– Mardi 22 janvier –
Ce matin nous nous réveillons en même temps que le soleil, aux alentours de 6H. Nous profitons des premières lueurs pour prendre un petit-déjeuner en plein air, notre premier en Namibie. Seuls les chants des oiseaux viennent perturber la quiétude ambiante, et force est de constater que Nathalie et moi-même nous habituons très facilement à ce genre de situation. Après une rapide douche, nous voilà fin prêts à partir pour une ballade de 2H autour du lodge d’Okonjima.
Ce coup-ci, c’est Peter qui va mener la danse, et nous éclairer sur la vie des bushmens, ces habitués de la vie dans la brousse. La ballade est très agréable, et nous découvrons tour à tour l’habitat spécifique des bushmens quand ils chassent, comment faire du feu sans briquet, comment fabriquer des vêtements avec les fibres de certaines plantes, la flore locale pour se soigner et/ou se protéger des insectes, les différents rituels de chasse et les ustensiles qui vont avec. Bref, après deux heures de bonnes explications ou nous aurons tout même l’opportunité de contempler une femelle scorpion accompagnée de tous ses bébés, nous sommes presque certains que la vie dans le bush, ce n’est définitivement pas pour nous! Nous finirions probablement dévorés par des prédateurs ou morts de soif très rapidement, tant nos réflexes habituels ne sont d’aucune utilité dans ce genre d’environnement. Sur le chemin du retour nous pouvons observer quelques animaux magnifiques, certains sont plutôt faciles à débusquer, mais pour d’autres, seul l’œil aiguisé de Peter semble adapté. Nous aurions pu passer 100 fois à proximité d’une femelle caméléon sans même la remarquer, alors qu’il ne faut que quelques secondes à Peter pour la repérer, nous faire les présentations, et la remettre dans son habitat naturel. Les magnifiques koudous mâles que nous voyons ensuite sont de fait plus simple à repérer, et nous restons quelques instants à les observer, tant cet animal est impressionnant.
Nathalie se révèle bien plus perspicace et productive pour apprendre à tisser des fibres naturelles que moi!
Il est peu avant midi, Peter nous donne rendez-vous à 16H00 pour partir sur un tracking de léopard, qui nous l’espérons sera fructueux. Nous profitons de ce temps libre pour nous repaitre d’un bon repas, puis partons en direction de la piscine réservée aux campeurs pour nous détendre un peu. Nous ne sommes pas seuls à vouloir profiter de l’eau, une quantité invraisemblable de papillons et libellules virevolte autour du point d’eau. De splendides oiseaux sont également présents, et nous apprécions comme il se doit cette compagnie fort colorée!
Étourneau de Burchell
A 16H00 donc, Peter vient nous chercher à notre camp en 4×4 pour partir pour notre seconde activité de la journée, à savoir partir en quête d’un léopard sur les terres d’Okonjima. En chemin, Peter nous avertit toutefois que bien que la majeur partie des félins soient équipés de colliers émetteurs, nous ne sommes pas certains de pouvoir observer ce prédateur dans son milieu naturel, tant ce dernier arrive à se fondre dans son environnement. Passées également les recommandations d’usage pour ne pas trop susciter la curiosité de l’animal en cas de rencontre, nous préparons nos appareils et ouvrons grands nos yeux. Au fil de notre avancée, le signal d’un léopard se fait de plus en plus significatif, Et Peter nous met en garde sur un dernier point: ne jamais regarder un léopard ou des animaux dangereux directement dans les yeux, cela pourrait être interprété comme une défiance. Partisans de la cohabitation pacifique et de la paix des ménages, nous essayerons dans la mesure du possible de respecter ce point précis.
Nous cherchons maintenant depuis 10 bonnes minutes au milieu d’une végétation très dense, et malgré les signaux indiquant très clairement la présence d’un léopard à proximité, nous ne voyons strictement rien, Peter y compris. Finalement, à force de persévérance, nous parvenons enfin à localiser une tête de léopard au milieu de la végétation, avec deux yeux qui nous regardent attentivement. Le moteur coupé, plus aucun bruit perturbateur ne se fait entendre, et nous observons alors une jeune femelle léopard allongée. Nous devons être quelque peu gênants pour elle, puisque qu’après 2minutes d’observation, la bête se lève et commence à migrer vers un autre endroit. La végétation ne permet vraiment pas de faire d’excellentes photos, toutefois nous parvenons à en faire une ou deux dont le résultat est satisfaisant. La femelle se dirige alors dans le lit d’une petite rivière asséchée, et alors que nous la suivons à distance respectable, Peter nous explique que cette femelle n’est habituellement pas trop incommodée par la présence humaine. En effet, quelques mètres après, cette dernière s’allonge tranquillement sur le sable, à l’ombre d’un arbre, et nous pouvons mieux la contempler. S’en suit une situation quelque peu stressante pour nous: la femelle, jugeant qu’il était temps de partir et de s’acquitter de notre présence, se lève, et commence à marcher… droit sur nous! La démarche est calme, la tête baissée, le regard fixé sur la voiture. Le silence est tout d’un coup devenu un peu plus lourd, car voir un léopard passer à moins de 5 mètres de vous, le long de la voiture, avec le regard braqué sur vous, et bien c’est très… déstabilisant!
Une fois l’animal passé, nous bougeons légèrement le véhicule pour pouvoir l’observer s’éloigner tranquillement de nous.
Nous laissons cette magnifique femelle retourner à ces occupations premières, l’heure est plus propice pour elle pour s’adonner à une activité ou le léopard excelle: la chasse!En route nous rencontrons une famille écureuil en grande discussion, puis nous continuons notre route vers un lieu légèrement surélevé pour observer le soleil se coucher sur les terres d’Okonjima, un verre à la main. Nous rentrons à notre camp de base, cuisinons un repas simple, et partageons tous deux nos impressions sur ce moment magique. Une chose est certaine, nous allons nous endormir avec des images plein la tête, et nous partons nous coucher de bonne heure, car demain nous avons une longue étape pour rejoindre un haut lieu de l’observation animalière en Namibie, le Etosha National Park.
Vers: Direction Okonjima








