– Mercredi 23 janvier 2013 –
Ce matin le réveil est bien matinal sur notre campement d’Okonjima, en effet nous avons une longue route aujourd’hui à effectuer, afin de rejoindre un endroit au combien célèbre de la Namibie, le Etosha National Park. Le petit déjeuner est donc avalé rapidement, et c’est donc encore sous l’effet de nos rencontres des jours précédents que nous prenons le volant pour 5H de route environ, avec aussi cette sensation bizarre que dans quelques heures nous allons pouvoir prendre part à un grand spectacle
A 7H30 tapantes nous sommes en route, et après un premier ravitaillement essence & nourriture à Tsumeb, nous arrivons à la porte d’entrée Est du parc à 12H30, la porte Von Lindenquist.
Une fois les formalités d’entrée remplies, nous effectuons les derniers kilomètres afin d’effectuer notre check-in au Natumoni NWR Camp, qui va être notre point de chute pour les deux nuits à venir. En effet, à Etosha, plusieurs « camps de base » sont disséminés à l’intérieur du parc, chacun disposant de terrains de campings, lodges, station essence, et autre petites facilités. Tout en effectuant notre check-in à la réception, nous ne manquons pas de visionner le cahier des voyageurs, dans lequel sont mentionnés les différents lieux & heures des animaux observés. Attention, quand je dis animaux observés, je parle des animaux un peu plus spécifiques que des springboks ou oryx, sinon nous ne décollerions pas de la lecture avant le lendemain. Ces cahiers sont très intéressants dans la mesure ou bien souvent les animaux restent autour du lieu mentionné pendant quelques heures, et qu’il est donc judicieux de les visionner si vous vous rendez à Etosha un jour. Chaque camp en propose un, n’hésitez donc pas à faire une halte pendant midi ou le soir, au cas ou!
Pour vous dire un mot sur le Etosha National Park, celui-ci a été créé au début du XXe siècle, avec à la base une superficie de plus de 90.000km². Aujourd’hui il ne fait plus qu’environ 22.000km², mais rassurez-vous, c’est amplement suffisant pour observer des animaux, et de toute façon à moins d’y séjourner plusieurs semaines vous ne pourrez pas tout visiter! Son nom est une référence au lac asséché qui se situe en son coeur, que l’on appelle ici le Pan. Durant la saison des pluies, une fine couche d’eau vient recouvrir une petite partie du Pan, ce qui est l’occasion de voir d’immenses colonies de flamands roses. Pour se promener dans le parc, on utilise son véhicule personnel, et des pistes ont été créées pour pouvoir se rendre dans différents endroits stratégiques. L’ensemble du parc n’est pas accessible aux visiteurs, afin de permettre aux animaux de trouver des environnements encore vierges, mais quand je parle de points stratégiques, je parle de points d’eau naturels ou bien créés artificiellement par l’homme. Ce sont bien souvent les meilleures opportunités pour l’observation d’animaux, et il est de bon ton de rester parfois quelques heures autour d’un point d’eau, afin de contempler les différentes espèces animales se relayer pour s’abreuver. Si durant les heures les plus chaudes, on observera majoritairement des variétés d’antilopes ou encore des girafes, c’est aux premières ou dernières lueurs du soleil que les animaux les plus rares se distinguent: éléphants, lions, rhinos, et peut être même avec de la chance un beau léopard.
C’est donc en connaissance de ce tableau de bord alléchant que nous nous remplissons l’estomac rapidement sous un arbre, avant de partir sur les pistes du parc. Lors de notre repas, nous réussissons à glaner une première info: un mâle lion est en train de se repaitre d’un koudou, à quelques kilomètres de là. L’info nous est transmise par un couple de guides français qui découvre pour la première fois la Namibie et donc Etosha, et l’enthousiasme qui se lit dans leur voix et leur regard en dit long sur le spectacle auquel ils viennent d’assister. Autant vous dire que nous enfilons le repas en 4ème vitesse, notre dessert attendra que nous soyons en voiture pour être pris!
Il est donc 14H quand nous quittons le camp de Namutoni, et découvrons le paysage du Etosha National Park pour la première fois. La végétation est différente de ce que nous avons pu observer à Okonjima, plus sèche, avec beaucoup plus de hautes herbes. C’est autour de 14H30 que nous arrivons aux environs du lieu mentionné par le guide, et c’est sans difficulté que nous localisons l’endroit en question: l’autre indice pour l’observation des animaux à Etosha, ce sont les voitures! En effet, si on voit une voiture arrêtée, c’est que bien souvent il y a quelque chose à observer. Nous sortons donc nos jumelles, et nous ne tardons pas à voir une belle silhouette se découper à environ 50m de nous. Nous n’étions pas certains de pouvoir observer un ou des lions lors de notre voyage de noces en Namibie, et après seulement 30 min de « recherches », nous sommes servis sur un plateau! Les photos sont quelques peu lointaines, mais on parvient tout de même à bien distinguer le fauve et sa proie, a priori une femelle koudou.
