Lundi 10 août 2015
Pour ne pas changer nos bonnes habitudes, nous nous réveillons paisiblement en ce début de semaine. Pas trop tard tout de même, nous devons plier bagage afin de poursuivre notre route. Une rapide coup d’oeil au dehors ainsi que sur le site de la météo islandaise confirme une dernière fois la fin de nos espoirs concernant les baleines. C’est fou ça, quand on regarde la météo française, ils se plantent dans la majeur partie des cas (surtout quand on compte sur eux d’ailleurs!), et quand on espère que les météorologistes islandais en feront de même, et bien ils ont raison dans leurs prévisions, et nous garantissent de la flotte ou du vent, voire même les deux si on a de la chance… Je soupçonne un complot international dont Sophie Davant serait l’instigatrice, elle qui a délaissée la météo de France 2 pour rejoindre les plateaux de Vis ma vie pour faire diversion! Bref, fin de ma théorie du complot, nous grimpons dans la voiture, faisons un dernier au revoir à toute l’assemblée du cottage, qui nous fait une crinière d’honneur pour nous raccompagner. Direction Akureyri, deuxième ville la plus importante en Islande derrière Reykjavik, avec tenez vous bien, une population totale de…. roulements de tambours… 17.000 habitants! Les Islandais sont vraiment cash dans leur fonctionnement, on passe d’une ville de 200.000 habitants à 17.000 tout de suite après! Ce qui est plutôt marrant, c’est que je pourrais très bien comparer la taille de ces deux villes aux villes où j’ai passé la moitié de ma vie, à savoir Epernay (capitale du champagne et comptant au grand maximum 20.000 habitants, moutons non compris), et Reims (capitale des Rois de France, dont la taille est très semblable à celle de Reykjavik, toujours sans les moutons). Encore un signe qui me relie à l’Islande tout ça! En fait j’en vois partout où je peux, histoire de me dire qu’entre l’Islande et moi, c’est définitivement une belle histoire d’amour. Mais cessons ces digressions, la route qui nous mène à Akureyri touche à sa fin, nous nous garons aux abords de la cathédrale afin de prendre quelques clichés (peu réussis), et proche du centre ville.
Sur la route en Grenivik et Akureyri
Comme je le disais hier, Akureyri est une ville très propice à la flânerie et au lèche vitrine, même si cela ne prend pas excessivement longtemps pour en faire le tour. Petit passage par la boutique 66Th North qui fait du destockage des collections précédentes, avec achats en conséquence vous vous en doutez, je crois que je deviens doucement mais sûrement fan de cette marque, qui vend des produits de très très bonne qualité. Je fais des envieux chaque hiver avec ma chapka, que je possède depuis notre premier séjour en 2010 avec Nath. Et ils peuvent l’être, je ne m’en séparerais pour rien au monde! Bref, après une ballade dans ces petites artères où l’on pourra admirer de très jolies bâtisses, nous nous mettons en quête d’un restaurant. Et vous savez quoi, c’est déjà difficile de choisir lorsque l’on est 4, mais ça l’est encore plus lorsque l’on a le choix, nous qui nous étions très bien habitués au fait de devoir se laisser aller dans les petites et uniques adresses des endroits que nous visitions. au final nous optons pour le restaurant Bautinn, qui ne nous laissera pas de souvenir impérissable. Loin d’être mauvais, mais loin d’être exceptionnel non plus, il a le mérite de proposer un joli buffet de crudités, et d’avoir une pièce spéciale pour les enfants avec quelques jeux. C’est aussi le premier restaurant, et le seul d’ailleurs, ou l’on verra de la baleine au menu. Je n’ai absolument rien contre ceux qui ont décidé ou décideront d’en manger, ce n’est tout simplement pas mon « kiffe », nous sommes toujours partants pour goûter des plats exotiques, mais là dans le cas présent, ce sera non.
