Dimanche 27.01: Direction Twyfelfontein

– Dimanche 27 Janvier 2013 –

Voilà une semaine que nous sommes arrivés en Namibie, et pour ne pas déroger aux bonnes habitudes prises jusqu’à présent, notre réveil sonne à 5H00 du matin, en prévision d’un morning drive sur les terres du lodge. Après un bon petit-déjeuner, nous montons en voiture à 6H30, notre guide ne sera ni plus ni moins que le propriétaire du Palmwag Lodge. L’occasion est donc trop belle, nous allons pouvoir en savoir plus sur l’environnement si spécial que nous avons pu apercevoir hier en arrivant.

En effet, le lodge propose diverses sorties sur la concession de Palmwag, en collaboration avec le programme Save The Rhino Trust, qui oeuvre pour la sauvegarde des rhinocéros du désert. L’on apprend en chemin que sur cette concession pas moins de 150 rhinos sont répertoriés, et que cette population au combien fragile tend à se développer. Les efforts réalisés par ce programme, en collaboration avec le lodge, semblent donc porter leurs fruits, et nous avons bon espoir d’observer des scènes animalières marquantes. Car en plus de cette population de rhinos, une autre espèce très appréciée par les amateurs de safaris est présente sur les terres de la concession, espèce que nous n’avons pas encore pu observer et dont nous avons choisi délibérément de taire le nom. Ce drive représente l’une des dernières opportunité de pouvoir en observer, sans quoi il nous manquera un invité de marque dans notre album souvenir… Mais bon, présent ou pas, ce drive s’annonce aux petits-oignons, et nous avons hâte d’y être. Rien de tel pour une passer une belle journée n’est-ce pas?!

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Nous faisons donc route sur la concession, en nous enfonçant dans les terres. Si au début la route est relativement correcte,  le paysage qui nous paraissait irréel le devient tout à coup beaucoup plus, nous sommes chahutés de droite à gauche et inversement, et nos fessiers sont mis à bonne épreuve. Pourtant, nous ne roulons pas à plus de 30km/h, c’est dire! En route nous croisons nos premiers zèbres du désert, tout comme quelques oryx, chacals, springboks, autruches, et même quelques girafes. Si au départ les populations d’animaux sont relativement modestes, au fur et à mesure la taille des troupeaux augmente considérablement, et au final nous pouvons apercevoir des troupeaux de plus de 200 individus. Notre guide nous explique qu’en cette période de sécheresse, les animaux migrent vers l’ouest, à la recherche de points d’eau. Ce n’est donc plus une migration à laquelle nous assistons, mais belle et bien une procession, au beau milieu de cet univers minéral. Les mots ne sont pas suffisants pour pouvoir décrire les couleurs, les odeurs, et les images que nous gardons de ce moment, tant le paysage est grandiose. Dans ce territoire vallonné,  l’arrivée à un sommet est une promesse de pouvoir observer de nouveaux troupeaux, de nouveaux animaux, de nouveaux reliefs… Nous avions entendu beaucoup de bien sur ce drive, et bien nous pouvons désormais confirmer que cela vaut plus que jamais le détour. Même si nous n’avons pas pu observer de grosse bébête ni de rhino, cela ne nous a pas du tout manqué, tant le paysage est fantastique. Le must restera pour nous l’observation des springboks, en plein exercice de détournement de l’attention. Les voir prendre de la vitesse, et sauter tous ensembles pour à l’avenir pouvoir détourner l’attention des prédateurs et les surprendre, voilà un vrai spectacle!

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L’heure d’aller à la chasse pour ce chacal?

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« I’m a poor lonesome cow-boy… »

IMG_6064Une girafe est présente sur cette photo… la voyez-vous?

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Frères Springboks, en rang!

