En ce mercredi 5 février, et une fois n’est pas coutume, nous avons mis nos réveils sur nos téléphones, nous devons décoller de Mowani de bonne heure, pour rejoindre Charles pour un drive que nous espérons riche en émotions. La beauté de notre campement nous fait dire que nous serions bien restés un peu plus longtemps ici, que cet endroit mérite qu’on y reste un peu plus longtemps. Le fait d’avoir organisé un voyage plus long que d’habitude était réfléchi en ce sens, éviter ce sentiment d’aller trop vite, de ne pas prendre notre temps et manquer certaines choses. Vous verrez que nous n’avons pas éprouvés ce sentiment beaucoup de fois lors de notre périple, mais il faut aussi admettre que nous aurions pu rester sans problème plus longtemps à Mowani. Mais bon, c’est pour la bonne cause n’est-ce pas?! Vous avez déjà une idée de ce qui nous attend, je suis presque certain que vous vous dites déjà « mais vas-y bon sang, raconte-nous cette « journée de rêve! ».
Nous prenons notre petit déjeuner en profitant d’un début de journée splendide, le soleil donne là encore des couleurs de rêve au paysage, le café est toujours aussi bon dans ces conditions. Repli des tentes, qui je dois le dire se fait désormais de manière rapide, ordonnée, et naturelle, en 10-15min chrono, mais que je fais seul maintenant, sauf quand un des garçon souhait me donner un petit coup de main. La répartition des tâches c’est faite au final assez naturellement Nathalie s’occupant de préparer les garçons et de ranger le petit déjeuner pendant que je range les valises et les tentes. Franchement, il y a de quoi être fier, ça tourne cette affaire! Bref, nous levons le camp sur les coups de 7H45, et à la différence d’hier, nous prenons la bonne direction du premier coup! Nous sommes attendus par Charles sur les coups de 8H15, pour pouvoir décoller à 8H30. Arrivant sur place un peu en avance, nous profitons de ce moment pour faire connaissance avec lui, en attendant, nous serons en compagnie de 2 autres personnes dans le véhicule, ce qui est tout à fait exceptionnel pour nous. Charles, fondateur de Twyfelfontein Desert Elephant Safaris il y a quelques années, nous indique qu’il était guide dans de nombreux lodges situés dans cette zone géographique qu’il connait comme sa poche, puisqu’il est natif de la région. Ce sont indéniablement des signaux positifs à prendre en compte dans ce genre de situation. Guide, expérimenté, et natif de la région. Le véhicule de nos deux acolytes du jour apparaît au loin au moment il nous présente rapidement « sa première famille », nous découvrons son âge avec stupéfaction, nous lui aurions donné 10 ans de moins facilement! Je dis bien première famille puisqu’au moment ou un couple de touristes australiens nous rejoignent dans son véhicule, Charles nous présente sa seconde famille, qui nous fait tout de suite briller les yeux. Charles a en effet grandit dans cette région montagneuse et valonnée, où se sont établis des éléphants du désert. Il les connait tous, les a pratiquement tous vu naître et grandir, et leur a même donné leurs prénoms. Il parle des éléphants comme s’il parlait de ses enfants, avec beaucoup de retenue, de respect, et d’amour. C’est très beau à voir, il lève le voile sur le doute que nous avions sur la possibilité d’en voir ou non. Lui, cette seconde famille, il la voit tous les jours, il nous dit les avoir laissés hier à environ 25km de là, qu’ils avaient pu se déplacer un peu depuis, mais cela ne semble pas le perturber le moins du monde.

Le véhicule démarre à 8H45, pour emprunter une piste à peine visible à nos yeux de touristes, bien réelle pourtant, qui nous fait longer quelques cases, avant de rejoindre un lit de rivière. Ce lit de rivière, Nathalie et moi-même, nous le connaissons déjà. Nous y sommes déjà allés d’ailleurs, dans ce lit de rivière. Il s’agit de la rivière Aba Huab, où nous avions pu voir le seul éléphant de notre périple de 2013. Nous ne reconnaissons absolument pas l’endroit, nous ne sommes d’ailleurs pas sûrs d’être exactement au même endroit. La route sablonneuse n’affole pas du tout Charles, qui conduit comme un pro, le véhicule secoue un peu, mais c’est franchement très supportable. Le premier constat que nous faisons, c’est le nombre de débris d’arbres éparpillés un peu partout, environnement qui semble post apocalyptique. Confirmation faite par Charles, les pluies de début janvier ont été diluviennes, emportant des arbres parfois gigantesques et les disséminant tout au long de la rivière. Ce n’est même pas une mauvaise nouvelle selon lui, la région n’ayant pas vécu pareille situation depuis plusieurs années. L’eau bienfaitrice, même si elle peut se montrer tumultueuse, dévastatrice même, reste une bénédiction dans cette partie du monde. Nous apercevons au fil de notre avancée quelques babouins, quelques autruches aussi, et bien entendu… des springbocks! Allons allons, qui n’a pas suivi et s’attendait à lire éléphant?! Non non non, on ne voit pas des éléphants du désert de manière aussi évidente, petits coquins! Il faut aller les chercher eux! Les 3 précédemment cités par contre oui, ils sont partout, toujours 🙂 Allez, je vous pardonne pour cette fois, vous restez avec nous dans le véhicule.

