Vendredi 25.01: Etosha National Park, Jour 3

– Vendredi 25 janvier 2013 –

Le soleil se lève doucement sur Namutoni, et au contraire de la journée d’hier ou nous étions levés aux aurores, ce coup-ci nous lézardons un peu dans la tente, pour se lever vers 6H. Il faut dire qu’avec la chaleur ambiante, il est difficile de résister plus longtemps sous la tente, malgré de vaines tentatives pour créer un courant d’air. Notre petit déjeuner est l’occasion de faire un bilan complet des animaux que nous avons pu voir sur ces premiers jours de notre voyage de noces en Namibie, et l’impression que nous avions hier se fait un peu plus sentir. C’est bizarre cette philosophie qui consiste à n’être jamais rassasié de ce que l’on a, et de vouloir toujours plus. Nous savons très bien que nous sommes de grands chanceux avec tous les animaux déjà observés, pourtant dans le coin de notre tête, nous ne l’oublions pas, ce symbole de l’Afrique qui nous manque. Nous nous mettons d’accord sur un point, ne plus prononcer son nom désormais,  du moins pas avant d’en apercevoir. Décision dénuée de toute logique je suis d’accord, et qui n’influera en rien sur nos chances de rencontres, mais bon, au point ou nous en sommes, cela permet au moins de ne plus trop se focaliser sur lui et de profiter pleinement de tout ce spectacle!

Décollage à 7H, pour notre troisième et dernière journée à Etosha, aujourd’hui nous allons traverser le parc d’Est en Ouest, pour rejoindre Okaukuejo, où nous attend notre première nuit en lodge depuis Windhoek. L’opportunité est donc trop belle pour faire un tour assez complet des points d’eau, et cela commence par passer à Chudop, où nous rencontrerons probablement de vieilles connaissances… Mais coup du sort ou simple coïncidence, la journée démarre sur les chapeaux de roues, car à peine sortis du camp…

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… A peine sortis du camp disais-je, une hyène un peu retardataire semble se délecter des restes de notre girafon de la veille. La scène est plutôt cocasse, notre amie éprouve quand même les plus grandes difficultés à transporter son trophée,  ne sachant pas comment la prendre dans sa gueule. Nous affichons donc déjà un large sourire, mais il nous faut déjà partir, d’autres rencontres nous attendent probablement sur le trajet. Fidèle à ses habitudes, Chudop nous propose un joli spectacle, mais c’est surtout un superbe koudou mâle qui retient notre attention. Enfin surtout la mienne, repensant à mon assiette de la veille au soir, je salive déjà en regardant le royal festin se promener à bonne distance de nous, aussi Nathalie est obligée de me ramener à la raison et m’empêche de sortir du 4×4 une cuillère à la main à la poursuite de l’animal. Pourtant, après la scène d’hier matin, manger de la bonne viande au petit déjeuner ne me paraît plus aussi incongru!

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Nous nous remettons donc en route, et sur la route en direction d’Halali Camp, nos premiers troupeaux apparaissent. A ce petit jeu, ce sont les Steenboks qui gagnent, en monopolisant la route. Se retrouver coincés par une opération escargot sur les routes d’Etosha, fallait le faire quand même! Les revendications demeurent floues, à priori le passage au 35H a du mal à passer au sein de la communauté…

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Les Steenboks en collère manifestent

Nous reprenons la route, mais jusqu’à 11H, pas grand chose à se mettre sous la dent, il faut dire que quasiment aucun nuage ne vient entraver les rayons du soleil, et la chaleur est déjà écrasante. Nous faisons une halte au point de vue sur le Pan d’Etosha, qui se situe non loin de Halali Camp. Là encore, aucun regret d’être partis en basse saison, bien au contraire, l’impression lunaire donnée par cette avancée sur le Pan est encore plus fantastique. C’est aussi l’occasion de sortir le trépied, qui va bien nous servir aujourd’hui, et nous permettre de prendre la pose.

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IMG_5624Nathalie ne peut s’empêcher de faire le pitre…

IMG_5640Heureusement, mon côté romantique permet de rétablir le calme

IMG_5662Quoique…

Le point de vue sur le Pan est tout bonnement déroutant, nous nous retrouvons face à un paysage lunaire, le sol est craquelé par la sécheresse. Sans le vent relativement fort à cet endroit, le calme serait presque intimidant. Nous imaginons très bien le sort des animaux ou humains qui viendraient à traverser le Pan sans être en pleine mesure de leurs moyens, l’issue semble inéluctable tant le paysage est désertique. Nous sommes tout simplement ébahis par ce que nous avons en face de nous.

Presque à contre cœur nous reprenons la route, pour nous rendre sur des points d’eau autour d’Halali, mais là encore, très peu d’animaux. Nous faisons une petite halte pour manger un bout dans la voiture en vitesse, et confrontons nos impressions. Le paysage est vraiment changeant dans cette partie du parc, plus aride et désertique. Nous décidons de finir le trajet vers Okaukuejo en début d’après-midi, pour pouvoir faire le check-in rapidement. Arrivés sur place, petit coup d’œil sur le cahier des voyageurs: ils ont été vus ce matin!!! Prise de note directe du nom du trou d’eau en question,  et nous reprenons la route directement. Le trou d’eau en question est situé au nord d’Okaukuejo, que nous avions de toute façon prévus de visiter. Confirmation est faite que l’endroit est vraiment plus désertique, le paysage est vraiment différent de la partie Est du parc. Désertique non seulement en terme de paysages, mais aussi en terme d’animaux, car mis à part les animaux « habituels », nous n’apercevons rien de concluant. Nous patientons un peu sur place, mais la chaleur est telle en cet après-midi que nos forces s’amenuisent rapidement, aussi nous décidons de rentrer sagement à Okaukuejo, pour s’installer dans la chambre qui nous attend, à priori située à un endroit stratégique et incontournable…

IMG_5681Oryx profitant d’un peu d’ombre

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Un gnou solitaire également

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 Vanneau Forgeron

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 L’autruche, fidèle au poste

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Vous avez dit Don Juan?

