C’est encore un peu embués par les émotions vécues la veille que nous nous réveillons très tôt ce matin, il faut dire que nous sommes attendus à 5H45 dans le hall d’accueil d’Okonjima pour retrouver notre guide de la veille, pour faire découvrir la fondation Africat aux garçons, son fonctionnement et ses objectifs, et pouvoir également observés un autre grand félin bien connu de la Namibie, à savoir le guépard. Mais avant de pouvoir parler de quoique ce soit, nous avons 2 questions qui nous sautent à l’esprit dès le réveil: Notre guide sera-t’il en forme, après avoir probablement galéré une partie de la soirée/nuit à sortir son véhicule ensablé, et surtout, arrivons-nous à retrouver le chemin menant jusqu’à l’accueil pour le retrouver, sachant qu’il fait encore nuit noire.
L’avantage de se lever si tôt, c’est de pouvoir admirer un ciel étoilé de toute beauté, il faut dire qu’avec le coup de stress de la veille nous n’avons pas forcément pris le temps de l’observer comme il se doit. On se prépare rapidement avec Nathalie ainsi que le petit déjeuner, beaucoup plus frugal que la veille il faut l’admettre, tartines de pâte à tartiner expédiées en 2 minutes, réchaud à gaz installé pour le café, on essaye de ne pas perdre trop de temps. Nous réveillons les enfants et leurs disons de s’installer dans la voiture pour finir la nuit, le temps pour nous de remballer les tentes et le matériel de camping. On a beau se dire qu’on s’en sort pas trop mal dans notre organisation, l’heure de quitter le campement arrive à vitesse grand V, il ne fallait pas louper le réveil. Nous levons le camp dans le bon timing, mais nous allons très vite avoir la réponse à l’une de nos deux question, à savoir qu’on se trompe allègrement dans la route pour rejoindre le point de rendez-vous, et on finit par chance par tomber sur le logement d’un autre guide, qui sortait de là au bon moment, et nous remettra sur de bons rails, et n’avoir finalement que 5-10min de retard. Le guide lui est bien là, en pleine forme, souriant comme jamais! Il s’en est finalement sorti quelques instants plus tard après que nous soyons partis hier, et a réussi à sortir le véhicule par lui-même. Je me demande encore comment il a pu faire, mais c’est une vraie prouesse à nos yeux, nous on imaginait le 4×4 laissé là toute la nuit pour être récupéré le lendemain, il faut croire que ce n’était absolument pas envisagé de son côté. Avec donc quelques minutes de retard nous décollons du point d’accueil, et nous mettons en route vers la fondation Africat. Avant d’aller découvrir les locaux dans lesquels sont soignés les animaux, nous roulons sur les terres du lodge en direction d’un vaste enclos, que nous longeons avant de nous positionner devant l’entrée. Une fois le sas franchi, nous ne tardons pas à apercevoir, à la lueur du soleil qui se lève, 5, puis 6 silhouettes se dessiner dans la végétation, et c’est là encore un moment ou le silence se fait sur nos sièges, malgré l’enthousiasme presque palpable que l’on ressent chez les garçons. Un groupe de 6 guépards se rapproche de nous, en toute tranquillité, presque comme si nous n’existions pas.



