– Samedi 26 janvier 2013 –
En ce samedi matin, le réveil est quelque peu morose, alors qu’inéluctablement la fin de notre séjour au Etosha National Park se rapproche. Qui plus est, une longue route nous attend aujourd’hui, aussi après avoir dévalisés le buffet du petit-déjeuner, nous nous mettons en route. Nous devons en effet rejoindre le Palmwag Lodge, qui se situe à environ 350km à l’Ouest d’Etosha. Nous avions le choix entre partir un peu plus tard d’Etosha pour nous rendre à quelques points d’eau, ou bien partir de très bonne heure, afin de pouvoir effectuer une visite d’un endroit qui suscitait notre intérêt. Choix a donc été fait de partir tôt!
Après un détour à Outjo afin de faire un bon ravitaillement nourriture & essence, nous nous mettons en quête d’un orphelinat un peu particulier, puisque celui-ci est entièrement régi par la population Himba. Nous appréhendions un peu d’effectuer ce type de visite, en effet même si notre intérêt est grand, nous essayons toujours dans la mesure du possible de respecter les traditions et modes de vies des populations que nous rencontrons, aussi visiter un village Himba peut toujours comporter le risque de dénaturer les traditions et les valeurs de ce peuple.
L’histoire du peuple Himba est étroitement liée au peuple Héréro, dont on reconnaît facilement les femmes, qui portent une coiffe à la forme bien spécifique. On compte aujourd’hui environ 30.000 Himbas en Namibie, tous vivent dans la région du Kaokoland, région dans laquelle nous nous rendons donc. Peuple de chasseurs et cueilleurs nomades, les Himbas se démarquent par la beauté des femmes, qui s’enduisent le corps d’ocre rouge et portent de multiples parures & bijoux. Auparavant pourchassés par les missionnaires européens, notamment allemands, les Himbas ont finalement trouvé leur place dans la population namibienne, en réussissant à s’implanter dans le Kaokoland et un peu aussi dans le Kunene. La vie d’un village Himba est principalement focalisée sur l’élevage de bétail, source de richesse et de nourriture pour les habitants. Aujourd’hui il est possible de visiter certains villages Himbas situés dans le Kaokoland, mais le choc des cultures entraîne inexorablement la fuite des plus jeunes vers les villes, et donc vers la disparition d’une culture. Leur popularité liée à de nombreux reportages télé est aujourd’hui la source de leur problème majeur, à savoir préserver leurs traditions et leur savoir-faire. Partisans d’un tourisme responsable, nous préférerions ne pas effectuer de visite du tout plutôt que de contribuer à leur perte.
Nous cherchions donc une solution alternative pour aller à la rencontre de ce peuple, sans pour autant dénaturer leur mode de vie, et en respectant au maximum leurs valeurs. Après recherches, c’est auprès d’un forum spécialisé que nous avons pu trouver cette solution envisageable, avec la présence d’un orphelinat Himba, situé à quelques kilomètres de la ville de Kamanjab, sur la route reliant Outjo à Palmwag. Cet orphelinat accueille des enfants abandonnés ou vivant seuls avec leur mère, son fonctionnement étant régie par la communauté. La visite est par ailleurs effectuée par un guide Himba ayant suivi des études et parlant anglais, et les ressources tirées de ces visites vont directement dans le fonctionnement du village. Ces derniers vivent sur les terres d’un fermier qui leur cède l’exploitation d’une parcelle de terre, et leur permet d’élever du bétail. Pour situer le Otjinkandero Himba Orphan Village, vous le trouverez sur la gauche de la route, indiqué par des barrières colorées. Si vous décidez d’effectuer une visite, il est préférable de réserver à l’avance auprès de votre TO si vous êtes en haute-saison touristique. Nous avons pu venir à l’improviste durant notre séjour, puisque durant la basse saison les visites sont plus sporadiques.
Nous arrivons donc vers 10h30 sur place, et sommes accueillis par Tsumbe, le guide qui va s’occuper de notre visite. Pour les raisons exprimées ci-dessous, nous ne prenons qu’un petit appareil photo pour la visite, et ne nous chargeons d’aucune chose superficielle. Tsumbe parle très bien anglais, ce qui nous permet d’établir un contact très positif. Nous nous installons dans la première partie du village, et avons l’opportunité de discuter avec une femme Himba et son mari, Tsumbe se chargeant de la traduction. Nous restons bien 45min à se poser mutuellement des questions, parfois surprenantes pour nous, mais toujours instructives. Au fil de la conversation nous sentons que le contact est de plus en plus cordial et souriant, et l’échange a le mérite d’instruire les deux parties. La discussion se tourne naturellement sur le thème du mariage, et au regard surpris et souriant du couple lorsque que je réponds que je fais la cuisine parfois à la maison, nous acquiesçons quand la femme nous décrit son amour pour son mari. Au bout de 45min, Tsumbe nous fait poursuivre la visite, aussi devons-nous nous acquitter de notre présence auprès de ces personnes, qui forcent l’admiration et le respect. Le village est comme on peut le voir habituellement, l’enclos du bétail étant au centre du village, avec tout autour les cases des villageois. Nous avons également l’occasion de discuter avec une femme Héréro vivant dans le village avec son enfant, là encore le contact est simple et respectueux. Nous finissons notre visite par la découverte de l’intérieur d’une case, et des ustensiles utilisés pour la beauté des femmes, primordiale pour elles. Nous le constatons lors des quelques photos que nous prenons, les femmes nous demandant de leur montrer le cliché. La beauté chez les femmes est essentielle, aussi les photos sont un bon moyen pour elles de se voir.