Nous quittons quelques minutes le lit de la rivière pour prendre de la hauteur, Charles profite de cette localisation stratégique pour chercher des indices sur la direction à prendre pour retrouver sa 2nde famille. Son bureau, c’est la vue qu’il nous propose pendant que lui cherche sa direction. Nous sommes nous forcément jaloux, son bureau est fantastique, grandiose même, la vallée en contrebas avec les arbres immenses longeant le lit de la rivière, le panorama vallonnée, mêlant sable et roche, est tellement beau. Remontés dans le véhicule, nous dévalons la pente à un rythme sûr, notre guide/ père de famille / protecteur nous dit que d’ici quelques minutes, nous y serons. Qu’il ne faudra pas s’inquiéter, nous irons en douceur, sa famille le connaît, lui et son véhicule, tous seront en paix et calmes, mais qu’il faudra tout de même ne pas les brusquer. Ces animaux peuvent être dangereux, mortels même, voient et entendent tout, une contrariété pourrait faire basculer un moment de rêve en un moment bien plus délicat. Alors les chuchotements et les déplacements dans le véhicule seront limités, il faudra être respectueux envers ces Gentle Giants, comme il les appelle. Et c’est peu de temps après, effectivement, que le rêve prend forme, apparaît devant nous. Un premier éléphant apparaît non loin de nous, un beau mâle, petit nom Oscar, pas encore arrivé à pleine maturité, mais qui n’en est pas moins impressionnant. Comme on peut l’imaginer dans ces moments, l’excitation se mêle à la tension, les sourires se mêlent à l’émotion, le temps semble s’arrêter. Je suis tellement absorbé que je bafouille en voulant changer d’objectif, en voulant régler mon appareil photo, je fais presque tout à tâtons, absorbé par le spectacle. Les enfants sont eux aussi absorbés, voir même intimidés, nous en sommes qu’à quelques mètres de l’animal, qui nous présente se deux oreilles de face, signal pour Charles qu’il vaut mieux continuer notre chemin et le laisser seul, pour aller retrouver le reste de la troupe. Nous croisons quelques instants un autre véhicule avec un guide, un échange de check, un sourire, ils ne sont pas loin c’est sûr.


Quelques centaines de mètres plus loin, la magie prend encore une autre dimension, ce sont deux jeunes que nous voyons! Agés de 5 et 10ans, ils sont accompagnés naturellement d’un adulte, mais nous ne le devinons que quelques instants plus tard, l’animal étant bien caché dans les arbres, et un peu hauteur. 3, puis 4, 5, 6, on arrête de compter. La famille de Charles est là, tout autour de nous. Magistrale, du gros mâle, « Governor », au jeune spécimen âgé de quelques mois seulement. Dingue, tout simplement dingue! C’est comme si nous faisions partie du décor, les animaux vivent leur vie et nous laissent être présent auprès d’eux, il est certain que nous ne les dérangeons pas. Ils sont paisibles, interagissent entre eux, se nourrissent, se jettent du sable sur le corps, daignant à peine nous adresser un regard. N’ayant pas mon bloc note avec moi, je dois compter sur les garçons pour retenir les prénoms et pouvoir les citer ici, sachant qu’il y aura forcément quelques pertes en route. Nous avons le luxe de pouvoir nous arrêter et observer telle ou telle situation, ou démarrer pour aller quelques mètres plus loin voir un autre membre du groupe, ou tout simplement changer de point de vue. Des conditions de rêve, il n’y a pas d’autre mot. L’heure n’importe plus, seul l’instant présent compte. Mêmes les garçons, qui pourraient logiquement se montrer impatients ou trop démonstratifs, restent émerveillés et intimidés à la fois par ce qu’ils voient. La fait de voir un bébé et plusieurs jeunes aide probablement, c’est tellement mignon de voir le plus jeune se cacher derrière une pâte de sa mère pour ne pas être vu. Parfois, le silence vaut plus que les mots. Des presque 200 photos prises lors de cet instant magique, je ne parviendrais à en effacer que quelques unes, ne parvenant pas à me résigner à choisir, et préférant tout garder comme un trésor. Et comme si ce drive n’avait pas été assez magique comme cela, nous finirons par en voir 3 d’entre eux complètement allongés, en train de dormir, toujours à quelques mètres de nous. Il n’y a finalement pas de superlatif assez fort pour exprimer nos sentiments et les émotions ressenties lors de ce drive, si ce n’est un sentiment de gratitude envers Charles de nous avoir fait découvrir sa maison, son bureau, son univers même, de façon si privilégiée. Sur le chemin du retour nous menant à notre véhicule, nous apercevrons encore quelques girafes, mais nos têtes et nos cœurs sont déjà si plein que nous ne cherchons même pas à demander de nous arrêter ou à faire de nouvelles photos. A vrai dire, nous sommes tous un peu lessivés par tout ça, le silence qui s’installe lorsque nous retrouvons Luffy est aussi un excellent témoin de cette merveilleuse matinée.