Et pourtant, aux sons des « wow » de Jacob, « Schau mal Mama » de Léon, difficile de passer inaperçu! Certes, nous sommes dans un enclos, un endroit fermé et donc limitant les mouvements des animaux, c’est un paramètre que l’on ne peut ignorer en faisant cette visite, mais se retrouver si proche d’un tel animal, pouvoir l’observer communiquer avec ses semblables, relève d’un privilège immense. Ces animaux seraient probablement livrés à leur triste sort s’ils n’étaient pas soignés et entretenus par la fondation Africat, il faut donc relativiser les conditions dans lesquelles les animaux sont maintenus, qui semblent tout à fait adaptées. Les guépards vont et viennent autour de notre véhicule, Matisse semble absorbé par le spectacle qui se déroule à quelques mètres de lui. Pas besoin de jumelle ici, nous pourrions presque entendre leur souffle tellement ils semblent proches. On ne peut se remettre de ce genre de rencontre, qui force le respect. Tout le monde y va de sa petite photo, essaye d’immortaliser cet instant précieux, afin d’agrémenter nos souvenirs une fois revenus de voyage. Le soleil offre des rais de lumière tout à fait splendides en se levant, se mêlant si bien avec la terre ocre et la végétation verdoyante. Nous sommes à l’intérieur d’une toile d’artiste, observateurs privilégiés des félins parmi les plus beaux que la Terre compte. Pas de démonstration de vitesse malheureusement, ce qui laisse tout même la possibilité à Léon d’imaginer qu’il pourrait faire la course avec eux, et pourquoi pas gagner… On sait jamais, vous savez, un malentendu… Lui qui est un sportif dans l’âme, refusant la défaite et jouant la gagne à chaque départ, le fait d’observer l’animal terrestre le plus rapide du monde est une opportunité unique. Le Guinness Book version grandeur nature, imaginez un peu! Au lieu de course, nous observons des papouilles, des moments ou les animaux sont très proches entre eux, ce qui les rend irrésistibles. Toutefois, il faut se faire une raison et les laisser seuls poursuivre leur petite routine quotidienne, la découverte de la fondation Africat n’est pas encore terminée.
Nous sortons donc de l’enclos, afin de rejoindre ce qui était le premier centre de la fondation, aménagé aujourd’hui en salle de musée, dans laquelle vous pouvez retrouver une bonne partie de la faune environnante naturalisée, mais aussi des squelettes et peaux d’animaux, qui viennent agrémenter les explications sur tous les projets qui ont été menés jusque là, les adaptations faites au fil du temps pour répondre au mieux au respect de la vie sauvage, et optimiser les soins prodigués aux félins recueillis à Okonjima. La visite a le mérite d’être très intéressante, mais les enfants semblent fatigués par ce réveil matinal, et commencent à être moins concentrés. Nous tentons de traduire les paroles de notre guide, mais nous sentons bien que leurs esprits ne sont pas tout à fait concentrés là-dessus, normal vous me direz. La visite s’écrème donc pour ne laisser que l’essentiel, et se termine je pense un peu plus tôt que ce qui est normalement prévu, afin de pouvoir passer à autre chose. Nous retournons à l’accueil du lodge pour prendre un dernier café, faire un petit tour à la boutique, puis décidons de reprendre la route. Au final, à notre étonnement, il n’est vraiment pas tard, autour de 9H30, c’est plutôt une bonne chose, il y a un peu de route à avaler afin de rejoindre notre prochaine étape. Ce temps passé à Okonjima aura été à la fois gourmand et optimisé à souhait, mais aussi passé trop rapidement. Difficile de réaliser pleinement qu’en l’espace de 24H nous ayons pu vivre tant de belles émotions. Nous quittons néanmoins Okonjima le sourire aux lèvres, comme nous l’espérions cette « mise en bouche » sur tout ce qui est au devant de nous a tenu ses promesses.

