Mardi 29.1: Direction Swakopmund

– Mardi 29 janvier 2013 –

Après cette nuit quelque peu venteuse, le réveil sonne pour nous à 6H30, en même temps que l’apparition des premiers rayons du soleil. Aujourd’hui, comme les jours précédents, la journée s’annonce visiblement magnifique, les couleurs sur les alentours du camp sont superbes,  nous apprécions notre petit-déjeuner comme il se doit. Nous quittons les lieux à 7H30, aujourd’hui nous allons enfiler quelques kilomètres pour rejoindre Swakopmund, située au bord de l’océan Atlantique.  Après avoir fait le plein d’essence, nous voila donc en route vers la côte. Nous pouvons constater une fois de plus que le paysage est totalement différent de ce que nous avions hier, la route que nous empruntons traverse une zone dénuée de presque tout végétation, aucun arbre n’a trouvé la force et les ressources nécessaires pour subsister. Seules des herbes rases parviennent à tirer leur épingle du jeu, encore que ces dernières deviennent au fur et à mesure de plus en plus rares. Cette route qui mène vers Henties Bay avant de rallier Swakopmund a aussi une autre particularité, sûrement liée au paysage: Aucun virage à signaler! Pour avoir fait les comptes, nous avons pu rouler près de 120 km, sans croiser une seule voiture, mais aussi aucun virage. Autant dire que le copilote s’avère important dans ces cas là, tout comme la musique, il faut redoubler de vigilance pour éviter de se faire piéger par la monotonie de la route.

L’autre solution, c’est bien entendu de faire une petite pause salvatrice, toujours l’occasion de prendre un peu l’air, de boire un coup, mais aussi de faire quelques photos! C’est que nous faisons au bout d’un moment, avant de repartir en pleine forme vers la côte. Avant de rejoindre Swakopmund, nous décidons de faire un détour par Cape Cross, lieu qui doit sa popularité à une colonie bien particulière…

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Toujours les mêmes qui font les clowns!

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Cette colonie est en effet une colonie d’otaries à fourrure, parmi les plus grandes du monde. Selon les estimations, et il n’est possible de faire que des estimations, on parle de 150.000 otaries ayant établis résidence à Cape Cross. Autant dire, un grand nombre! Les raisons sont simples, les côtes Namibiennes sont très poissonneuses, et sans grands prédateurs marins. Un endroit idéal pour vivre pour une otarie mais pas forcément idéale pour l’homme. Ces mêmes côtes sont par ailleurs parmi les plus craintes des marins. Les courants sont très forts, le temps changeant, et les échouages sont relativement fréquents. La moindre avarie moteur est ici synonyme d’échouage. Mais avant de parler bateaux, revenons-en à nos otaries si vous le voulez bien. Arrivés sur place, nous nous acquittons du droit d’entrée, dérisoire, et arrivons sur place quelques minutes plus tard. La colonie n’est en fait par très difficile à trouver, d’une la tâche noire sur la plage est évidemment immanquable, de deux le bruit d’une otarie est déjà bien particulier alors 150.000… , et de trois, et pas des moindres, 150.000 têtes, cela laisse forcément une certaine odeur! Et bien confirmation est faite, lorsque nous ouvrons la portière de la voiture, nous sommes submergés par une odeur plutôt forte. Mais cette odeur n’est qu’un aperçu, les derniers mètres avant d’arriver sur la colonie sont déjà plus difficiles. Il est bon de préciser que sur ces 150.000 têtes environs, d’autres estimations ont été réalisées, qui établissent à environ 10% le taux d’otaries mortes dans la colonie. Cela veut donc dire qu’au moment ou nous portons notre regard sur la colonie, environ 15.000 d’entre elles sont déjà mortes. Mais à vrai dire, il ne va pas nous être très difficile de pouvoir confirmer cette estimation. Souvenez-vous, nous sommes à une période de l’année ou les bébés animaux sont présents partout… C’est donc un spectacle tout à fait différent qui s’offre à nous, avec une nature qui se révèle impitoyable. On ne compte plus les bébés otaries abandonnés sur la plage, perdus au sein de la colonie, ou tout simplement déjà morts.