Femme Héréro et son enfant
Femme Himba et son enfant
Repas
Habitat Himba
Organisation du village
Nous repartons aux alentours de 13H00, encore troublés par cette rencontre. Troublés dans le bon sens du terme je précise, la visite fût très interactive pour nous, et le fait de pouvoir échanger avec cette partie de la population namibienne restera un moment très particulier de ce voyage, qui se raconte et se vit plus qu’il ne se montre au travers de photos. Il reste encore pas mal de trajet pour rallier Palmwag, mais la beauté des paysages nous fait encore stopper à plusieurs reprises, notamment au niveau de la Grootberg Pass, splendide. Les couleurs changent, le revêtement du sol également, pour passer à un sol rocailleux et très rouge. Parmi tous les kilomètres que nous avons déjà effectués pour le moment, ce trajet est de loin celui qui offre les plus beaux panoramas.
– Chéri, tu es certain que nous sommes sur la bonne route?
– Oui ma chérie…
… De toute façon, c’est la SEULE route!
Malgré l’environnement hostile, l’homme arrive à vivre
Les derniers kilomètres vers le lodge sont encore plus impressionnants, le paysage est encore plus extrême qu’auparavant. Et au milieu de tout cela, nous croyons apercevoir une oasis, presque perdue au milieu de nulle part. Quelle surprise de voir un espace de vie au beau milieu de ce décor de film! Et bien il s’agit de l’endroit dans lequel nous allons passer la nuit, le Palmwag Lodge. L’endroit est vraiment splendide, le calme ambiant est seulement perturbé par le bruit des quelques touristes présents sur place. La chambre dans laquelle nous allons dormir est tout à fait agréable, sans verser dans l’exubérance. Après une petite pause détente dans la piscine, nous profitons de notre terrasse privée, puis nous allons prendre notre repas au restaurant du lodge. Le repas se déroule de très belle manière, la cuisine est bonne et plutôt raffinée. Nous partons nous coucher relativement tôt, à la fois fatigués par cette journée forte en émotions, mais aussi parce que demain nous avons prévu un morning drive, qui a priori s’annonce sous les meilleurs auspices. Entre la beauté des paysages, et la possibilité de rencontrer des animaux fabuleux comme des rhinos (et pourquoi pas…eux!), nous avons hâte d’y être!
La chambre du lodge
La terrasse privée…
… enfin, presque privée…
Le couché de soleil permet de révéler les couleurs, splendides

Une oasis perdue dans cet environnement fantastique












super paysage, super couleur, super lézard…
Bonjour, Nous avons enfin nos billets d’avion pour Décembre! Malheureusement, le tps nous est compté, nous n’aurons que 13 jours sur place. Du coup, pour notre programme, nous ne savons pas quelle étape enlever entre Palmwag, Halali et Naukluft. Si vous aviez dû enlever une des ces étapes, laquelle auriez-vous choisi et pourquoi? Merci d’avance pour votre avis! Nous avons déjà hâte d’y être!
Bonjour Marine,
Malheureusement, que vous partiez 10, 15, ou 20 jours, vous serez toujours confrontés à des choix cornéliens. Mais bon, il y a choix plus difficile il faut l’avouer 😉
Je ne sais pas quel est votre itinéraire pour ce voyage, de prime abord je dirais que le plus judicieux à enlever sur votre programme serait Palmwag. Bien que magnifique en tous points, Palmwag nécessite tout de même un long trajet en route avant d’être rallié, ce qui vous ferait perdre pas mal de temps il faut l’avouer.
Enlever une journée à Etosha serait une erreur, on se dit souvent que 2 ou 3 jours sont largement suffisants de prime abord, et pourtant vous verrez qu’une fois sur place le temps défile à une vitesse invraissemblable. Retirer une journée, c’est retirer des chances de pouvoir observer de magnifiques animaux, d’autant que Halali est réputé pour ces points d’eau appréciés par les éléphants. Donc fortement déconseillé selon moi. Qui plus est, à priori Décembre est aussi la période durant laquelle vous pourrez observer pas mal de petits 🙂
Concernant le Naukluft, là encore il serait vraiment dommage de ne pas passer par cette étape au combien magnifique en Namibie. Combien de temps allez-vous restez là-bas, et avec quels hébergements?
Sur un itinéraire de 13jours, aller à Palmwag représenterait environ 4 à 5H de trajet pour rejoindre l’étape, ce qui est il faut l’avouer énorme.