Avant de reprendre la route, sachant qu’il est déjà un peu plus de midi, nous préparons des sandwichs, que nous pourrons manger en roulant. Même si nous prochaine étape n’est pas très éloigné, nous ne souhaitons pas arriver trop tard sur place, là encore nous avons entendu de belles choses sur notre prochain campsite, Spitzkoppe. La route se fait dans le calme total, les enfants sombrant dans le sommeil après avoir mangé. La piste qui nous mène au campsite est toujours aussi belle, changeante, les montagnes cédant peu à peu place à des étendues plus sablonneuses. Avant d’arriver au campsite nous faisons quelques courses et le plein d’essence, après quelques jours à devoir faire un peu attention, nous retrouvons avec plaisir un choix un peu plus conséquent 🙂 Nous arrivons à Spitzkoppe sur les coups de 15H30, on nous indique que mis à part 2 emplacements ou il n’est pas possible de s’installer, tout le reste, c’est sur la base du premier arrivé, premier servi! Le camp est très vaste, et renommé pour sa magnifique arche, mais est aussi et surtout situé dans un endroit splendide! Nous avions lu que ce dernier était rudimentaire (effectivement, pas d’eau et pas de point de branchement sur les emplacements), mais cela est compensé par la beauté du site. Quelques gouttes tombent lorsque l’on arrive au niveau de l’arche, ainsi qu’un minibus de jeunes, on essaye de grimper sur les roches mais c’est clairement glissant, difficile de surveiller tout le monde, il faut avant tout veiller sur soit. Nous décidons très rapidement de faire demi-tour pour remonter en voiture, à la recherche de quelle place choisir. Et apprécier le paysage comme il se doit! Le campement est vraiment fantastique, on a du mal a voir les emplacements les uns entre les autres, nous sommes au milieu de cet univers rocheux, c’est de toute beauté.







Nous garons Luffy à flanc de colline, afin de pouvoir nous protéger du vent et au maximum de la pluie, nous paraissons très petits, cela en deviendrait presque intimidant! Une fois descendus du véhicule, nous faisons un petit tour à pied, histoire de découvrir un peu mieux les lieux. Le temps est assez déroutant, le soleil qui descend dans le ciel vient rougir la roche qui nous entoure, mais au dessus de nos têtes les couleurs oscillent entre le gris des nuages et le bleu du ciel, avec un air un peu plus frais. Voyant le soleil descendre rapidement, nous organisons un apéritif improvisé, en allant chercher une bouteille de soda et deux paquets de chips, pour ensuite grimper sur cet immense rocher qui nous entoure, les enfants sont aux anges et jouent aux aventuriers, pendant que nous nous installons. Le ciel reste quelque peu couvert, mais cela n’empêche pas de passer un excellent moment, nous immortalisons le coucher de soleil avec nos appareils, vraiment le jeu de couleurs en ce début de soirée donne des variations de couleurs allant du jaune au rouge sang. Sur le chemin du retour vers notre voiture-maison, les enfants devinent des silhouettes surplombant la voiture, et ne savent pas s’ils doivent être enthousiastes ou inquiets. Il faut dire qu’ils viennent d’apercevoir une nouvelle espèce que nous n’avions jusque là pas vus, à savoir des Dassies des Montagnes! La crainte semble plus ou moins réciproque, les bestioles restent à bonne distance de nous, mais sans forcément s’éclipser à toute vitesse, ne détalant que lorsque Jacob ou l’un de ces frères fonce sur eux. Au final tout le monde passe un bon moment à se toiser, essayant de deviner quelles sont les intentions du camp adverse. C’est sur ce moment un peu cocasse que toute notre petite clique monte dans les tentes, ce soir Léon & Matisse m’ont demandés de dormir avec eux dans la tente 3 places, ils veulent absolument faire quelques parties de Trio. Des souvenirs en plus qui se créent, assez moroses pour Matisse et moi, puisque Léon nous bat à plate couture. La nuit s’annonce très calme et douce, parfaite pour s’endormir avec des images d’éléphants plein la tête, chacun je pense revit sa journée et ses émotions comme il les a vécu, intenses et sans filtres. Demain nous quitterons les terres du Damaraland pour rejoindre la côte et plus particulièrement Swakopmund, où nous resterons 2 nuits, avec un programme qui s’annonce alléchant. Mais avant cela… WOW, quelle journée!!!


J11: Arrivée sur la côte Atlantique, bienvenue à Swakopmund!
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