Nous repartons en début d’après-midi en suivant le rythme de Léon, qui ne tarde pas à s’endormir. Il ne semble nullement impacté par le vent qui est devenu assez fort désormais, il faut dire qu’avec notre voiture il en faudrait quand même un peu plus pour la faire bouger. Nous avons donc opté pour l’option qui consistait par la remontée du Fjord d’Akureyri, en passant par Dalvik, qui longe la côte et devrait nous permettre d’admirer quelques beaux panoramas si le temps le permet. Nous avons le temps cet après-midi, n’ayant pas excessivement de route à effectuer jusqu’à notre prochaine étape, nous privilégions donc de passer par la route n°82 (qui deviendra 76 par la suite) plutôt que la n°1 qui coupe à travers les terres. Et bien vous savez quoi, cette option s’avèrera payante dans un sens, et pour pas mal de raisons. La première, ce sont bien entendu les panoramas, toujours plus sauvages et décousus, il n’y a désormais plus que quelques fermes esseulées dans ce coin reculé d’Islande, tout au plus quelques tous petits villages ou le temps semble s’être arrêté. Le temps devient de pire en pire, et finit logiquement par craquer lorsque nous sortons du fjord, pluie et vent se sont donnés rendez-vous pour nous accompagner. Mais preuve en est que cette première option vaut largement le coup, des photos qui traduisent bien qu’ici plus qu’ailleurs, Dame Nature est seule maîtresse des lieux.
Non, ceci n’est pas une pub pour Suzuki!
Deuxièmement, il est fort peu probablement que nous ayons de nouveau la chance de nous rapprocher encore plus du Cercle Polaire, qui se situe à peine à une centaine de kilomètres au Nord lorsque nous arrivons à la pointe du fjord. Je sais que cela n’a pas forcément beaucoup de valeur dit comme ça, mais cela laisse vraiment de la place à la rêverie. J’imagine que vous avez tous déjà pensé un jour, le fessier posé sur le sable d’une magnifique plage, à qui était votre voisin d’en face, de l’autre côté de la mer ou de l’océan? Et bien moi, il est fort probable qu’en regardant en face de moi, je n’avais tout simplement pas de voisin jusqu’au Pôle Nord, ou que si j’en avais un par chance, il y avait plus de probabilité que ce soit un ours blanc qu’un humain. Dit comme ça, ça a quand même un peu plus de gueule non?! Vous voyez, je vous le dis et le répète, il faut savoir profiter de tout lorsque l’on voyage, même des petits plaisirs!
Troisièmement, on va croiser de jolies hordes de chevaux islandais, avec beaucoup de petits, ce qui va nous donner l’occasion de faire connaissance avec eux, mais aussi de faire quelques clichés vous vous imaginez bien. Vraiment, je dois avouer que j’ai été très agréablement surpris par le comportement très sociable et curieux des chevaux islandais. J’ai toujours eu un peu peur de ces animaux bien plus gros que nous et qui donnent l’impression de lire dans nos regards, aussi les voir se rapprocher au plus près pour entrer en contact avec nous, en toute simplicité, s’avère être un très bon moment pour moi, et encore plus agréable pour le reste de notre petite troupe, y compris Léon.
