C’est avec un sentiment de légèreté que je me réveille aux aurores en ce deuxième jour de voyage, il n’est pas encore 8H lorsque mon réveil sonne. Il faut dire qu’après la nuit que je viens de passer, je ne pouvais vraiment pas demander mieux. Je descends dans les espaces communs de l’auberge de jeunesse pour me prendre un bon petit-déjeuner, et planifier le programme de la journée. La carte International Photographer grande ouverte, je fais le point sur mon itinéraire de la journée, qui s’annonce tout de même assez chargée. En effet, j’ai décidé de partir à la découverte d’un endroit que je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir, à savoir la péninsule de Snaefellsnes, réputée pour être un condensé d’Islande, avec une variété de paysages comme seule l’Islande peut le proposer. Normalement cette visite est plus recommandée sur 2 jours, mais je fais le choix de n’y passer qu’une. Un check rapide sur le site de la météo islandaise et sur les conditions des routes, et je me mets en route autour de 8H30. Il est bon de rappeler qu’en cette période de l’année plus particulièrement, les conditions météo peuvent changer très rapidement, et passer du tout au tout. C’est une habitude à prendre lorsque l’on voyage en Islande, afin d’éviter au mieux les déconvenues… Mais vous le verrez, cette journée ne va pas se passer tout à fait comme prévu.
Itinéraire prévu pour la journée
Comme vous pouvez le voir, avec près de 500km de route à avaler, j’ai plutôt intérêt à partir de bonne heure, ce sera d’ailleurs la journée la plus chargée en terme de kilométrage. Le temps est idéal lorsque je prends la route, le soleil se lève doucement et laisse présager de très bons moments. Des nuages sont annoncés dans la journée, mais cela devrait rester très correct. Mon premier arrêt de la matinée se fait sur la plage de Ytri-Tunga, qui possède deux petites particularités: la première, et non des moindres, c’est que c’est une plage de sable blanc, une rareté en Islande, plus connue pour ses plages de sable noir. La seconde, ce sont les phoques qui sont souvent observés dans les rochers le long de la plage, que j’espère bien pouvoir voir à mon tour. Et en effet, dès mes premiers pas, j’arrive à distinguer au loin plusieurs phoques allongés dans les rochers, et même quelques têtes dépasser de l’eau et qui m’observent. Je regrette quelque peu de n’avoir pas pris mon téléobjectif, mais à bien y regarder, vu la distance qui nous sépare, je ne suis pas certain que cela aurait changé quelque chose. Je m’approche tant bien que mal, plus mal que bien d’ailleurs puisqu’avec ma démarche d’éléphant dans un magasin de porcelaine, les phoques s’échappent rapidement. Tant pis, on se passera de photo pour le coup, on gardera juste de belles images dans la tête. Cela ne m’empêche pas de faire quelque clichés de cet endroit splendide, qui met la journée sur de bons rails.
Sans que l’on s’en rende compte, le temps défile plutôt vite, au moins aussi vite que les nuages qui passent au dessus de ma tête. Le temps est déjà plus gris lorsque je remonte en voiture. Mon second arrêt est à Anarstapi, ou l’océan vient se déchirer sur des colonnes de basalte. Le point de vue s’annonce magnifique, mais la météo me joue tout de même quelques tours. J’imagine que cet endroit doit être absolument sublime sous un beau soleil et avec une végétation plus verdoyante, mais je suis loin d’être le plus à plaindre
Comme vous pouvez le voir il fait vraiment très gris désormais, le vent s’est levé en pleine forme, et les quelques touristes présents sont arrosés comme il se doit. Je ne pousse pas la balade jusqu’au bout malheureusement, j’imagine que j’ai manqué quelques autres points de vue magnifiques, mais avec le trajet qu’il me reste à parcourir, je préfère la jouer soft et ne pas avoir à finir par rouler trop vite pour rattraper le temps perdu. Je savais déjà que j’allais manquer des endroits à visiter tout au long de cette péninsule, c’est désormais officiel: chérie, on doit y retourner!!! Lorsque je pénètre dans le Parc National du Snaefellsjokull, le temps se dégage un peu plus lorsque je regarde vers le large, mais le glacier bloque des nuages, empêchant d’avoir une vue dégagée sur ce dernier. Qu’à cela ne tienne, je poursuis ma route pour atteindre LE spot que je ne voulais pas manquer aujourd’hui, à savoir le Mont Kirkjufell, situé à quelques kilomètres de Grundarfjordur. Il faut dire que cet endroit est un emblème pour les photographes en quête de paysages, et suscite un véritable engouement. Ce que je ne peux que confirmer en arrivant, comme par enchantement le ciel se dégage à mon arrivée, et me permet de faire des photos et d’apprécier l’endroit comme il se doit. Tout simplement splendide, grandiose même! Il y a peu de touristes, c’est un régal que de se balader dans ce petit coin d’Islande!