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Vue d’une petite partie de la colonie de Cape Cross

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D’un autre point de vue, toujours aussi impressionnant

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La réalité est cruelle: la vie au 1er plan, au 2nd la sélection naturelle

La sensation de malaise est de plus en plus forte chez moi, et je fais signe à Nathalie pour que nous retournions sagement à la voiture, pour effectuer les derniers kilomètres qui nous séparent de Swakopmund. Sur cette piste qui longe l’océan, nous longeons les marais salants namibiens, qui donnent de très belles couleurs au paysage. Nous nous arrêtons ensuite pour le second point qui rend cette partie de la côte très célèbre: les épaves. En effet, toute au long de la Skeleton Coast, il est possible de voir des épaves de navires échoués, suite à des avaries en mer et au fort courant le long de la côte. L’épave du Eduard Bolhen, échouée en 1909 est la plus célèbre d’entre elles, mais n’est pourtant pas située en bord de mer ni sur la plage, puisque avec l’avancée du désert, elle se situe désormais à plus de 400m dans les terres. L’histoire la plus invraisemblable de l’échouage du navire Dunedin Star en 1942 a même été à l’origine d’un livre au succès indéniable. Nous n’avons pas eu le temps de nous rendre sur le lieu de cette épave, mais avons tout de même pu nous arrêter sur le site de l’épave d’un bateau de pêche échoué en 2008.

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Après cette pause photographique, nous arrivons à Swakopmund, où nous allons séjourner pendant 2 nuits, à la Pension Prinzessin Hotel. Cette pension, se situe dans les murs dans un ancien hôpital de guerre, et doit être parmi les plus anciens bâtiments de la ville. Nathalie est fort amusée en découvrant la chambre, qui lui rappelle un temps pas si lointain de l’histoire allemande. Le temps semble s’être en effet arrêté dans cette pension, et nous pensons tout de suite au film Good Bye Lenin en voyant cette décoration. Parfaitement située, la pension est très calme, les chambres sont en bon état et spacieuses. Nous sommes très agréablement surpris par cet endroit, très accessible financièrement et pas dénué de charme, loin de là. Une fois installés, nous partons découvrir les rues commerçantes de Swakopmund, dans lesquelles nous nous arrêtons pour faire un peu de shopping. L’architecture de la ville est vraiment très particulière, avec de magnifiques maisons coloniales. A aucun moment l’on pourrait se croire en Namibie, qui plus est aux portes du désert! L’autre surprise vient sans doute de la langue allemande, que nous entendons dans la bouche de presque tout le monde. Nathalie en serait presque toute retournée, pour une fois qu’un site touristique n’est pas envahi par des cohortes de touristes français!

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« Good Bye Lennin?

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Après cette ballade en ville, nous allons bien entendu nous promener sur le bord de mer, histoire de nous rafraîchir quelque peu après tous ces kilomètres. La température est relativement fraîche, mais quel plaisir de tremper ses pieds durant ce voyage.  Nous restons environ une heure à barboter dans l’eau, en profitant des magnifiques rayons du soleil, qui commence à descendre à l’horizon.

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« Attention ma chérie, elle est fraîche! » … Trop tard!

Nous retournons nous changer à notre chambre, ce soir nous dînons en effet dans l’endroit qui semble être incontournable à Swakopmund, The Tug. Le restaurant est situé en bord de mer, à peine à 5min de notre hôtel, et fait figure de restaurant idéal pour passer un bon moment. D’ailleurs, il est nécessaire de réserver sa table, même en basse saison, c’est dire si l’endroit est fréquenté! C’est donc tout pimpants que nous arrivons au restaurant et nous installons. Il est à peine 19H, l’endroit est déjà bien rempli, et nous pouvons boire un apéritif en admirant le couché de soleil. Spécialiste des produits de la mer, j’ai déjà l’eau à la bouche en parcourant la carte, Nathalie est de son côté rassurée, elle qui n’aime pas au contraire trouve son bonheur avec une salade qui semble très appétissante. Le repas se déroule effectivement de la meilleure façon, nos plats sont vraiment très bons et frais. Alors que nous prenons notre dessert, nous constatons tous les deux que nous sommes un peu déboussolés par toute cette ambiance. Après 10 jours passés en comité très restreint, parfois complètement seuls, la musique et les gens qui parlent sont autant de facteurs qui nous mettent quelque peu mal à l’aise. Et oui, les citadins que nous sommes sont quelque peu déboussolés après ce début de voyage, en se retrouvant dans un endroit un peu guindé, qui l’eut cru?!

Nous repartons repus de ce très bon repas mais quelque peu pressés, pressés de retrouver le calme de notre chambre. En longeant la plage nous ne pouvons éviter de nous poser la question récurrente en regardant l’océan Atlantique: Qui sont les voisins d’en face?! Vérification faite, c’est bien le Brésil… Une idée pour notre prochain voyage? A méditer!En attendant, nous retrouvons le confort d’un bon lit, demain une fois n’est pas coutume nous pouvons nous accorder une grasse matinée, le planning étant alléchant sans être trop chargé.

Vers: Lundi 28.01: Direction Brandberg

Suite: Mercredi 30.01: Sandwich Harbour