Le spectacle est donc au rendez-vous, et nous restons une bonne dizaine de minutes à observer la bête. Seul problème, si l’on peut appeler cela un problème, les lions mâles ne sont pas réputés pour leur énergie débordante, et cela vient se confirmer, notre chasseur s’allonge tranquillement, et il nous devient difficile de pouvoir l’observer. Après quelques hésitations, nous décidons de quitter les lieux pour aller découvrir quelques fameux points d’eau, après tout il y a très peu de chance que notre ami bouge cet après-midi, il ne pourra pas déplacer sa proie si facilement, et nous avons donc de bonnes opportunités de le retrouver un peu plus tard dans l’après-midi. Après tout, nous avons un challenge hyper important en cours, à savoir que le premier à parvenir à observer une girafe gagnera un repas de la part de l’autre. Pris au mot, je décide d’enfermer Nathalie dans le coffre, avec un sac sur la tête, afin de m’assurer d’être le grand gagnant de ce challenge, et de pouvoir m’assurer un bon repas ce soir… … … Bon ok, rien de cela n’est arrivé, même si je suis effectivement le grand gagnant du challenge, avec la découverte de nos premières girafes, un peu plus loin, en direction du point d’eau Chudop. Lorsque nous arrivons sur place, nous nous croyons dans un documentaire animalier sur Arte, nous pouvons en effet observer en même temps des girafes, des gnous, impalas, etc… De quoi couper le moteur un petit moment, et faire quelques photos!
En famille
En famille toujours, gnous
Duo d’impalas
Et en solo, marabout
Durant cette première séance photo, nous constatons également que compte-tenu du climat très chaud et sec qui règne en ce moment dans cette partie de la Namibie, un autre bon moyen de pouvoir observer des animaux est tout simplement de regarder en dessous des arbres, en effet la moindre parcelle d’ombre est réquisitionnée par tel ou tel animal, qui ne bougera que quand la température sera plus clémente. Quelques 45 minutes après, nous nous décidons à remettre le contact moteur, afin de partir découvrir deux nouveau points d’eau, dont l’un se situe en bordure du Pan. Les kilomètres qui séparent les trous d’eau ne sont pas forcément très importants, mais sont toujours l’occasion d’observer ici ou là quelques animaux, tantôt un beau troupeau de springboks, tantôt quelques gnous, ou encore des zèbres.
Ici le fameux Dik-Dik!
Nous arrivons à notre second point d’eau, et tombons nez à nez, enfin, nez à patte devrais-je dire, avec une bonne dizaine de girafes, qui s’abreuvent. Là encore nous coupons le moteur pendant un moment, et peu de temps après quelques zèbres viennent aussi se mêler à la foule pour boire. Quel spectacle à admirer que tous ces magnifiques animaux, avec des attitudes très marquées et bien différentes entre espèces! Nathalie est déjà sous le charme des girafes, dont le comportement est je dois l’avouer très intéressant à regarder. Le rituel de l’abreuvage nous fait quelque peu sourire, puisque l’animal vérifie à maintes reprises qu’aucun autre animal ne se trouve aux alentours, et au moindre bruit se redresse rapidement pour répéter l’opération, autant de fois que nécessaires. L’opération prête à sourire certes, mais n’oublions pas que ce moment de l’abreuvage est le moment durant lequel les girafes sont les plus vulnérables, et que des prédateurs peuvent surgir à tout moment. Nous n’aurons pas le plaisir d’avoir cette surprise à regarder, je vous le dis tout de suite 🙂
La technique n’est pas encore parfaite pour ce jeune girafon
Mais les adultes montrent l’exemple
Cohabitation pacifique
Nous repartons donc vers un dernier point d’eau pour la journée, plus proche du Pan, qui sera l’occasion de découvrir ce paysage fantastique pour la première fois. Malheureusement, arrivé sur place, point d’eau il y a, et donc point d’animal présent. Malgré la petite pointe de déception qui se fait sentir, nous ne le restons pas bien longtemps, et décidons donc de retourner sur nos pas, afin de pouvoir retourner sur notre premier point d’eau, Chudop, pour admirer de nouveau quelques girafes, et peut-être le roi lion du début d’après-midi sera-t-il toujours là?! Plein d’expectatives et de supputations, nous faisons route, quand tout à coup, au détour d’un virage, je remarque une forme massive de couleur grise dans les buissons. Nous ralentissons donc pour inspecter tout cela de plus près, mais ce que nous voyons n’a pour le moment pas de tête… C’est chose rectifiée quelques secondes après, avec l’apparition de deux magnifiques cornes sur la tête de l’animal… Un rhino!!! L’animal marche tranquillement tout en broutant de l’herbe. Situé un peu loin de la piste, il nous est difficile de l’observer dans les détails, qui plus est l’animal semble coquin puisqu’il nous fait admirer son royal postérieur. Au fur et à mesure de sa déambulation, quelques photos sympathiques sont tout de même réalisées!