Arrivés sur place, effectivement, la surprise est au rendez-vous, non seulement la chambre est superbe, mais en plus notre petite terrasse offre une vue directe sur le point d’eau d’Okaukuejo, très réputé pour ses scènes animalières la nuit. C’est limite si je m’installe déjà avec mon trépied tellement je suis impatient d’y être, mais nous préférons tout de même piquer une tête à la piscine, se rafraîchir d’une bonne bière locale (Windhoek Lager), avant de manger au restaurant le soir. Le repas est bon sans être hors-normes non plus, il faut dire qu’après le délice d’hier soir avec le koudou, la barre était très haute. Néanmoins je teste de springbok, dont le goût reste tout à fait agréable en bouche. Mais passons ces tergiversations culinaires, il est 20H30 et donc grand temps d’aller prendre position au niveau du point d’eau pour admirer le fameux spectacle.

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Notre chambre, de toute beauté

IMG_1329Consigne d’usage dans les parages

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Vue depuis notre terrasse

Installés confortablement, le trépied bien en place, nous n’avons pas bien longtemps à patienter pour voir le chef d’orchestre donner les trois coups de bâton sonnant le début du récital, avec un premier rhinocéros qui pointe le bout de ses cornes. Puis rapidement un second arrive sur place, les deux se toisent du regard pendant un long moment, leurs têtes à 1m l’une de l’autre. Pas d’esbroufe pour le coup, et chacun peut aller boire à sa guise. C’est l’arrivée d’un troisième rhinocéros qui va poser un peu plus de problème, les grognements des rhinos se font plus marqués, et il s’en faut de peu pour que nous assistions à une lutte sans merci. Là encore un compromis est trouvé, et chacun peut boire de son côté. Vers 22H00, Nathalie décide d’aller se coucher, ne tenant plus. Pour ma part, je suis bien décidé à rester un peu plus, j’aurais tout le temps d’être fatigué à mon retour en France! Promesse est faite que si un lion montre son museau, je viendrais la réveiller. Peu après minuit, deux nouveaux rhinos sondent le point d’eau paisiblement, entourés de quelques zèbres, quand tout à coup, sans prévenir, un mâle lion arrive de nulle part. Ce dernier semble quelque peu âgé, mais son arrivée provoque logiquement un mouvement de panique et fait déguerpir les oryx et autres girafes, et met les rhinos en alerte. Je tiens ma promesse et vient réveiller Nathalie, et retourne rapidement pour observer la scène. La tension est presque palpable, les rhinos donnent de la voix, mais étant seul, le lion ne fait pas dans la surenchère et part de l’autre côté du point d’eau pour boire.

IMG_5860Toujours sur leurs gardes, les girafes sont bien là

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Notre première star de la soirée

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Puis la seconde, qui va enflammer l’auditorium

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La scène paraît calme et paisible

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On se regarde, on prend la pose…

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Mais ce n’est que provisoire

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Le Roi arrive, et  inspire toujours autant le respect

Tenant plus du photographe amateur que professionnel, la photo de nuit n’est donc pas ma spécialité. Le temps de pose étant très long dans le cas présent, je n’avais plus qu’à croiser les doigts pour que personne ne bouge une oreille. Peine perdue, même si au final le résultat est grandement satisfaisant pour moi. Nous partons donc nous coucher, sous le rugissement du vieux mâle, parti non loin. Ces derniers raisonnent encore dans nos têtes quand nous nous endormons, comme une ode de Dame Nature pour nous remercier de notre visite. C’est plutôt à nous de la remercier pour sa clémence et sa générosité, les 3 jours que nous venons de passer à Etosha resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Le spectacle y fût extraordinaire, et je souhaite à toute personne se rendant un jour dans ce parc de pouvoir admirer autant de merveilles en si peu de temps. Demain le réveil sonnera de bonne heure, nous avons un long trajet à effectuer jusqu’à Palmwag. Les paysages vont radicalement changer, le voyage va commencer à prendre une autre tournure, mais avec toujours autant de surprises…

Vers: Jeudi 24.01: Etosha, Jour 2

Suite: Samedi 26.01: Direction Palmwag

2 réflexions sur “Vendredi 25.01: Etosha National Park, Jour 3

  1. Bonjour,
    Merci pour ce blog. J’en ai un moi aussi et je trouve génial que l’on puisse offrir ça à tous ceux qui souhaitent prendre le temps de nous lire car on partage les mêmes passions. Photos magnifiques bravo ! La Namibie me tente bien pour plus tard. Pour l’Islande c’est fait mais en hiver les paysages sont tellement différents qu’on pourrait à nouveau être émerveillés. Bonne continuation.

    • Bonsoir, merci pour votre commentaire, je vous souhaite de découvrir un jour la Namibie, un pays tout bonnement génial que je recommande chaudement! Effectivement pour l’Islande les paysages changent d’une saison sur l’autre, mais la magie, bien que différente, reste. Bonne continuation à vous,
      Basile

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