Quel régal pour les yeux et les objectifs que ce Mont Kirkjufell, j’y serais bien resté toute une journée entière pour multiplier les angles de vue, tellement l’endroit est photogénique. Et que dire du spectacle derrière moi, avec ces nuages qui glissent littéralement le long des montagnes environnantes, c’est d’une beauté sans nom. Je reprends ma route vers la petite ville de Stykkisholmur pour faire un ravitaillement en essence et m’accorder une halte pour manger. Il est déjà 14H passée lorsque je remonte dans le Duster, étant dans le bon timing par rapport à l’avancement de la journée, je reprends la route qui longe la fin de la péninsule, pour reprendre ensuite la route n°55, qui la traverse, et me mettra presqu’à mon point de départ. Je n’avais pas remarqué, mais il ne s’agit plus d’une route, mais d’une piste boueuse et parfois un peu glissante du fait des intempéries. Il me faut un temps d’adaptation pour la conduite, mais le Duster se révèle parfaitement à son aise, et se conduit véritablement bien. Je ne vais pas aller jusqu’à dire que je jouais, mais les sensations étaient vraiment excellentes, à la fois sûres et funs. Sans toutefois dépasser les limitations de vitesse, loin de là. Ce que je ne savais par contre pas, c’est que la traversée de la péninsule par la n°55 allait m’offrir des paysages d’une beauté rare, avec une vue sur un champ de lave tout simplement magnifique. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, je suis tout seul sur cette piste, je ne croiserais qu’une seule voiture, probablement un islandais vu l’allure de fou à laquelle il allait. De mon côté je ne peux m’empêcher de m’arrêter pour immortaliser l’instant tellement c’est beau. Mais la première chose qui me saute aux yeux, c’est l’état du Duster, qui est passé en même pas 24H d’un 4×4 clinquant à un 4×4 qui se fond dans le paysage local… Jugez plutôt:
Trêve de plaisanterie, voici les paysages auxquels j’ai eu droit pour moi tout seul

Vous vous en doutez bien, le temps passe vite quand on passe des moments comme ceux-là, et je dois me faire souffrance pour reprendre la route. Arrivé proche du tunnel de Hvalfjordur, je prends plutôt la route 47 qui va longer tout le fjord, avec l’idée en tête de trouver deux épaves de bateaux échouées sur la côte, que j’avais repéré sur des visuels google. En passant par cette route je pourrais également rejoindre plus rapidement mon auberge de jeunesse, en atteignant Thingvellir puis Laugarvatn par la route n°48 plutôt que de faire un détour et passer par la n°1 puis la 36. J’arrive à trouver plutôt facilement les deux carcasses de ces anciens baleiniers échoués, toutefois il semblent encore actifs, puisqu’ils sont reliés par des câbles à je ne sais trop quoi. Je n’ose donc pas trop m’aventurer plus près malgré mon envie, d’autant que le vent s’est levé brusquement et que des nuages menaçants commencent à pointer le bout de leur nez.