Nous essayons de le suivre au loin, mais l’animal finit logiquement par disparaître dans la végétation. Voilà à peine quelques heures que nous sommes arrivés au Etosha National Park, et nous voilà déjà gâtés de deux animaux plutôt rares! Sommes-nous en plein rêve? J’espère bien que non, je compte bien obtenir un très bon repas de la part de Nathalie d’ici peu! Sur la route, nous observons un jeune girafon couché à terre, solitaire. Nous sommes surpris de le voir ainsi, d’autant que comme dit plus haut, il est de ce fait ultra vulnérable aux attaques. Quelques centaines de mètres après nous sommes rassurés, au détour d’un virage c’est carrément toute la famille girafe qui traverse paisiblement la route. Les regards se tournent vers nous, mêlés de curiosité et d’inquiétude. Du côté des girafes seulement, dans le 4×4 c’est grand sourire! On ne croyait pas ce genre de situation possible avant de venir, et voilà que nous sommes arrêtés au beau milieu du parc, à admirer ce spectacle. Là encore nous rigolons un peu du comportement de ces magnifiques girafes, qui semblent se cacher au milieu de la végétation pour tenter de passer inaperçu. Peine perdue, leur curiosité les poussent à sortir leur grand coup de derrière les arbres, et il n’est quand même pas trop difficile de débusquer cet animal pouvant atteindre parfois 6m de hauteur! L’occasion est trop belle, nous en profitons pour faire quelques gros plans.
Au détour d’un virage
« Pardonnez-moi, je ne fais que passer! »
Il est aux environs de 17H quand nous arrivons à l’endroit où nous avions laissé le roi lion en pleine sieste, mais maintenant il semble y avoir un peu plus d’activité, puisque ce dernier a quand même bien grossi depuis la dernière fois… Un peu beaucoup grossi même, et nous réalisons que ce n’est plus un mâle que nous avons en face de nous, mais deux! Et pour le coup, le festin semble avoir bien commencé! Désormais la proie semble être différente, et nous croyons reconnaître un gnou, sans en être certains.
Nous réalisons en les observant qu’au loin, les nuages se font menaçants, et qu’il semble pleuvoir à bonne distance de nous. Décision est prise de rester encore un peu sur place, en se décalant un peu. C’est alors que nous apercevons notre dernière surprise de la journée, avec une hyène tachetée solitaire qui vagabonde non loin des deux lions. Là où des proies sont dévorées, c’est bien connu, les hyènes et autres chacals ne sont jamais bien loin!
Après cette séance d’observation de cet animal au combien dangereux qu’est la hyène, nous retournons une dernière fois au premier trou d’eau où nous étions en début d’après-midi, le ciel est un peu plus dégagé, et les couleurs semblent très propices à la prise de quelques photos supplémentaires. Là encore le spectacle est au rendez-vous, avec une multitude d’animaux à observer. Nous passons donc nos derniers instants à les observer, et à mesure que le soleil descend, il nous faut faire à l’idée de retourner à Namutoni, pour pouvoir installer notre campement.
Aigle ravisseur
Hyène tachetée
Sur place, nous ne sommes pas bien nombreux, et nous retrouvons nos guides, afin de partager nos impressions. L’engouement de leur part est toujours aussi communicatif, et lorsque nous énumérons les surprises de la journée, une petite lueur d’envie se fait sentir de leur part lorsque nous leur montrons les photos du rhino. Nous prenons un repas simple, et passons le début de soirée à regarder nos premières photos. Nous ne sommes pas certains de vraiment réaliser tout ce que nous avons pu observer pour cette première journée d’introduction à Etosha, mais nous mesurons toute notre chance d’être là. Demain nous avons une belle et longue journée qui nous attend, avec en guise de petit-déjeuner un morning drive aux alentours de Namutoni. Départ prévu à 5H30, le reveil sera donc quelque peu difficile. Nous croisons les doigts pour avoir la chance d’observer de très belles scènes animales!



