Voilà qui est à peu près tout concernant les points positifs que nous avons pu relever lors de ce trajet haut en couleur. Mais comme je vous en parlais dans le précédent article, cette journée n’était pas si anodine que cela, puisque nous avons eu droit à plusieurs anecdotes de voyage, rageante pour l’une, angoissante pour la seconde, et enfin inclassable pour la troisième. Concernant la première, en bon touriste lambda qui se respecte, qui plus est masculin (testostérone oblige), j’ai roulé un peu au dessus (je dis bien un peu, je n’allais pas à une vitesse folle 😉 ) de la limitation de vitesse autorisée, me croyant « safe ». Ce que je ne savais pas, c’est que les Islandais ont eu la très bonne idée (et ce n’est pas une blague, je suis sérieux), d’installer des radars infra-rouge à l’intérieur même des tunnels, afin d’éviter tout accident qui pourrait vite devenir dramatique. Je n’ai à ce jours toujours pas reçu le montant de l’amende ni la photo qui va avec, mais pour m’être renseigné après coup, cette dernière sera quelque peu piquante, et je ne pourrais pas l’éviter comme c’est parfois le cas lorsque l’on voyage à l’étranger. Cela m’apprendra d’une à ne pas rouler à la vitesse maximale autorisée, et deux à ne pas m’être renseigné suffisamment AVANT d’en arriver là. Rageant, c’est le mot. Et pas de quoi être fier! La seconde, plus angoissante qu’autre chose, c’est la traversée de ce qui sera le tunnel le plus WTF du monde: mêmes conditions que décrites dans un précédent article, à une différence près, et notable: celui-ci était relativement long, et sur une seule voie! Autant dire que là il n’y a pas de testostérone qui tienne, j’ai roulé au pas avec la tête dans le pare-brise en essayant d’apercevoir une éventuelle voiture, et en priant pour cela se finisse rapidement. Dans les cas d’un tunnel de ce type, pas beaucoup de solution: on se rabat sur les aires de dégagement qui sont disséminées tous les 200m il me semble, soit on fait marche arrière. Je vous mets ci-après le lien menant vers une vidéo qui donne un bon rendu de ce qu’est la traversée d’un tel tunnel:
Cette vidéo ne montre pas le tunnel dont nous parlons dans le cas présent, qui est lui situé entre Olafsfjordur et Siglufjordur, toutefois les conditions météo étaient à peu de chose près les mêmes: angoissantes! C’est simple, le seul qui n’a pas bougé d’un cil durant la traversée, c’est Léon, qui dormait… Pour le reste, c’était un peu tendu dans la voiture, limite ambiance film d’horreur!
Mais vous savez quoi, ce n’est même pas l’anecdote la plus mémorable de cette journée, puisqu’une dernière va nous arriver, et celle-ci est pour le coup totalement inclassable. Je serais curieux de savoir si l’un d’entre vous aurait déjà vécu la même situation, et quelle aura été sa réaction. Jugez plutôt: Nous sommes donc sur la n°76, qui descend désormais pour rejoindre la route n°1, et nous permettra de rouler jusqu’à notre destination du soir. Sauf que nous devons absolument faire de l’essence, demain nous aurons pas mal de route à effectuer et il est presque certain que nous ne trouverons pas de station essence demain. Cela nous ferait donc gagner un temps précieux, d’autant que finalement nous n’en avons pas tant que cela pour la fin du trajet. Bref, nous devons faire de l’essence! Nous nous arrêtons dans la petite bourgade de Hofsos, sous un temps pluvieux et peu accueillant. Cette dernière est vraiment toute petite, mais cela ne nous empêche pas de devoir chercher pour trouver l’unique pompe à essence sur place. Je stoppe la voiture, prépare la carte, pendant que Nathalie descend elle aussi de l’habitacle pour aller prendre Léon et le faire marcher un peu dans la petite échoppe attenante et pour le changer. Sauf qu’au moment ou elle ouvre la porte, j’arrive avec le pistolet et le baisse vers le réservoir qui est du même côté, et je ne sais comment ni par quel miracle, sans appuyer, la pompe se met en marche, et asperge Nathalie d’au minimum 3-4 litres de sans plomb, le temps que je réagisse et enfourne ce dernier dans le réservoir. Regard d’incompréhension totale entre nous, j’ai encore en mémoire le visage de Nath qui se tourne pour me regarder, les vêtements et les chaussures complètement trempés par l’essence qui vient de jaillir. Lorsqu’il nous arrive d’en parler, je me sens encore obligé d’attester que je n’ai pas appuyé du tout sur la gâchette du pistolet (preuve en est le compteur de la borne n’a pas démarré), tellement la situation a été déroutante, et après réflexion, aurait même pu être dangereuse. Le personnel de la petite échoppe nous a lui aussi regardé de manière totalement désabusée par ce qui venait de se passer, n’y comprenant strictement rien à comment cela avait pu se produire. A 5 secondes près, c’est Nathalie ET Léon qui se prenaient tout ça, peut-être même en pleine figure. Aujourd’hui nous le prenons à la rigolade et vraiment comme une anecdote de voyage, mais sur le coup, dans ce petit village du bout du monde, sous la pluie, et dans cette minuscule station essence, vraiment c’était très spécial comme sensation! Bilan de tout cela, nous avons nettoyé les vêtements une première fois le soir même, puis en rentrant. A l’heure ou je rédige cet article (1mois après) les vêtements sont encore sur notre terrasse à prendre l’air pour tenter de faire partir l’odeur de l’essence, cela fait plus de 3 semaines qu’ils y sont. C’est comme si aucun de nous deux n’avait envie d’y retoucher, bizarrement!