Et c’est peu de temps après que tout va aller de mal en pis. En effet, lorsque j’entame la route sur la n°48, il se met à pleuvoir/neiger, et de manière plutôt intense. La piste est encore en bon état, et je n’ai qu’environ 40km à parcourir avant de rejoindre Thingvellir. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’arriverais jamais au bout de cette fameuse piste n°48. Le temps c’est maintenant dégradé de manière invraisemblable, avec la traversée entre les montagnes la neige est devenue de plus en plus présente, pour finir par ne faire qu’un avec le ciel. Non non, je ne mens pas, je n’en rajoute pas, après 25 à 30km parcourus je ne peux plus faire la différence entre le ciel et la terre, tout est d’un blanc immaculé. La seule chose qui me sert de point de repère, ce sont les piquets jaunes qui délimitent la piste, suffisamment hauts pour être encore visibles. J’ai vraiment du mal à en croire mes yeux, mais je reste concentré et focalisé sur la route pour ne pas commettre d’impair. Et puis… Et puis… Et puis je tombe finalement sur deux camions, enlisés dans ce qui doit être un bon 50cm de neige (voire plus), et qui bloquent la piste. Je descends pour aller voir ce que cela donne, et voit deux ouvriers s’affairer à creuser la neige autour du premier camion, au niveau des roues. Devant ce spectacle, je leur propose mon aide, ce qui a dû leur paraître tout aussi invraisemblable vu la manière dont ils m’ont regardés! Ok ok, je ne suis pas taillé pour ça, j’ai compris! Je retourne donc dans la voiture, et attends un peu. Les choses n’avancent clairement pas, et je dois me faire une raison, cela pourrait prendre encore des heures, et doit rebrousser chemin. De l’autre côté des camions il y a un de ces gros pick-up conduit par les islandais, monté sur des roues aussi grandes que moi, qui commence à contourner les camions. Moi de mon côté j’essaye de faire mon 1/2 tour, je dis bien essaye puisqu’en faisant à peine 1m en dehors de la piste pour avoir un peu de recul, mon 4×4 se retrouve posé sur la neige. Oui, vous avez bien lu, posé! Impossible de bouger, je suis bloqué… Le gros pick-up arrive à ma hauteur, jauge la situation, puis se met à l’arrière pour sortir une grosse corde et me tirer. Toute cette situation se joue en à peine 2-3 minutes, mais dans ma tête c’est une éternité! Je remercie comme il se doit mon héros du jour, qui me dit que cela ne sert à rien d’espérer, le 4×4 de touristes en face est là depuis plus de 2heures… Je dois donc effectivement rebrousser chemin, à contre-coeur… Et voici donc, au départ de cette fameuse route, le trajet supplémentaire parcouru:
Et oui, cela représente 2H30 de plus sur le trajet initial, autant vous le dire tout de suite, quand je suis arrivé à l’auberge de jeunesse de Laugarvatn, j’étais rincé! Au départ je pensais pouvoir faire une petite session skype avec mes 2 amours restés en France, et profiter des bains naturels Fontana, mais je m’en suis tiré avec une assiette de nouilles, une douche, et hop, au lit! Mes amis, quelle journée! Je suis passé par toutes les émotions aujourd’hui! Quand je fais le point sur cette journée et la journée précédente, je me dis que j’ai connu tout ce que l’Islande offre ou peut offrir à cette période de l’année: du magnifique, du grandiose, mais aussi de l’intimidant, voir de l’inquiétant. J’étais venu pour avoir un aperçu de tout cela, mais j’avoue après coup que ce détour de plus de 2H et avec les conditions que j’ai rencontré, et bien je ne demande pas spécialement à le revivre, allez savoir pourquoi!
Demain mon programme est déjà beaucoup plus light, je peux m’accorder une vraie nuit de sommeil bien méritée. Demain, je vais revoir des lieux que j’ai déjà pu découvrir, mais qu’il me tarde de revoir en conditions hivernales. J’ai hâte! Vous aussi non?
Alors à demain!
Jour 3: Des cascades, et toujours plus de surprises!

