Sur la route nous faisons un peu d’essence et un léger ravitaillement pour manger des sandwichs sur la route, nous sortons notre attirail pour occuper les enfants. Chacun a pu prendre dans son sac à dos des effets perso pour pouvoir jouer, mais nous avions aussi prévu le coup pour pouvoir les occuper durant les longs trajets qu’il faut obligatoirement faire pour parcourir la Namibie telle que nous l’avons imaginés. Jacob sort son carnet de dessin, il passera un temps fou à dessiner des animaux durant tout le voyage, nous surprenant plus d’une fois sur la qualité de son coup de crayon, et sa dextérité à dessiner en voiture, parfois dans des conditions pas évidentes. Et puis bien entendu le calme prend le pas bon an mal an, la fatigue rattrape plus ou moins tout le monde, le sommeil gagne la banquette arrière. C’est aussi une bonne chose pour nous, on pas pouvoir rouler sans s’arrêter, enfiler un maximum de kilomètres avant de devoir s’arrêter pour le repas du midi. Au fil des kilomètres la circulation devient de moins en moins dense, on sait que sous peu nous ne croiserons même carrément plus grand monde du tout. Que les animaux seront omniprésents, prenant la place des hommes. Mais en attendant d’en arriver là, il n’en reste pas moins une route assez laborieuse et monotone, il faut se l’avouer. Nous croisons quelques véhicules équipés de tente sur le toit, des touristes donc, ce qui nous fait dire que cette route, il est préférable de la faire dans ce sens, en début de voyage, car effectuée en fin de voyage, ce serait complètement déprimant!
Nous effectuons notre pause repas sur une aire de pic nic à environ 75km d’Etosha et de notre point de chute, Onguma, situé juste avant l’entrée du parc. Nous parvenons à trouver un coin d’ombre, pas encore habitués à la température extérieure et à ce soleil de plomb, pour expédier le repas le plus rapidement possible. Il nous tarde d’arriver tout de même! Le panneau indiquant l’approche d’Etosha et plus précisément Onguma fait son apparition, salvateur. Et cette fois ça y est, nous quittons le bitume pour de bon, pour rejoindre la piste menant à notre campsite! Et quoi de mieux pour se mettre dans l’ambiance, à l’approche d’Etosha, que d’être accueillis comme des rois par des girafes?! Vous me direz, nous en avons déjà eu à Okonjima, c’est vrai! Mais là, il n’y a pas de barrière, les girafes sont juste devant nous, sur le bord de la piste, à traverser comme dans un film! L’effet est et restera le même à chaque fois: ralentissement, extinction du moteur, béatitude totale, sourires aux lèvres. On avait pas demandé cette option en réservant, ce personnel d’accueil est tout à fait charmant!

Nous arrivons à Onguma vers 14H30, et s’il y a bien une chose que les enfants repèrent directement, avant même d’être garés, c’est la piscine! Et oui, surprise les garçons, on va pouvoir se détendre un peu! Nous effectuons les formalités d’arrivée, et allons nous installer avec Luffy sur l’emplacement qui nous est réservé. Bien ombragé, équipé d’un espace privé pour la douche, les WC, et la vaisselle, l’emplacement est très beau! C’est vraiment une bonne surprise pour nous, il n’y a rien à redire! La piscine est à 50m à tout casser, le temps de déballer les maillots, sortir chaises et table, et le tour est joué, tout le monde en sandales avec la serviette sous le bras! Située dans un bel écrin de verdure, il y a quelques transats autour, plus ou moins occupés par d’autres touristes. Forcément, quand on débarque avec notre petite clique, on ne passe pas inaperçus, l’euphorie est presque palpable chez les enfants, que nous tentons tant bien que mal de calmer pour ne pas trop mettre le boxon. Mais vous le voyez venir, c’est mission impossible, et cela peut se comprendre, ils viennent de s’enchaîner un bon bout de trajet, il est temps de se défouler un peu! Onguma propose des drive au départ du camp, nous avions noté cette possibilité dans notre carnet de voyage, mais nous préférons laisser les enfants à la piscine, pour ne pas trop charger la journée.

L’après-midi se passe donc entre la piscine, le bar de la piscine, et notre campement, que nous installons sans difficulté. Ce coup-ci, pas de surprise, on sera bien là avant la tombée de la nuit, alors on sort le grand jeu! Apéro + braai! Nous passons un très bon moment à jouer aux cartes, l’ambiance est vraiment bonne, détendue. Les oiseaux chantent autour de nous, et n’hésitent pas à s’approcher de nous pour glaner quelques miettes, pour le plaisir de tous. Torses nus, les garçons s’éclatent autour des quelques flammes qui crépitent sur le braai, c’est très plaisant de les regarder être soudés entre eux et s’éclater simplement. Il n’y a pas plus de 72H de cela, ils étaient de vrais petits citadins, avec un rythme de vie bien rodé et organisé, et les voilà maintenant premier adjoint cuisson de saucisse, assistant en chef brochette, et responsable du service de l’apéro. Bref, ils sont heureux, et ça, c’est très réconfortant 🙂


La fatigue nous gagne gentiment mais sûrement, chacun rejoint sa tente selon le deal passés entre le garçons, je les préviens tout de même qu’il ne faudra pas trop veiller ce soir, demain il est hors de question de ne pas être à l’ouverture du Parc. Eux ne se doutent de rien, il ne savent rien de ce qu’Etosha leur réserve. Nous, nous en avons déjà eu un bel aperçu, et on sait que le meilleur reste à venir… Vivement demain!





