaux sont toujours très impressionnants à regarder. Une fois bien au calme dans notre mouillage, c’est l’heure de prendre un petit apéro bien mérité! Au menu des plateaux d’amuse-bouche salés, boissons softs ou vin pétillant, voir bière. Nous discutons encore un peu avec notre capitaine, sur les enjeux économiques et sur le boom qu’a connu Walvis Bay ces dernières années grâce à son activité portuaire. C’est une facette peu connue de ce pays, qui reste tout à fait intéressante, et permet aussi au pays de se développer continuellement. Nous posons pied à terre en toute fin de matinée, et rentrons directement au guesthouse pour aller finir les restes de pizza de la veille.




Après ce repas gastronomique, nous nous mettons en route vers le supermarché le plus proche afin de pouvoir faire un bon ravitaillement en vue des prochains jours, demain nous reprenons en effet la route en direction de Sesriem, pour reprendre un cycle de nuits en campings, et quitter à nouveau la ville. Une fois que nous avons fait le plein en frais, en denrées sèches, et en boisson, nous allons nous garer dans le centre ville de Swakopmund, afin de nous consacrer quelques heures à déambuler en ville, et faire un peu de lèche vitrine. Les magasins ici en Namibie ont des horaires quelque peu différentes des horaires habituelles, et ouvrent relativement tôt, pour fermer autour de 17 à 18H. Il nous faut faire également un peu de change afin d’anticiper nos besoins sur la seconde partie du voyage, en effet aujourd’hui marque la moitié de notre périple, déjà! Pendant que je suis à la banque, je laisse les garçons avec Nathalie dans une librairie située juste à côté (Swakopmunder Buchhandlung pour les intéressés), qui a l’air de proposer de jolis ouvrages. C’est confirmé lorsque je les retrouve, l’endroit sent définitivement bon, avec son aspect un peu rétro, et proposant des ouvrages anciens comme récents, pour petits et grands, et dans plusieurs langues différentes. Une caverne d’Ali Baba, en quelque sorte! Il nous est difficile de faire un choix tellement les possibilités sont nombreuses, mais chacun repart avec un livre à découvrir, lire, explorer, colorier, etc… Nous arpentons ensuite les ruelles piétonnes où se situent quelques échoppes, et trouvons des souvenirs à emporter pour nous et pour nos proches, avec toujours l’impératif de ne pas être trop gros pour ne pas surcharger nos valises. Je trouve quand même le moyen de trouver lune adresse de vente de spiritueux, et donc de faire le plein de bouteilles de gins, que je souhaite ajouter à ma sélection à la maison. Ce sera une bouteille par valise, en toute légalité 🙂 Lorsque nous rentrons vers le guesthouse, nous en profitons pour faire une halte sur la plage, et pour réserver au Wurstbude dont l’ambiance semble très sympa pour dîner ce soir. L’endroit propose une belle aire de jeux pour les enfants, une jolie déco intérieure comme extérieure, et une carte simple mais qui plaira à tous. Le temps ensuite de rentrer et de se changer, les soirées peuvent être un peu fraîches en bord de mer, ce serait bête de chopper la crève n’est-ce pas?
Nous nous installons au Wurstbude autour de 19H30, et commandons des pitas ainsi que quelques portions de frites. Les garçons filent directement à l’aire de jeux, qui est déjà bien remplie d’enfants. Un moment dont nous profitons pour prendre un apéritif tous les deux avec Nathalie, et faire un premier « bilan » à mi-course, de notre voyage. Difficile de faire ressortir telle activité ou tel endroit sur ces 12 premiers jours, difficile aussi de réaliser tout ce que nous avons pu voir, admirer, toucher, goûter, humer, vivre en émotions. Même si les éléphants du désert ou l’activité d’hier avec le Little Big 5 sont encore actifs dans nos têtes, nous en nous attendions pas à un début de voyage si riche et si intense pour nous. Nous sommes tous les deux d’accord pour dire que les garçons se sont très bien adaptés aux conditions de voyage, et semblent eux aussi profiter à fond de ce voyage. Notre repas finit par être servi à notre table, signifiant de facto l’arrivée de notre petite clique pour manger, et la fin de ce moment à deux. Les portions sont énormes, les pitas sont excellents et frais, nous nous régalons! Et puis, alors que j’ai probablement un morceau d’avocat coincé entre les dents, nous voyons débarquer les deux couples de canadiens que nous avions rencontrés à Mowani, nous nous reconnaissons tout de suite. Les retrouvailles sont chaleureuses et très joviales, nous leur proposons de les retrouver à la fin du repas, pour partager un apéritif et profiter de cette belle soirée. De leur côté les enfants sont au diapason, Léon c’est fait un copain en lui parlant en anglais, Matisse et Jacob jouent avec d’autres enfants, sans même se soucier de la barrière de la langue. Les enfants quoi! Pleins de ressources, pleins de volontés, ils se fondent dans leur environnement avec une facilité déconcertante, c’est très plaisant et rassurant à voir, que même à l’autre bout du monde, ils parviennent à faire leur petit nid, et à profiter de leur autonomie. De notre côté nous retrouvons nos amis canadiens, et partageons avec eux des récites de voyages, des anecdotes, autour d’une bonne bière. Eux sont sur un tour du monde qui les a emmenés au Malawi pour aller voir leurs enfants, ils sont désormais en Namibie avant d’aller visiter l’Afrique du Sud, puis ensuite aller passer 1 à 2 mois en Inde, avant d’aller passer un peu de temps en Europe. Nous apprécions cette compagnie tout à fait spontanée et joviale, c’est aussi dans ces moments-là, un peu en dehors de tout, sur des heureux hasards, que nous vivons de bons moments d’échanges. Mais le temps défile vite, et la fatigue gagne tout le monde, nous finissons par nous dire au revoir, en se souhaitant le meilleur pour la suite de nos aventures respectives. C’est sur les coups de 23H00 que nous mettons les garçons au lit, pour ensuite aller ranger et empaqueter nos valises, en vue du grand départ de demain. Et que dire de demain… Nous avons une longue route à faire, mais c’est pour la meilleure cause possible, puisque nous allons retrouver un endroit qui nous avaient laissés rêveurs en 2013, nous allons en effet retrouver les dunes du désert du Namib, du côté de Sesriem, et l’un des endroits qui nous avait le plus marqué à l’époque, Sossusvlei. Le voyage prend définitivement un angle nouveau, pour se focaliser un peu plus sur les paysages, après avoir mis l’accent sur les animaux. Mais rassurez-vous, des animaux nous en verrons en plein, des nouveaux, des déjà observés, des gros, des petits, des de toutes les couleurs. Mais avant cela, place au désert du Namib… Rendez-vous demain matin 😉