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Hop! Hop! Hop! S’entraîner à faire diversion, tout un programme

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Univers minéral, dans lequel la vie s’adapte à merveille

Après ce magnifique drive, nous reprenons la route, en direction de Twyfelfontein, lieu que nous atteignons vers 13H00. Entre-temps, nous ne pouvons nous empêcher de nous arrêter en route, le paysage est dans la continuité de ce que l’on a pu observer ce matin, grandiose. Par contre, il n’a plus rien à voir avec l’univers rouge que nous avons pu contempler, là nous pouvons observer les prémices du désert, avec le sable qui commence à se fondre dans le décor.  Twyfelfontein est très réputé pour ses peintures rupestres millénaires, on le remarque tout de suite à la fréquence des lodges, bien plus importante qu’auparavant. Ayant l’embarras du choix, c’est finalement le Aabadi Camp qui a raflé la mise. Le camp est des plus rustique, nous devrons nous passer d’électricité pour notre soirée. Etant arrivés de bonne heure, nous partons nous renseigner auprès du personnel, sur les diverses excursions possibles dans ce coin de Namibie. Outre la visite du site des peintures, on note plusieurs endroits présentant des intérêts divers, mais c’est au départ du Twyfelfontein Country Lodge que les sorties les plus intéressantes semblent se faire. Nous en profitons également pour nous renseigner sur Aabadi Camp, et nous allons finir par apprendre que nous sommes les seuls clients pour la nuit, ce qui ne nous surprend au final par trop. Plus surprenant, nous sommes les seuls clients pour cette semaine! Et encore plus surprenant, nous sommes les seuls clients sur le moi! Oui oui, vous avez bien lu, 2 clients sur un moi d’activité! Quand on vous parlait de basse saison, on ne mentait pas hein! Bref, le camping reste très acceptable, mais nous apporterons de plus amples détails un peu plus loin dans notre récit.

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En route, rencontre avec un Varan des Steppes d’Afrique

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Encore un changement de décor

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Le sable fait son apparition dans cet univers minéral

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Photo souvenir de la bombe

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Remake de « Out of Africa »?

Ne portant pas spécialement d’intérêt pour ces peintures, nous nous mettons en direction du Country Lodge, car au final, c’est bien à partir de cet endroit que nous pourrons tenter une dernière fois d’apercevoir ce fameux animal qui nous fait défaut jusqu’à présent. Après réservation, nous profitons de la piscine et d’une boisson rafraichissante, il fait environ 40° dehors, sans un brin de vent, ni un nuage. Heureusement, la piscine et le bar sont à l’ombre! En attendant de partir, nous faisons connaissance d’un couple suisse, accompagné d’un guide français vivant en Namibie, qui vont également effectuer cette visite, mais à bord de leur véhicule privé. Et oui, le fait d’être accompagné d’un guide assermenté offre certaines possibilités, non accessibles aux solitaires comme nous. Nous pouvons néanmoins sympathiser un peu avec le trio avant de partir, les chances d’observation sont selon le guide « très favorables »… 15H45, nous montons dans le véhicule du lodge, qui tient plus d’un ancien fourgon de transport de troupes que d’un 4×4. Vitesse maximale… 30km/h! Mais à la différence du véhicule de ce matin, pas par nécessité, non  non, là on ne peut aller plus vite! Et malgré des roues et des suspensions hors-normes, notre fessier est mis à rude épreuve pour la seconde fois de la journée. A vrai dire, nous sommes tellement dans l’attente d’une rencontre avec l’animal que peu importe l’effort à fournir, nous fonçons! Nous avançons donc les cheveux au vent dans le lit de la rivière Huab, qui rejoint par la suite celui de la rivière Aba Huab. Pas trop de soucis à se faire concernant une improbable inondation, le guide nous informe que toute cette zone n’a pas vu d’eau depuis… 2ans! Rien que ça!