Encore sous le coup de l’émotion, nous avons repris notre route, pour faire une petite halte dans un Glaumbær, situé à quelques kilomètres de Varmahlid, le Byggdasafn Skarfirdinga Glaumbær pour être exact (il m’a fallut 2min pour le retranscrire). L’endroit est aussi intéressant à visiter que son nom est difficile à prononcer. Il s’agit en fait de la reconstitution d’un habitat traditionnel islandais, avec les maisons en tourbe. La tourbe est une épaisse couche de terre qui venait couvrir les habitations, et protégeait ainsi les habitants des conditions climatiques difficiles. La reconstitution de cette habitation traditionnelle est vraiment des plus intéressante et bien présentée, nous passons donc un excellent moment, même pour Léon qui se plait à déambuler entre les objets, sous notre surveillance bien entendu. L’endroit étant particulièrement sombre du fait des sources lumineuses peu présentes, les photos si après peuvent avoir parfois un peu de bruit, je m’en excuse par avance, j’ai été obligé de monter dans les ISO pour ne pas utiliser le flash!
Le grenier, avec le métier à tisser
Rangements dans la salle du repas
Parce qu’il fallait bien s’occuper les longues journées d’hiver
Détail
Planche en bois venant border le lit et ainsi éviter de perdre de la chaleur
Non seulement cette visite aura eu le mérite de nous faire découvrir une toute petite partie de la vie du peuple islandais au cours des siècles et de manière forte intéressante, mais en plus nous avons pu profiter d’une légère éclaircie en sortant pour nous dégourdir les jambes afin de nous remettre de nos émotions.
Vraiment très légère éclaircie!
Mais nous sommes des durs à cuir!
Nous reprenons une dernière fois la route en direction de notre cottage pour la nuit, et profitons de la présence exceptionnelle de moutons au bord de la route pour enfin les prendre en photo. Attendez, vous ne pensiez pas tout de même qu’en Islande, il y avait des moutons partout et tout le temps quand même?!
Pour cette nuit nous avons choisis de dormir dans un cottage qui à défaut d’être très moderne et en pleine ville, a le mérite d’être parfaitement situé pour nous mettre en route demain de bonne heure. Qui plus est, l’endroit est vraiment charmant, Stekkjardalur est une très jolie maison jouxtant la ferme et la maison des propriétaires, et proposant tout le confort nécessaire. Rustique peut-être, mais confortable et fonctionnel, avec machine à laver et sèche-linge, parfait pour laver les vêtements imbibés d’essence de Nathalie et les laisser sécher. De surcroît, la maitresse de maison nous réserve un accueil très chaleureux et spontané, nous sommes sous le charme de l’endroit. Situé au beau milieu de nulle part, sur les bords d’un lac, Stekkjardalur est en effet situé non loin du début de la mythique route F35, inaccessible une bonne partie de l’année, et qui traverse l’Islande de Nord en Sud par l’intérieur des terres. Le soir nous prenons un bon repas composé de fusili au pesto (pesto acheté dans une petite boutique de Seydisfjordur, fait maison: un régal), Léon s’en met plein la bouille, avant d’aller se coucher sous le coup de la fatigue, ce qui nous permet de revenir sur cette journée riche en rebondissements, mais aussi d’aborder la journée de demain, durant laquelle nous allons faire pas mal de route tout de même. Extinction des feux autour de 23H, dans un calme que nous, les citadins venus de France, n’en connaissons que très rarement, mais qui l’apprécions à sa juste valeur. Une très bonne nuit s’annonce!

