Cela fait maintenant près de 6mois que nous sommes partis, et bien je peux vous affirmer que nous pensons quasi quotidiennement ma femme et moi à la Namibie, et avons vraiment l’envie d’y retourner! Vous verrez, décembre c’est demain, vous pouvez déjà commencer à préparer vos valises 😉
Bonjour et félicitations les jeunes mariés (je suis un « vieux de 59 ans )! Une nostalgie irrépressible m’a amené à ce besoin de recherche de blog sur la Namibie. Je vous remercie pour toutes ces belles choses. Je suis allé en Namibe en 2005 pour un voyage qui ressemble en partie fort au vôtre (j’ai plus tourné dans le Kaokoland). Je suis revenu en 2007 : Botswana (Kalahari/Okavango) puis, par bande de Caprivi, retour vers ce Kaokoland qui m’attire tant (itinéraire plus profond et plus cassant cette fois-ci : Otjihaa pass, Van Zyl’s pass) enfin route vers Windhoek par Etosha : que de changements en deux ans !
Je n’ai ni site ni blog, j’ai choisi d’écrire un roman (fille de l’Okavango/Serge Rubio) dans lequel les descriptions géographiques (notamment le Kaokoland avec itinéraire et points gps) sont inspirées de mon vécu. Merci encore pour ce blog qui m’a permis, devant mon écran, un beau moment d’évasion. Belle et longue vie !
Serge
Bonjour Serge,
Je vous remercie pour votre message, j’imagine sans peine que la Namibie vienne « hanter » nos mémoires des années après, il n’y a pas un jours sans que j’y pense! Vous avez la chance de visiter des endroits magnifiques j’espère pouvoir en faire de même avec le Bostwana et la bande de Caprivi, qui laissent rêveur.
Je vous remercie de faire la démarche de la faire part de vos impressions, si j’ai pu contribuer un tout petit peu à vous faire revivre de grands moments d’emotion, vous m’en voyez ravi.
Si vous aimez les belles photos, les carnets de voyage, et l’Afrique sauvage, je vous conseil le forum de Colors Of Wildlife, qui est une source intarissable d’émerveillement 🙂
Bonne continuation à vous,
Au plaisir.
Basile
Bonjour, merci, et félicitations pour la qualité de votre écriture. J’ai lu avec beaucoup de plaisir le récit de votre visite du village Himba de Kamandjab. J’y étais il y a deux semaines, et l’expérience que vous avez vécue est exactement la mienne. J’étais très heureuse d’être là, mais j’étais mal à l’aise devant ces femmes, avec ma caméra. J’espère que nous avons pu, par l’intermédiaire du guide, leur faire comprendre que c’était parce que nous les trouvions belles et uniques. Mais, lorsque nous sommes arrivés, un car de touristes japonais en partait. Les enfants jouaient avec une boîte en polystyrène qu’ils déchiquetaient joyeusement, et une bouteille de coca traînait par terre. On leur avait même donné des sucettes! Je pense que nous sommes en train de polluer cette culture que nous voudrions préserver comme patrimoine de l’Humanité; mais en même temps, comment résister au plaisir de rencontrer des personnes et des modes de vie si différents? That is the question!
Je vais monter un film de notre visite, pour ma chaîne Youtube, est-ce que vous me permettez de reprendre éventuellement des phrases de votre article pour mes commentaires en voix off?
Merci d’avance, et bons futurs voyages.
Anne-Marie
Bonjour Madame,
Tout d’abord merci pour votre démarche, j’apprécie toujours autant les retours des lecteurs qui tombent sur mes carnets de voyage!
Aucun problème pour les références à mon blog, avec plaisir! n’hésitez pas à me communiquer le lien une fois que la vidéo sera publiée!
Bonne continuation à vous, et bons prochains voyages également.
Basile
Merci beaucoup! Je vous enverrez le lien d’ici…. le temps de montage. Je peux vous donner dores et déjà le nom de ma chaîne (vidéaste purement amateur, mais en montant mes vidéos, j’ai le plaisir de revivre mes voyages). J’en ai posté plusieurs, et même beaucoup sur notre voyage au Botswana, Caprivi strip, Zimbabwe et Afrique du Sud. Si ça peut vous intéresser: Moune06580, sur Youtube. Amicalement
Anne-Marie
Bonjour Basile
Voici le lien:
Vous reconnaîtrez le village, mais pas forcément les personnes!
J’ai cherché des infos sur le Net pour savoir qui est ce Yaco Burger, le propriétaire des terres, et fondateur de l’orphelinat. Il n’ y a rien sur lui. Je n’ai trouvé qu’une vidéo sur Youtube, où on le voit dans le village. Et il est l’interprète dans « Rendez-vous en terre inconnue » chez les Himbas, avec Muriel Robin. Pas possible d’en savoir plus sur le « Otjikandero Community Trust », qui gère l’argent rapporté par les visites, si j’ai bien compris. Enfin, si, une entrée intéressante:
Beneficiary & Trustee: Jaco burger. Financial Manager &Trustee: Debbie Burger
C’est tout.
Voilà, je ne sais pas trop quoi penser.
Bons futurs voyages, et je lirai avec plaisir vos prochains blogs.
Désolée pour la faute d’orthographe à « enverrez »!