Au fur et à mesure de notre avancée, des traces commencent à apparaître, fraîches. Les cœurs commencent doucement mais surement à battre plus intensément, la tension grimpe clairement d’un cran. Après 2heures de trajet, alors que nous avons clairement atteint la limite qui nous oblige à prendre le chemin du retour, sans quoi nous rentrerons de nuit, les traces sont toujours plus présentes, nous avons la certitude que l’animal se trouve à quelques dizaines de mètres de nous. Alors que nous commençons à nous faire une raison, revoilà notre voiture avec le guide français à l’intérieur, qui nous indique la position de l’animal, qui se situe apparemment à 2 minutes de route d’ici. Le temps de le remercier de larges sourires, et nous voilà à scruter l’horizon, les yeux grands ouverts. Au bout du bout, après tant d’attente, de spéculations, de faux espoirs,  de gris-gris inutiles, le voilà devant nous, à quelques mètres… un ÉLÉPHANT! Et pas n’importe lequel mesdames et messieurs, car on ne fait pas les choses à moitié dans la famille, un ÉLÉPHANT du Désert, un beau mâle en pleine forme, en train de se nourrir. Pas le temps d’être soulagés, nous retenons notre respiration, ouvrons grands les yeux, et admirons cette force de la nature… la suite se passe de commentaire…

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C’est incroyable comme le temps peut sembler s’arrêter dans un moment comme celui-ci. Nous l’espérions depuis quelques jours déjà, et voilà qu’il nous faut réaliser tout de suite que ça y est, l’attente est terminée. Cela aurait presque un côté tragique! Et puis, au bout d’un moment, notre ami donne un premier signe de mise en garde, qui nous pousse sagement vers le chemin du retour. Bizarrement, ce chemin du retour, toujours aussi tortueux, sera beaucoup plus facile à appréhender, allez savoir pourquoi! Nous faisons une petite halte pour nous rafraîchir et admirer le couché du soleil, ce qui est pour nous un plutôt mauvais signe. En effet, il nous reste 20 bonnes minutes de route avant de rallier le lodge, sans compter la route  pour rejoindre Aabadi Camp, soit 30 bonnes minutes, aussi nous n’aurons donc plus beaucoup de temps pour monter notre tente, manger, se doucher, etc… Nous apprécions cependant comme il se doit cet instant magnifique, autant d’images qui s’imprègnent dans notre mémoire. Remontés en voiture, nous nous rappelons l’indication qui invite les voyageurs à ne pas rouler la nuit en Afrique, question de sécurité. Nous pensons que nous allons être tout juste dans les temps, mais un petit détour de 15min va venir tout changer. Comme tout bon mâle conduisant qui se respecte, et excès de confiance oblige,  je ne réalise que trop tard que j’ai tourné dans la mauvaise direction. Heureusement, pas beaucoup d’autres possibilités d’itinéraires, et nous faisons le chemin en sens inverse, déjà un peu plus stressés. Quand nous arrivons enfin au camping, il fait bien entendu nuit noire, si vous vous rappelez bien le début de cet article, vous savez qu’il n’y a pas d’électricité dans le camp. Tant pis, les frontales sont de sortie pour monter la tente. Mais un bonheur n’arrivant jamais seul, le zip principal fermant la tente fait des siennes, et à bout de patience, après moultes tentatives, nous craquons en même temps que le zip, qui finit par céder. Tant pis pour les frais à rembourser! Inutile de vous préciser que le menu du repas qui suivit est on ne peut plus gastronomique, avec les fameux petits pois carottes accompagnés de leurs saucisses, le tout cuit au feu presque de bois! Un grand moment! Il n’est pas forcément très tard quand nous allons nous coucher, peut-être 22H, mais nous ressentons tout le poids de cette journée dans notre corps et dans nos têtes.  Tout simplement mémorable! Le stress baissant, nous parvenons à nous endormir, avec comme berceuse le bruit… de deux ânes, qui braient gaiement pendant 45 minutes. Quand on vous le disait, que cette journée était mémorable! D’un commun accord, demain pas de réveil, nous n’avons pas beaucoup de route à faire pour rallier notre prochain étape, au White Lady Lodge, dans le massif du Brandberg. Déjà une semaine de passée!

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Alors que le soleil se couche…

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Et que les couleurs sont à chaque instant plus magnifiques…

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Certains font les petits malins…

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Mais arrivés au camp…

-‘Chérie, t’es où?’ -‘A côté de la voiture, tu me vois pas?

Retour: Samedi 26.01: Direction Palmwag

Suite: Lundi 28.01: Direction Brandberg